NOTATIONS CONVENTIONNELLES ET NOTATION TRADITIONNELLE
Les plus ingénieux essais faits pour créer de toutes pièces des systèmes dififérents, ont eu le sort des écritures et des langages conventionnels. ^ .,
Appliqués seulement par un groupe d'individus, par une école, ils ont toujours été impuissants à modifier le cours naturel des évolutions de la notation traditionnelle, qui leur empruntait parfois, en passant, quelques éléments de détail.
Les plus utiles à connaître, parmi les quelques tentatives intéressantes de notation qui se produisirent entre le ix' et le xi« siècle, et qui eurent une certaine influence sur notre système traditionnel, sont celles d Hucbald, de Romanus et d'Hermann Contract.
lOHucBALD, moine flamand (né en 840, mort en gSo), considère à tort ou à raison, comme l'auteur de l'ouvrage intitulé : Musica enchiriadis serait l'inventeur d'un système de notation vocale où l'on retrouve le principe de la jDor^eV.
Ce système consiste à disposer les syllabes mêmes du texte entre des lignes parallèles, figurant les imervalles de la gamme par tétracordes.
Des initiales placées au commencement des interlignes indiquent sil mtervallefiguré est égal à un ton(T. tonus) ou àun demi-ton (S, senntonus) La formule du Gloria du VIP ton, par exemple :
Glo-ri- a..
se représenterait ainsi :
a« Romanus, moine qui vécut, dit-on, au ix- siècle, dan» le couvent de Nomentola, essaya aussi un système de notation vocale consistant
5b LA NOTATION
à surmonter chaque voyelle d'une hampe plus ou moins haute, suivant l'intonation sur laquelle devait se chanter la syllabe correspondante. Ces hampes étaient elles-mêmes surmontées de traits transversaux, dont la direction indiquait, comme les neumes, les inflexions de la voix vers le grave ou vers l'aigu. La même formule de Gloria se représentait ainsi :
C'est aussi à Romanus qu'on attribue l'adjonction aux manuscrits neumatiques des fameux épicèmes romaniens^ sur l'interprétation desquels on discute encore de nos jours.
3° Hermann CoNTRACT, moine du couvent de Reichenau (né en ioi3, mort en io54), qui doit ce surnom de « Contract y- {cojitractus) à la paralysie dont il fut atteint dès son jeune âge, imagina, lui aussi, un système de notation, où les lettres, au lieu de signifier les sons eux-mêmes, étaient simplement l'initiale rappelant les noms des intervalles séparant les notes du chant.
La lettre e signifiait l'unisson [equaliter)
— s — le demi-ton [semitonus)
— t — le ton [tonus)
— ts — Isitierce mineure [t07tus et semitonus)
— tt ou 8 — la tierce majeure (ditotius)
— d — la quarte [diatessaron)
— A — la quinte [diapente)
Notre exemple de Gloria s'écrivait donc à peu près ainsi :
E/d\s/s/t — e Glo- ri- a