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LE CYCLE DES QUINTES

Le rapport de qiii7îte est donc le seul capable de fournir dans un ordre logique tous les éléments de la gamme, à l'exclusion de tout élément

étranger.

Présentés suivant cet ordre, qu'on peut figurer par un cercle, les sons se répartissent naturellement en diatoniques et en chromatiques.

Les dénominations différentes, que l'usage du dièse et du bémol nous oblige à employer pour un même son, se superposent en unmême point. Les sons primes de deux gammes relatives de mode différent {Ut et Mi, par exemple) sont placés symétriquement, et ces modes eux-mêmes ne sont qu'un changement de sens.

Enfin, chacun des sons de notre système nous apparaît dans une sorte

'i) Entre les sons obtenus, soit par la séné des tierces isol 5 tierce de mi, par rapport à Ut prime par exemple), soit par la série des quintes [si \>, quinte grave de fa, par rapport a Lt prime par exemple) et les sons tempérés normaux, il n'y a aucune différence d mtonation pratiquement appréciable. 11 y a seulement un écart de calcul purement théorique, et sans effet notable sur les sons eux-mêmes.

lien est bien autrement entre ces mêmes sons tempérés et ceux des sons harmoniques que notre oreille rejette, pour les motifs que nous venons dexposer. Leurs écarts d intonation sont parfaitement appréciables, et rendraient impraticable une substitution des uns aux

autres.

Qu'on en juge par l'exemple suivant :

^^U on eu juge pai I v,.^^wif.*> .

Dans l'octave moyenne accordée au diapason normal, le si \> tempéré. ^ ^^ -

correspond à un nombre de vibrations égal à 460, 8 par seconde : le si b de la série des quintes en diffère seulement par un peu moins de deux vibrations, car il est égala 459-^

Or ce si\>, quinte grave de la quinte grave, par rapport à Vut tempère, supporte de)a deux erreurs qui s'ajoutent ; la différence, dans cette octave, entre la quinte tempérée et la quinte exacte n'atteint donc pas «Me vibration par seconde, sur des nombres pouvant varier entre

aSo et 5oo vibrations.

L'observation, même la plus superticielle, de l'accord des instruments de musique nous révèle des écarts notablement plus grands, soitentre deux exécutants quelconques. ,ouant ou chantant aussi juste que possible, soit entre deux notes rigoureusement accordées entre elles à l'octave ou à l'unisson, sur deux instruments à sons fixes, tels que le piano, l'orgue, la flûte etc • et la netteté des exécutions n'en est nullement troublée.

Le septième harmonique au contraire présente, par rapport à ce même sj t> ^«^P"^' ^"^ différence qui dépasse huit vibrations à la seconde, car il est égal a 45a,6. Il est donc notablement plus bas, et nul auditeur ne tolérerait sans protester un écart de cette importance entre deux quelconques des exécutants d'un orchestre ou d'un ensemble vocal.

Cet exemple, dont on peut faire l'application à tous les sons tempères suffit POur redu e à sa valeur toute une catégorie d'objections plus ou moins spécieuses soulevées par d habiles théoriciens, au nom de l'exactitude mathématique, dans le but d'infirmer certains principes physiques ;t métaphysiques basés sur les rapports de vibrations, et notamment sur la loi des

Téxplication rationnelle de notre système musical par les dou^e quintes n'en demeure pas moins la plus satisfaisante, parmi toutes les théories auxquelles a donne heu ,usqu ici la genèse de notre gamme actuelle.

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L'HARMONIE

d'équilibre harmonique entre ses deux voisins, situés à égale distance, l'un à la quinte supérieure, l'autre à la quinte inférieure (i) :

Le génie créateur du musicien vient rompre et rétablir tour à tour cet équilibre instable, au moyen de tous les artifices que lui suggèrent sa science et son inspiration.

Mais, quelque compliqué que puisse paraître le procédé employé pour la rupture ou le rétablissement de cet équilibre, le mouvement qui en résulte ne peut être qu'une oscillation d'un côté ou de l'autre : vers les quintes aiguës ou vers les quintes graves, comme on s'en rendra compte par l'étude de la Tonalité et de la Modulation.

r , W a figure représentant ici le Cycle des quintes a été établie, ainsi que tout l'exposé de cJlys'em' par iS Tuguste Sérieyx^ l'auteur du Cours de composition txent a rendre àsoa collaborateur ce qui lui est dû.

LA TONALITÉ

Valeur esthétique de TAccord ; la tonique. — La tonalité dans les trois élénients de la musique. — Le rôle de la quinte. — Les trois fonctions tonales. — Tableau des fonctions tonales. — La cadence et ses divers aspects. — Constitution de la tonalité ; parenté des sons. — Limite de la tonalité. — Application du principe de tonalité à la connaissance de l'harmonie. — Analyse de l'harmonie à l'aide des fonctions tonales.

VALEUR ESTHÉTIQUE DE l'aCCORD. — LA TONIQUE

En vertu de la loi générale de mouvement ou de succession qui sert de base à la musique, l'Accord, de même que chaque note d'une mélodie, est dépourvu de tout effet esthétique s'il est entendu isolément, c'est-àdire, en état d'immobilité.

Il n'acquiert sa valeur musicale que par l'effet d'une comparaison^ d'une mise en rapport avec ce qui le suit ou le précède, c'est-à-dire lorsqu'il est

en mouvement.

Mais ce travail latent de comparaisons successives ne se fait point au hasard dans notre entendement : il procède au contraire méthodiquement, suivant certaines lois et à l'aide de certains points de repère, nécessités par l'impossibilité où nous sommes d'apprécier les valeurs en elles-mêmes, c'est-à-dire d'une façon absolue.

Toutes les opérations de notre esprit, en efiet, sont essentiellement relatives, et, pour acquérir quelque précision, doivent être rapportées à un point de départ plus ou moins invariable, à un terme unique de comparaison, ou plus exactement, à une commune mesure.

Si nous voulons nous rendre compte des mouvements, nous cherchons un point fixe ; pour évaluer les distances, nous choisissons une longueur t3'pe, une unité de longueur, etc.

Il en est de même évidemment des phénomènes musicaux, qui, comme les nombres dont ils sont la manifestation esthétique, sont sans cesse perçus, consciemment ou non, par rapport à un point de départ, la tonique, jouant ici le rôle du point fixe, de l'unité de longueur, en un mot de \d. commune mesure.

,o8 LA TONALITÉ

i^a tonique est donc la commune mesure nécessaire pour déterminer la valeur relative de tous les phénomènes qui se succèdent dans un fragment musical quelconque.

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