CLASSIFICATIONS ANCIENNES DES ARTS
Les Grecs avaient divisé l'Art en neuf genres différents. En vertu de la tendance de leur esprit à revêtir les symboles d'une forme sensible, ils avaient personnifié leurs arts par les neuf Musesy que Ton groupa en trois triades :
Clio^ muse de {Histoire, Polymnie, muse de la Rhétorique^ Uranie, muse de V Astronomie, composaient la première, celle des arts du Raîsonneme?it. Les arts du Rythme parlé formaient la seconde, <xVQC : Thalie, muse de la Comédie, Calliope, muse de la Poésie épique, Erato, muse de la Poésie fugitive.
Enfin, dans la dernière triade, les arts du Rythme proprement dit étaient représentés par :
Melpomène, muse de la Tragédie, Terpsichore, muse de la Danse^ Euterpe^ muse de la Musique, Les arts rythmiques tenaient, on le voit, une place considérable dans l'antique civilisation grecque.
Au moyen âge, au contraire, à partir de Charlemagne (ix^ siècle), le Rythme, notamment dans son application aux mouvements du corps (la Danse), est considéré comme d'ordre inférieur.
Par une loi de réaction toute naturelle, les arts du Raisonnement se multiplient à l'excès, reléguant le Rythme dans la seule Musique qu'on enseigne non comme art, mais comme science. Les philosophes du moyen âge distinguaient dans les arts deux branches, deux voies différentes :
INTRODUCTION. — LE RYTHME DANS L'ART ig
le Trii'ium^ comprenant ;
la Grammaire,
la Rhétorique,
la Dialectique, ans du raisonnement dans le langage ; le Quadriuium, composé de :
V Arithmétique^ la Géométrie^
V Astrologie,
arts du raisonnement pur, et enfin de :
la Musique, seul art du rj-thme^ rangé, comme on le voit, à la suite des véritables sciences (i).