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LA CHANSON ET LE MADRIGAL
. ne;
O lais . se moi cueil lir les fruits é.
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lais se moi cueillir les fruits é tran ges,
ges, e tran
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
-ges,
dont en meurt pour re rial
Voir aussi :
a) Alla ripa del Tebro,
b) La cruda mia nemica,
c) I vaghi fiori^ que nous avons analysé plus haut, page igS.
Claudin de Sermizy, généralement désigné sous le nom de Claudin, fut maître de chapelle à la cour de France de 1 53o à 1 56o. Ses chansons ont été publiées par Attaignant en i528.
Claudin Le Jeune naquit à Valenciennes et mourut à Paris. Ses deux principaux ouvrages sont le Dodecacorde^ quarante psaumes de David traduits en français par Clément Marot, et le Printemps^ important recueil de chansons, dont les particularités métriques doivent être examinées succinctement.
L'imitation des anciens, cette manie de l'esprit renaissant, avait provoqué chez certains poètes français une tendance à la versification mesurée et scandée sur le modèle du vers antique. Jean-Antoine de Baïf (i532 f 1589), poète et musicien, qui avait fondé à Paris une académie d'art bien avant la naissance des académies florentines ( i), imagina de créer, dans le but spécial de la réalisation musicale, un mètre français, en invoquant, comme tous ses contemporains, la restauration du rythme grec. Il écrivit ainsi des Chansons mesurées que Jacques Mauduit (2) et Claudin Le Jeune mirent en musique. Baïf avait coutume de noter en longues et brèves les syllabes de chacun de ses vers, indication à laquelle Claudin se conformait en écrivant sa musique; les valeurs musicales de durée se trouvaient donc réglées d'avance par le mètre poétique, ce qui donne parfois à ces chansons de curieuses allures rythmiques.
(i) Antérieurement au moins à celles de ces académies qui traitèrent de l'union de la mu« sique avec la parole.
(a) Habile joueur de luth qui vivait encore sous le règne d'Henri IV.
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
Prenons pour exemple :
a) La bel' aronde (i), chanson à six voix divisée ainsi :
I", un i-echant, comprenant deux couplets et deux reprises du refrain;
2'», un chant ^ autrement rythmé, formant troisième couplet (2).
Voici comment le poète établit le mètre du rechant :
La bel' aronde mésagère de la gaye saizon
Est venu, je l'ay veû, Elle vole mouchelètes, elle vole moucherons.
Dans la traduction musicale de Glaudin Le Jeune que nous donnons ci-dessous, on remarquera que les valeurs brèves se succèdent tantôt en rythme ternaire, tantôt en rythme binaire ; cette disposition, qui donne une grande variété au discours musical, persista jusque dans l'opéra du xvii* sièle (3), mais elle finit par disparaître sous l'autocratique domination de la barre de mesure.
Voici la première partie du rechant :
(Modère)
Dessus:
El. le
vo - le mou-cbe - lé . tes, el - le vo - le mou.cbe
La seconde partie, si aimablement dialoguée, doit être citée en entier :
(i) Voir Le$ Maîtres musiciens de la Renaissance française, édition H. Expert ; Le Ptintemps de Claude Le Jeune, i"' fascicule, page a8.
(a) Nous retrouvons cette forme dans le style symphonique, sous le nom de rondeau, depuis Rameau jusqu'à Beethoven (voir deuxième livre).
(3) On trouve encore ces alternances rythmiques chez Lulli, dans ses premières œuvres, notamment dans Alceste (voir troisième livre).
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
(Vif)
VT dessus:
2^ dessus:
Haute- Contre:
11» taille:
2£ taille:
Basse-Contre:
je la voy,
La ve la,
je re . co gnoy le
La ve la,
je re - co - gnoy le
(Moins vite)
Je l'y Yoy le ven tre blanc - qui
dos noir, Je IV voy le ven . tre blanc qui
Je l'y voy le ven - tre blanc qui
i(is)r 't ^JŒ=^
dos noir,
Je l'y voy le ven tre blanc qui
dos noir,
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
El- le vo-le mouche, le . tes, el le vo le mou.che
Voir aussi :
b) Ma mignonne {i), suite de huit pièces de deux à huit voix, sur le thème populaire :
Ma mignonne, je me plain De vostre ri- gueur si for-te.
[f} Les Maîtres musiciens de la Renaissance française, édition H. Expert; Le Printemps^ de Claude Le Jeune, i" fascicule, page i.
LA CHANSON ET LE MADRIGAL
c) La brunelette violette reJlorit{\)y à cinq voix,
d) Doucète, sucrine (2), dont le rechant est d'un rythme si amusant dans sa monotonie.
Dessus et Haute- contre
TaiUe
frTWfW^r^^
si bel
le, "si bel - le tu es
etc.
Enfin :
^) Patourelles Joliètes (3), que nous avons déjà cité page 190.
Guillaume Costeley, né en France de parents écossais, fut valet de chambre du roi Charles IX. L'une de ses chansons les plus connues est celle intitulée : Puis que ce beau mois.