LES TIMBRES
On a soutenu néanmoins ,ue la musique religieuse du moyen ^S^ " participait pas aux qualités expressives inhérentes a tout 1 art de cttc éjoque ! et'on veut baser cette assertion sur l'usage des U.bres (.), ou
trois à une idée d'inerïic: nui le diÉférencie d'un autre son émis
.) Le timbre d'un son est la qualité Par« uhè e ^^! ^^f f f ^^^re résulte de Vineriie
dans des conditions identiques de ■^,'^-«' ^^ '°^^"^\^^,^'//h,T vu 0
de la matière sonore réagissant sur le ««"^^^"^^^^^/.^^^^f.lJie endue sur celle des deux b) Le timbre d'un tambour consiste en une cordelette douo
j LA CANTILÈNE MONODIQUE
mélodies-types, que les compositeurs auraient employées indistinctement, et sans souci du sens des paroles, pour des sujets totalement différents.
Il est exact, en effet, qu'un assez grand nombre de textes de la liturgie sont chantés sur la même musique : l'usage de ces timbres est fréquent dans la monodie grégorienne, et cela n'a rien qui puisse surprendre. On ne pouvait trouver des mélodies différentes pour chacune des pièces des innombrables offices ; et, puisque beaucoup de ces offices ont des textes communs, il est naturel que la musique, — assurément mo.îns facile à faire qu'une adaptation de l'Écriture à la fête d'un saint, — ait pu servir à plusieurs textes différents.
Mais si l'on examine attentivement cette appropriation d'une mélodie unique, ou timbre, à des paroles diverses, on constate qu'elle n'a point été faite au hasard, loin de là 1 La musique du timbre utilisé est la plupart du temps asservie, non seulement au sens, mais même à l'accent des paroles, et modifiée en conséquence. Il y a changement de musique lorsque les paroles changent de sentiment ou d'accent: tout le principe dramatique est là. Bien plus, l'emploi du même timbre est le plus souvent limité à des textes qui, bien que différents, se réfèrent à un sentiment général identique (i).
On peut s'en rendre'compte par l'examen simultané des trois alléluia
suivants :
A. Conversion de saint Paul (L. Gr., 2e éd., p. 394).
B. Election de saint Barnabe [ibid.^ p. 478).