PÉRIODE DU MADRIGAL SIMPLE
Flamands
Jakob Arcadelt i5i4f i565
Adrian Willaert 1480 i 1 562
Nicolas Gombert 14. . t i^--
Cypriande Rore 1^16 t i565
Philippe DE Monte \b2i t 1602
Roland DE Lassus i53o f 1^94
(1) Voir chap. X, page i6o.
(2) Choix des plus belles chansons du très illustre H. F
(3) Voir chap. x, page 160.
igB LA CHANSON ET LE MADRIGAL
Italiens
CosTANZo Festa • . • 14.. + 154^)
Andréa Gabrieli iSiof 1 386
Giovanni Pierluigi da Palestrina. . . i5i5 f 1594
F?\inçais
Claudin de Sermizy I 5 . . f I 566
Claudin Le Jeune i 53o f 1 064
Guillaume Costeley • . i53i f i5. .
Jakob Arcadelt (surnommé Jachet). né dans les Pays-Bas, se rendit dès sa jeunesse à Rome, où il devint maître de chant de la chapelle papale en 1 640 ; il vint ensuite à Paris, oii on le trouve avec le titre de Miisicus regius en iSBy. Dès i538, Arcadelt publia six livres de madrigaux à cinq voix qu'on doit considérer comme les premiers en date dans ce genre de composition. Ils eurent un immense succès, et suscitèrent bientôt un engouement effréné : c'est par milliers, en effet, qu'on peut compter les productions du style madrigalesque dans la seconde moitié du xvi^ siècle.
Arcadelt lui-même en écrivit une grande quantité, m.adrigaux ou chansons, qui furent publiés d\^bord par les Gardane, imprimeurs à Venise, puis parles éditeurs parisiens Le Roy etBallard.
Ses contemporains, et notamment Willaert, son aîné de trente ans au moins, ne versèrent dans le genre madrigal qu'après le succès des six premiers livres d' Arcadelt. C'est donc avec raison que nous donnons ici le premier rang au créateur incontesté de cette forme d'art toute spéciale.
Adrian Willaert, né à Bruges, d'autres disent à Roulers, élève de Jean Mouton et de Josquin Deprès, fut nommé en 1627 maître de chapelle de l'église Saint-Marc à Venise. Sa renommée attira dans cette ville de nombreux musiciens, et c'est ainsi que fut formée la célèbre école de Venise^ dont Willaert passe pour avoir été le fondateur. L'innovation principale qui caractérise cette école, et qui fut certainement due à l'initiative de Willaert, est récriture pour double chœur.
Outre quelques livres de motets, l'œuvre principale de Willaert consiste en recueils de madrigaux à cinq et six voix publiés de i b^b à id6i sous les titres divers, Can:[07ie villanesche, madrigali, fantasie o
LA CHANSON ET LE MADRIGAL «99
ncercari, et enfin Nuom musica [i bbq), qui contient des pièces de quatre à sept voix sur des poésies de Pétrarque.
Il est à remarquer que Willaert ne commença à écrire des compositions de ce genre qu'à l'âge de soixante ans environ, quelques années après le succès des premiers madrigaux d'Arcadelt.
Nicolas Gombert, originaire de Bruges, l'un des plus remarquables élèves de Josquin, fut maître de chapelle de la cour de Madrid en 1 543. On a de lui un volume de chansons publié par Susato en i 544.
Cyprian de Rore, né à Anvers, étudia à Venise sous la direction de Willaert, auquel il succéda comme maître de chapelle de l'église Saint- Marc. Il' s'adonna presque complètement à l'art madrigalesque, sans préjudice de quelques messes et motets, et ses œuvres devinrent bientôt célèbres dans toute l'Italie.
La grande innovation de Cyprian de Rore fut l'emploi courant du chromatique, dont il se sert sans tenir compte, comme le faisaient ses prédécesseurs, de la distinction établie traditionnellement entre le grand
et\e petit {i).
Il publia, de 1542 à i565, dix livres de madrigaux à quatre et cmq voix, dont les plus connus sont les recueils intitulés : Madrigali crommatici et Le vive fiamme, sa dernière œuvre.
Le grand Monteverde (2) considère Cyprian de Rore comme le véritable précurseur de l'art nouveau {la seconda pratica) qui allait enfanter le drame musical, art dans lequeU le discours expressif commande à rharmonie au lieu de lui obéir (3). »
Philippe de Monte, né à Mons, d'où son nom, vécut en Allemagne, où il fut maître de chapelle des empereurs Maximilien II et Rodolphe II,
et mourut à Vienne.
Outre quelques messes et motets, il publia successivement trente et un livres de madrigaux ou chansons à cinq, six et sept voix, dont les plus connus sont ceux intitulés : Le fammette (iBgS); il mit aussi en musique les sonnets de Ronsard.
Roland de Lassus (4) écrivit plusieurs livres de madrigaux; les deux premiers datent de i555; on lui doit aussi un grand nombre de chan-
(i) Voir chap. x, page i56.
(.) Voir troisième livre ^^ Monteverde - Schef^
(i) Vora:{ione padrona delV armoma e non serva \i^^
musicali).
(4) Voir chap. x, page 172-
2tX,>
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
sons françaises (i) et de Lieder allemands; quelques-unes de ces chansons ont eu une renommée universelle pendant toute la seconde moitié du xvi^ siècle. Les plus intéressantes à connaître sont:
a) Fuyons tous d'amour le jeu, d'une si originale prestesse-
b) Sauter, danser, faire des tours ; '
c) Un doux nenni avec un doux sourire, dont la guirlande terminale sur « Vous ne l'aurez point .,, est d'une grâce charmante;
d) L heureux amour qui esleve et honore;
e) Lasjvoule^.vous qu'une personne chante, texte mis en musique par de nombreux compositeurs;
f) Si vous nêtes en bon point, bien à point;
g) Quand mon mary vient de dehors, etc/(ci-dessus, p. 189).
CosTANzo Festa (2), auteur de madrigaux à trois voix, publiés en i5d6.
ANDREA Gabr.eli (3), publia, de ,672 à ,583, sept livres de madrigaux de trois à six voix.
Giovanni Rerlu.g, da Palestkina (4) a laissé, outre ses compositions religieuses, trois recueils de madrigaux à quatre et cinq voix (i555. i5Si). La plupart som de charmants modèle.^ du genre; la mélodie v est moins sévèremem établie que dans ses pièces religieuses, et quelques-uns présentent même un tour mélodique d'allure presque moderne, comme par exemple le suivant, qui mérite d'être cité intégralement. ^
(Assez vite)
Cantc
Alto
Ténor
Basso
L'a . mour
(I) Le premier livre des Chansons françaises [Meslanges) a ete euue uar H. Expert. iLes Maîtres musiciens de la Renaissance française.) (2,; Voir chap. x, page i6i.
(3) Voir chap, x, page i6i.
(4) Voir chap. x, page i6a.
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
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jour où ta main blanche
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jour où ta main blanche, où
ta main blan . che m'offrit .
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pris mon a - me.
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ta main blanche m'offrit .
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