‹ Cours de composition musicaleChapitre 75 sur 119 · RAMEAU · texte numérisé non relu

RAMEAU

Jean-Phiuppe Rameau, dont nous aurons à nous occuper plus spécialement comme compositeur (I), est l'auteur dunT™,*.^e m~ réduite à ses principes naturels (Paris, 17..), où, pour '^ F" fois est exposé méthodiquement le système du renversement, permettant

de ramener l'accord à son état fondamental.

'^Rreau reproduit l-expériencedeZarlinopourladivisionh^^^^^^^^^^^^

, / ; Il ,iA ^l^ i/6'i et déclare que 1 accord panait de la corde (i, 1/2, i/3, 1/4. W^' W^)' et ucci h

p«st donné Dar la nature. ... • u '

Mais i est moins catégorique en ce qui concerne la division an.hmetioue (. 2 3 4, 5, 6, resonnance inférieure) donnant l'accord parfait X,!:. n 'est' L ;ro'bable cependant que sa conviction intime sur ce dernier point était conforme à "Ue e .ariino; en ff , 1 au te r ano^ nvme d'un ouvrage paru en \']bi et intitule. JlLemem^ ^

2Zi,ue et prat,U suivant les principes de M. Ran,eau, énonce formeÎlement page 20, le principe de la resonnance inférieure 2).

Consciemmfnt ounon, ce principe apparaît duresteen maint endroit, H»ns les divers ouvrages de Rameau, et même dans son traite. ' S n sy^^e de las! sse fondamentale, impliquant le déplacement du son génLeur de l'accord, ^.prime, n'est pas autre <^h°-'l- f^^^ 7»rlino Cette théorie est une innovation, par rapport a usage de Zarlino. Cette tneo ^^ ^^^^ l'apprendre,

basse continue, ainsi que Rameau pi eu" F

page 206:

fut chargé de formuler au nom du roi ^'"P"-^ 7/;;^^ ,^^^^^, intelligent un systèmedont . M. Rameau doit être ^^^'^ ^^ ^^\\'^JZZlc, pour être apprécié n'a besoin que d'être . il a découvert les prmcipes, et qui, cerne semoie, y « connu. • « A Paris, ce 23 novembre i-'Si. »

« Il ne faut pas confondre, dit-il, la progression diatonique d'une basse dont nous parlons à présent (basse continue) avec la progression consonnante dont nous avons donné des exemples. Cette basse que nous appelons fo7idamefitale ne porte que des accords parfaits ou de septième, pendant que la basse ordinaire, que nous appelons coîitinue, porte des accords de toute espèce. Ainsi, cette basse fondamentale servira de preuve à tous nos ouvrages. »

Rameau déclare en propres termes, page ix, « qu'il n'y a qu'un seul accord dont tous les autres proviennent ». Cependant il reconnaît une existence distincte aux deux accords parfaits et à l'accord de septième.

Dans un exemple oij il veut prouver la genèse de cet accord de septième, il reproduit une cadence de Zarlino (page 58):

à laquelle il ajoute une basse fondamentale :

ZUL

-jonz.

Tonique Dom'"

rj

où l'on peut voir le principe des deux cadences de sens opposé en mineur et en majeur.

Un fait plus significatif vient à l'appui de cette opinion : Rameau appelle sixte ajoutée la note supérieure (re, par exemple) dans la disposition harmonique bien connue : (Epg^ et il traite cette note mélodique ascendante, ajoutée à raccord parfait, comme une vraie dissonnance, qu'il ne confond nullement avec la septième.

Il est difficile de ne pas voir là le principe même à Taide duquel nous avons vérifié le sens différent du mouvement mélodique, suivant le mode, dans chacune des cadences (voir chap. vu, p. 112). On ne saurait cependant rien affirmer sur les idées de Rameau relativement aux modes de sens inverse : il a sans doute pressenti la véritable théorie, plutôt qu'il ne l'a comprise nettement.

Au surplus, la rédaction de son traité est extrêmement lourde et diffuse : en maint endroit, il énonce des principes contradictoires.

HISTOIRE DES THÉORIES HARMONIQUES iSy

C'est ainsi notamment qu'après avoir déclaré (page 1 38) que « la mélodie provient de l'harmonie », il constate (page 829) qu'« il est difficile de réussir parfaitement dans les pièces à deux et à trois parties, si l'on ne compose toutes les parties ensemble, parce que chaque partie doit avoir un chant coulant et gratieux » {sic).

Cette dernière assertion, plus raisonnable que l'autre, nous autorise à considérer Rameau comme ayant vraiment compris le rôle prépondérant de la mélodie dans la musique, et celui des deux résonnances naturelles dans la formation de l'harmonie.

Après Rameau, c'est au célèbre violoniste Tartini, auteur du « Trille du diable », qu'on doit la reprise et la continuation des théories avancées par Zarlino.

GiusEPPE Tartini, né à Pirano en 1692, mourut à Padoue en 1770, après une existence assez agitée. Outre ses compositions musicales (sonates et concertos), Tartini a laissé plusieurs ouvrages théoriques, dont le principal est intitulé: Trattato di musica, seconda la vera scien^a delVarmonia (i). Ce traité, paru en 1754, réalise un progrès notable sur celui de Rameau, au point de vue de la netteté des idées. L'auteur exclut de notre système musical l'harmonique 7, et oppose directement l'une à l'autre les deux résonnances engendrant les deux modes (pages 65, 66,91).

On doit aussi à Tartini d'intéressantes découvertes sur la production des sons résultants qui proviennent de la différence entre le nombre des vibrations de deux sons réels, émis simultanément.

Tartini avait remarqué notamment que l'émission sur un violon de

la sixte to ^ | engendre un troisième son beaucoup plus grave : ^

et plusieurs autres, moins perceptibles, dont les rapports avec celui-ci suivent les lois de la progression harmonique ascendante.

Mais il était réservé à Von Œttingen, dont nous parlerons ci-après, de tirer de cette découverte toutes les conséquences qu'elle comporte.

AprèsTartini,il semble que pendant près d'un siècle la théorie harmonique soit totalement tombée dans l'oubli. La routine de la basse continue règne en souveraine absolue sur toute la musique de cette époque.

Les divers traités parus entre 1760 et 1840 ne sont que des manuels de basse chiffrée, dénués de tout fondement rationnel.

C'est seulement en 1845 que nous voyons reparaître en France

(i) Traité de musique, selon la vraie science de l'harmonie.

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quelques idées plus saines et plus élevées sur l'enseignement de l'harV ^^ . -'^ monie et les origines de la gamme. - Y%^^

BARBEREAU i .

Auguste Barbereau, né à Paris en 1799, fut élevll Reicha, obtint le prix de Rome en 1 824, et fut plus tard professeur au Conservatoire. 11 mourut à Paris en 1879- Barbereau s'occupa de musique surtout au point de vue historique et didactique. Il avait constaté l'msuffisance, déjà notoire à son époque, de l'enseignement de la composition, et fit de très louables efforts pour y porter remède ; mais son Traite de composition musicale, paru en 184^ et conçu sur des plans fort vastes, est malheureusement resté inachevé

Dans cet ouvrage, l'auteur considère notre gamme moderne comme directement issue d'une série illimitée de quintes allant soit vers le grave, soit vers l'aigu. Cette théorie est exposée plus en détail dans son Etude sur l'origine du système musical parue en i852 et inachevée égalemem.

Il appartenait à Durutte de reprendre plus scientifiquement les idées de Barbereau, et de démontrer mathématiquement leur concordance avec la progression harmonique.

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