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wassoEt^-^
rieur par redans, pour éviter les ^ >-?^
glissements, puis on a rempli la
chambre de travail en béton de ciment et enfin terminé la fondation par le remplissage des cheminées.
iMalgré les difficultés dont nous venons de donner des exemples, la fondation de chaque pile du pont sur le Scorff n'a coûté que 105,000 francs en moyenne, mais il faut remarquer que la superficie était faible et que par conséquent le prix de revient par mètre est en réalité fort élevé. Ces piles étaient d'ailleurs réellement trop minces pour un semblable terrain, qui n'offre pas de résistance latérale : il n'en est pas résulté d'inconvénient, grâce aux grandes précautions prises dans la mise en place de la superstructure, mais on ne devrait pas hésiter à donner aux piles plus d'épaisseur, si l'on avait de nouveau à fonder un pont dans de telles conditions.
Les sas à air employés à Lorient étaient exactement ceux déjà décrits pour le pont de Szegedin.
Aux grands ponts établis à Nantes sur les deux bras principaux de la Loire, Poms de Nantes. pour le chemin de fer de La Roche-sur-Yon, les difficultés d'exécution ont été beaucoup moins grandes qu'à Lorient. La marée est peu sensible dans remplacement de ces ouvrages, le terrain à traverser consiste en sable alternant avec des cx)uches minces d'argile ou de vase, on n'a eu de rocher à déraser que pour 4 caissons sur 22; enfin le grand nombre de fondations diminuait naturellement beaucoup les frais généraux pour installations et appareils.
Les caissons des piles, notablement plus larges qu'à Lorient, avaient à la base 12".60 sur 4".20 et présentaient une section de 49 mètres ; mais la disposition de la chambre de travail était la même et ses parois formaient à l'intérieur une série d'arcs fortement butés contre des armatures transversales (19), afin de
bien résister à la pression. I^es tôles du caisson proprement dit, au-dessus de la chambre de travail, avaient été renforcées et présentaient 0".005 d'épaisseur
sur la plus grande partie de leur hauteur; néanmoins elles étaient encore trop faibles et on n'a pu maintenir la forme qu'avec des étrèsillons intérieurs en bois , que l'on déplaçait à mesm^e que s'élevaient les maçonneries. Les dispositions des sas à air, ou chambres d'équilibre, ont été modifiées par MM. Gouin et G^ d'une manière très heureuse et elles ont ensuite été employées également avec succès sur d'autres travaux.
Chacune de ces chambres consiste en un cylindre oblong en tôle, auquel sont accolés deux demi-cylindres latéraux G,G' ; elle est pourvue de 4 sas à air G, G', H et K (20 et 21). Le sas H sert, au moyen des portes h et h\ à l'entrée
et à la sortie des ouvriers ; le sas K sert à la sortie des déblais par les portes k et k'; enfin les sas G et G\ dont les portes sont en g et g\ servent à rinlroduclion du béton et des divers matériaux nécessaires à Tintérieur.
Les déblais sont extraits de la chambre de travail au moyen de bennes attachées aux extrémités d'un câble H' qui s'enroule sur une poulie J mise en mouvement par un moteur extérieur* Lorsqu'une benne monte, l'orifice k du sas K est ouvert et la benne verse son contenu dans un wagonnet placé dans le sas; lorsqu'il est plein; on ferme l'orifice k, on met le sas K en communication avec l'air extérieur, et le wagonnet, sortant de son sas par l'orifice k\ vient se décharger à l'air libre; on le fait ensuite rentrer dans le sas par une manœuvre inverse. Pour introduire le béton, l'orifice g du sas G est fermé et l'orifice g' est ouvert. On rempUt le sas G de béton, puis on ferme la porte g' et on met le sas en communication avec la chambre intérieure : quand la pression est devenue
égale de part et d'autre, la porte g s'ouvre et le béton descend par la cheminée dans la chambre de travail. Pendant que Ton vide le béton du sas 6 on remplit le sas G' et ainsi de suite.
A Nantes, le mouvement des poulies et la plupart des manœuvres opérées sur ce grand chantier étaient produits par de Teau comprimée dont le réservoir était installé dans File située entre les deux ponts ; cette eau était conduite dans toutes les parties du chantier au moyen de tuyaux en cuivre.
Après le temps employé aux installations et aux premiers essais des appareils, les travaux ont été conduits avec une rapidité remarquable, à tel point que chaque fondation n'exigeait pas plus de deux mois, depuis son origine jusqu'au moment où Ton commençait à poser les socles. Comme à l'exception delà culée rive droite et des deux premières piles, le rocher ne se trouve qu'à une très grande profondeur, on s'est décidé à arrêter les fondations sur des couches de sable pur que l'on rencontrait à 46 mètres au-dessous de l'étiage, en moyenne. Seulement comme les couches de sable tout à fait exempt d'argile avaient quelquefois des épaisseurs trop faibles, elles n'ont pas empêché la pression de se transmettre à des couches inférieures un peu compressibles, de sorte, que des tassements ont eu lieu pour plusieurs piles. Bien qu'ils soient depuis longtemps arrêtés et qu ils n'aient nullement eu de conséquences graves, ces tassements montrent qu'il aurait fallu, avec cette nature de terrain, donner aux piles des empattements beaucoup plus forts afin de diminuer notablement les pressions par unité de surface. On l'aurait fait certainement avec un autre mode de fondation^ dans lequel la dépense n'aurait pas augmenté aussi rapidement avec la surface qu'elle le fait pour les fondations à l'air comprimé.
La dépense de fondation d'une pile des ponts de Nantes, à 16". 80 de profondeur moyenne au-dessous de l'étiage, est revenue à 90,000 francs environ.
Bien qu'en Hollande la plupart des fondations continuent à être effectuées Fondauons
en Hollande,
sur pilotis, on a quelquefois recours, dans ce pays, à l'emploi de l'air comprimé, et M. Morandière a donné dans son Traité les dessins d'une écluse à air qui a été employée en 1873 à Rotterdam, pour la fondation de plusieurs piles du pont
sur la nouvelle Meuse. Cette écluse ressemble beaucoup à celles des ponts de Nantes, seulement le sas destiné à l'entrée des ouvriers est plus spacieux et le sas pour les déblais est disposé suivant un plan incliné, ce qui le rend beaucoup plus commode pour le déchargement.
Les caissons employés à Rotterdam avaient de très fortes dimensions, 9 mètres de largeur sur 24 mètres de longueur, y compris les parties circulaires. Ils ont été descendus, jusqu'à Sl^.SO au-dessous du niveau moyen des marées, à travers une vase assez compacte, de sorte qu'il ne s'y est pas produit de déversements analogues à ceux contre lesquels on a eu à lutter à Lorient; il est juste d'observer que la grande largeur des caissons de Rotterdamieur donnait naturellement beaucoup plus d'assiette. La dépense de fondation d'une pile s'est élevée en moyenne à 364,000 francs.
Au pont sur le HoUandsch Diep près Moerdyck, les trois premières piles ont été fondées également par l'air comprimé ; deux d'entre elles ont été descendues jusqu^à 22 mètres au-dessous du niveau moyen, ce qui portait la profondeur à 24 ou 25 mètres au moment des hautes mère. Les caissons avaient à la base 7 mètres de largeur sur 16 mètres de longueur.
Fondaiions Lcs dimeusious des caissons, pour les deux ponts que nous venons de citer en
en Amérique.
dernier heu, étaient déjà considérables, mais les Américains sont arrivés à des superficies encore beaucoup plus grandes, qui s'appliquent à des ouvrages tout à fait exceptionnels. La description de ces fondations est donnée avec beaucoup de détail dans l'ouvrage de M. MalézieuxW, et nous en présentons seulement un résumé en y ajoutant quelques indications recueillies ultérieurement.
Pont saiiit-Louis A Saiut-Louis, en aval de son confluent avec le Missouri, le Mississipi a environ
460 mètres de largeur el est franchi par un pont de trois travées en arcs d'acier, ayant 153 et 158 mètres d'ouverture. Le lit est formé de sable très fin et le rocher sur lequel les fondations ont été assises, se trouve à 26 mètres au-dessous de l'étiage, pour les deux piles, et à 29 mètres environ au-dessous du même
(a) Travaux publics des États-Unis. — Paris, 1873.
niveau pour la culée Est; les eaux moyennes s'élèvent à 4". 80 au-dessus de rétiage et les grandes crues à 12".80.
Le caisson employé pour la pile de l'Est était de forme hexagonale (22). La chambre de travail était divisée en trois compartiments, de 6 mètres environ de largeur chacuU; par des cloisons longitudinales en bois qui consolidaient fortement le plafond construit luimême en tôle avec des poutres de 1".52 de hauteur; des écoinçons, fixés entre ces cloisons et les parois du caisson, reliaient ces diverses parties entre elles et avec le toit de la chambre.
Le plafond donnait passage à sept tubes ou puits circulaires : le puits central, de 5 mètres de diamètre, contenait un escalier tournant, et les autres, de 1".45 de diamètre, étaient destinés à Tenlèvement des déblais et à la descente des matériaux. Chacun d'eux était muni d'un sas à air, mais au lieu de placer ces sas au-dessus des eaux et de les y maintenir pendant toute la durée des opérations, on a eu l'idée nouvelle de les établir à la partie inférieure et même dans la chambre de travail. En faisant descendre ainsi les sas à air avec le caisson lui-môme, on évitait d'avoir à les déplacer successivement, ce qui permettait de leur donner des dimensions plus grandes et de faciliter beaucoup l'accès dans le caisson l''); les tubes d'ascension restaient librement ouverts à l'extérieur et le puits central servait seul à la circulation des ouvriers. Comme le sable était très fin et très homogène, on avait placé à l'intérieur de chacun des puits une pompe spéciale, dans laquelle de l'eau, projetée avec une pression de 10 atmosphères, entraînait avec elle, en remontant, le sable que les ouvriers amenaient à la base du tuyau : on arrivait à enlever ainsi par heure, avec une pompe, 15 mètres cubes de sable.
Au-dessus de la chambre de travail le caisson était formé par une enveloppe
(a) La même disposition a été imaginée en même temps par M. l'Ingénieur Sadi Garnot, qui Fa fait appliquer au pont de Gollonges^ sur le Rhône.
en tôle de 0".019 d'épaisseur qui était contre-butée, au fur et à mesure de l'enfoncement, par des étrésillons appuyés contre la maçonnerie.
Dans son immersion, le caisson était soutenu par quatre pieux directeurs
de 1 mètre de diamètre, formés chacun par un assemblage de huit pièces de
bois (33), au milieu desquelles était réservé un vide où l'on faisait agir une pompe
à sable pour déterminer l'enfoncement. Cette disposition est
ingénieuse et utile à connaître, car elle pourrait rendre également des services dans d'autres circonstance.
Pour cette pile de l'Est, fondée à 26".23 en contre-bas de l'étiage, l'enfoncement a donné lieu à des péripéties assez nombreuses , à cause de la mobilité du sable, et a duré environ quatre mois; le remplissage de la chambre de travail a été fait en cinquantetrois jours.
Le caisson employé pour la pile de l'Ouest était semblable au précédent, seulement dans le but de rendre les puits plus étanches et de réaliser une économie, la tôle de revêlement fut remplacée, dans la partie extérieure des tubes, par des douelles en sapin de 0".076 d'épaisseur pour le puits central et de 0'. 062 pour les autres. Les parties inférieures furent en outre consolidées par des cercles en fer, pour résister à l'augmentation de pression résultant des crues. L'enveloppe en tôle, formant batardeau au-dessus de la chambre de travail, avait été limitée par économie à &"A0 au-dessus du toit et remplacée au delà par un batardeau en charpente fixé aux maçonneries, mais cette innovation, qui a donné lieu à un grave accident, n'est pas à imiter.
Pour la culée de l'Est, dont la fondation a dû être descendue jusqu'à âS^-C? au-dessous de l'étiage, la forme du caisson en plan a été modiûée(M). En outre, on a substitué en grande partie le bois au fer pour la construction de la chambre de travail, comme le montre la partie de coupé transversale (as). La muraille extérieure, les cloisons longitudinales et le plafond étaient formés avec de grosses pièces en chêne fortement boulonnées et chevillées entre elles. La tôle n'intervenait plus que comme revêtement extérieur pour prévenir les fuites d'air comprimé : ce revêtement avait O".O10 d'épaisseur. La tôle se prolongeait seulement sur S". 66 de hauteur au-dessus du toit et le reste de la
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FONDATIONS PAR L'AIR COMPRIMÉ. 5r>5
maçonnerie a dû être construit au-dessus des eaux sans aucune enveloppe.
On n'a employé dans ce caisson que trois ^i^^
puits principaux, l'un au centre de 3-.05 de diamètre, avec une double écluse à air à la base, et deux puits latéraux correspondant chacun à une écluse simple. Le diamètre des écluses était porté à 2". 44, pour permettre le passage simultané d'un grand nombre d'ouvriers. En outre, on avait établi un certain nombre de tuyaux destinés à l'échappement de l'air et à l'extraction du '*''' sable. Dans un but d'économie et pour réduire le temps du travail dans la période où l'air était le plus comprimé, on n'a employé de béton que contre les parois de la chambre de travail, et le reste a été rempli par du sable bien tassé.
Les dépenses de ces fondations ont été extrêmement considérables : elles paraissent s'être élevées à 2,758,000 francs pour la pile de l'Est, et à 2,989,000 francs pour la culée du même côté. Les travaux de fondations pour l'ensemble du pont ont duré environ trois ans, de 1868 à 1871.
Les fondations établies sur la rivière de l'Est, entre Brooklin et New-Tork, se rapportent à un pont suspendu immense, car la travée centrale a 487 mètres de portée, chacune des travées 285 mètres et la largeur totale du pont est de 26 mètres. Le dessous du tablier doit être établi à 41 mètres au-dessus des hautes mers et le rocher se trouve à 20 mètres au-dessous du même niveau, soit à 18 mètres environ au-dessous des basses mers, car l'amplitude de la marée est très faible à New-York.
Le caisson employé pour les piles était de forme rectangulaire, ayant 52 mètres de longueur sur 31 mètres de largeur et présentant ainsi à sa base une superficie de 1,612 mètres. La chambre de travail (se) avait une hauteur de S^.OO; les parois extérieures, les cloisons et le plafond étaient entièrement
pont de Brooklio.
55 i FONDATrONS.
formés de pièces de bois de (T.SO de côté. Le plafond, sur une hauteur de j5(j, 1°'.42, était composé de pièces juxtaposées et croi-
sées, dont les joints et les lits étaient goudronnés avec soin. Les surfaces extérieures étaient en outre garnies d'une feuille de fer-blanc ou de tôle mince. Puis, au-dessus du plafond proprement dit, on a établi un plateau en charpente de 4"'.73 d*épaisseur dont les pièces étaient également juxtaposées et croisées, mais dont l'assemblage était moins rigoureux. En outre , toutes les pièces de bois élaient fortement reliées entre elles par un grand nombre de boulons. Les cloisons transversales, qui soutenaient le plafond et conlrebutaient les parois extérieures, étaient au nombre de cinq.
Le dessus du plateau dépassait de 3". 60 le niveau des hantes mers après
l'immersion du caisson, de sorte que les maçonneries ont pu être construites
sur ce plateau sans aucune enveloppe.
Dans le massif de maçonnerie de la pile (27), entre les parties les plus larges,
Il qui sont celles destinées
r""'~~ ""71 à supporter directement
la charge des câbles, on a ménagé deux grands évidements dans lesquels 6 puits ont été établis pour mettre la chambre de travail en communication avec l'extérieur. Les plus près du centre étaient munis d'une écluse à air ordinaire et avaient 1".06 de diamètre; les suivants, de O-.SS, élaient destinéâ à l'introduction des matériaux ; enfin les puits rectangulaires, de 2". 15 sur 2". 00, descendaient jusqu'à 0".50 en contre-bas du bord inférieur du caisson et débouchaient en haut à l'air libre pour servir à l'enlèvement des déblais au
moyen des dragues. Ils remplissaient donc tout à fait le même but que les grands puits elliptiques du pont de Kehl, seulement les norias étaient remplacées par une drague spéciale, inventée par MM. Morris et Cummings.
Dans les autres puits, les écluses étaient placées immédiatement au-dessus du plateau et par conséquent se trouvaient bien en contre-bas des eaux quand le caisson approchait du fond. Cette disposition a été sur le point d'occasionner un terrible accident, par suite d'une diminution subite de pression dans la chambre de travail; aussi M. Morandière a fait observer, avec raison, que la prudence exige de faire tenir toujours au moins une écluse au-dessus des eaux, afin d'assurer le sauvetage des ouvriers,
Pour la 2* pile, celle du côté de New-York, le diamètre des puits pour les ouvriers a été porté à 2*''. 60 et chacun d'eux a été muni à sa base d une double écluse à air. Dans le caisson de la pile du côté de Brooklin, on a été obligé de faire partir quelques mines pour briser des blocs de rocher très dur, mais à cause des grandes dhnensions du caisson, l'emploi de la poudre était moins dangereux que pour des piles ordinaires. La dépense de ces fondations exceptionnelles paraît avoir atteint par pile 3,507,000 francs.
Les fondations qui viennent d'être décrites ont coûté extrêmement chei*, i»oiiis
,11 « 1* * « j É É 1 o •* ' • • 1 de moindre importance.
parce qu elles s appliquent a deux ouvrages tout à fait spéciaux ; mais heureusement tous les ponts sont loin d'avoir nécessité en Amérique des dé-
« penses du même ordre. Ainsi, par exemple, au pont d'Omaha sur le Missouri,
les 11 piles ont été fondées, chacune sur deux tubes cylindriques en fonte de 2" .60 de diamètre, remplis de béton et descendus jusqu'à 25 mètres sous l'eau, dans des conditions de dépense analogues à celles qui auraient lieu en France pour une semblable profondeur; seulement il s'est produit, dans la descente de tubes aussi longs, des déviations dont le redressement a été très difficile, et c'est pour éviter ce danger que l'on a été amené à l'emploi de caissons à
larges bases.
Au pont de South-Street sur le Schuylkill, à Philadelphie, les piles ont été fondées à une profondeur de 10 à 15 mètres au-dessous des hautes mers, sur des colonnes dont les diamètres variaient de l'".20 à 2"\40, et dont la fon-
556 FOiNDATIONS.
dation n'est revenue qu'à 17,000 francs par colonne. Epûn, pour le pont de Saint-Joseph, sur le Missouri, dont les travées ont 91 mètres de portée, les caissons construits en bois, comme ceux de Brooklin, avaient seulement 16".80 sur 7™.20; de sorte que leur superficie était 14 fois moindre et en. outre l'épaisseur du plafond de la chambre de travail était réduite à 2"*. 10. Dans ces conditions la dépense de ce pont, dont l'achèvement a eu lieu en 1873, a été ramenée à un chiffre modéré.
Fondations Quelques mois plus tard, on a entrepris en Danemark la construction d'un
en Danemark.
pont sur le Lûmfjord, bras de mer qui traverse la presqu'île de Jutland. Cet ouvrage, qui comprend 5 travées fixes de 35 à 66 mètres de portée, plus une travée tournante à double volée, a été construit par la Compagnie de Fives- Lille à la suite d'un concours. La marée est faible sur ce point, mais la hauteur d'eau atteint jusqu'à 13 mètres; les travaux ont été rendus particulièrement difficiles par la rigueur du climat, les ouragans, les tempêtes, et enfin la mauvaise nature du fond, qui consiste en une couche de vase pénétrant jusqu'à 54 mètres en contre-bas du niveau de la mer. Cette vase renferme des végétaux en décomposition, qui ont donné lieu à des dégagements de gaz anunoniacaux et de gaz explosibles : les premiers ont agi d'une manière très gênante sur les yeux des ouvriers et les seconds ont donné lieu à un grave accident, car, à 35 mètres de profondeur, le tube central d'un caisson de pile a été arraché par une explosion et projeté, avec le sas qui le surmontait, jusqu'à 10 mètres de hauteur. A partir de ce moment on a employé des lampes de mineur pour l'achèvement du fonçage.
Pendant la descente, chaque caisson était soutenu par des verrins s'appuyant sur des poutres en fer, supportées elles-mêmes par 6 gros pilots de 1 mètre de diamètre avec vide intérieur, comme au pont de Saint-Louis, mais avec une disposition un peu différente ; en outre, leur partie inférieure était, pour toute la longueur à enfoncer dans la vase, revêtue de madriers de O^.IO d^épaisseur avec frottes en fer. Ces pilots étaient terminés carrément dans le bas et contreventés par des tendeurs en fer fixés à des colliers placés un peu au-dessus du fond. Également comme à Saint-Louis, on a employé des
pompes avec courant d'eau sous pression pour l'enlèvement des déblais, mais elles n'ont été efficaces que pour la vase liquide, de sorte que pour les vases compactes il a fallu employer des bennes. L'appareil d'éclusage comprenait un sas cylindrique de 2 mètres de diamètre sur 5 mètres de hauteur, boulonné sur le tube central qui le reliait avec le caisson ; les chambres d'équilibre ayant l^.eO de diamètre et 2™.52 de hauteur, étaient placées de part et d'autre du sas et reliées avec lui par les cadres des portes verticales de communication, tandis que les déblais étaient éclusfe au moyen de deux caisses rectangulaires pénétrant latéralement dans la partie inférieure du sas ; ces dispositions étaient bien combinées. Les difficultés exceptionnelles que présentait la situation de cet ouvrage ont porté de 1874 à 1879 la durée de son exécution.
Les caissons avec toit horizontal, ordinairement employés pour les fondations à air comprimé, présentent deux inconvénients graves : celui de laisser des doutes sur la manière dont est efîectué le remplissage de la chambre de travail à sa partie supérieure, et celui de créer, entre les maçoimeries, une solution de continuité qui pourrait devenir dangereuse avec le temps. Pour supprimer ou tout au moins atténuer ces inconvénients, plusieurs tentatives ont été faites. La disposition employée en 1862 au pont d'Argenteuil constituait un premier progrès, parce qu'elle rendait déjà plus facile un remplissage exact dans la chambre de travail.
Pour les ponts de Stettin sur l'Oder et de Dus- '**'
seldorf sur le Rhin, construits en 1867 et 1868, chaque pile reposait sur deux forts massifs cylindriques en maçonnerie, présentant, comme à Argenteuil, une cheminée centrale et un évidement conique à la base (28). Bne forte armature en fonte, à section triangulaire et d'une hauteur de 1".49, recevait les premières assises de la maçonnerie, qui était ensuite continuée sans enveloppe extérieure au fur et à mesure de l'enfoncement. Les deux massifs constituant une pile avaient chacun, à Dusseldorf, un diamètre de 8".20 à la base
FoDtbtionf avec Todle»
et ils étaient reliés entre eux par une petite voûte établie à 3 mètres environ audessus de l'étiage.
Pour le pont de Hohnsdorf, construit en 1876 sur l'Elbe, dans la direction de Lauenbourg (29 et 30), on est allé encore plus loin et on a diminué beaucoup le ^^^^ poids de l'armature métallique, qui a été réduite à
un sabot en tôle formant couteau de 0".4O de hauteur, relié par une cornière et des contre-fiches, à un anneau plat en tôle de O^.aO de largeur et O'AO d'épaisseur; sur ce rouet ont été boulonnées trois couronnes de madriers bien calfatés, fonnant des encorbellements successifs, et la voûte intérieure a été construite au-dessus par assises horizontales, formant saillies de l'une à l'autre. L'expérience a prouvé qu'une maçonnerie bien faite n'était pas traversée par l'air comprimé. De même qu'à Dusseldorf, les maçonneries extérieures n'ont reçu aucune enveloppe. La première culée et trois piles en rivière furent fondées sur massifs isolés, réunis à une certaine hauteur par de petites, voûtes. Pour chacune des deux autres piles (si et sa), on considéra , avec raison , comme préférable d'avoir un massif unique, et à cet effet on en limita la section horizontale par deux ellipses se pénétrant un peu l'une l'autre de manière à envelopper entièrement la base de la fondation ; à leur intersection a été établi un mur transversal , dans lequel est praUqué un passage de communication. Ces deux piles furent fondées sang
^en]j!r aucun accident, à environ 13 mètres au-dessous des eaux moyennes, avec des
encastrements dans le sol de 10".49 pour Tune et de 11".25 pour l'autre. Les
ï5 k dinefii résultats déjà obtenus aux ponts de Stettin et de Dusseldorf ont donc été con-
■^^^^bemx firmes à Hohnsdorf et on a reconnu, d'une part, qu'une voûte en maçonnerie de
3 élèréé^, briques soigneusement rejointoyée n'était pas traversée par l'air comprimé et,
0".40ife: d'autre part, que des massifs en maçonnerie, reposant sur des rouets en métal
wtre^li très légers auxquels ils étaient seulement reliés par des tirants verticaux, ont
genre! (f P^ traverser, sans accident, une couche de 11 mètres de sable et gravier.
/ofl/ife(i Enfin, dans ce système, le poids du fer employé dans les massifs de fonda-
najjfj^ tion s'est trouvé réduit à 80 kilogrammes, au lieu de 280 kilogrammes par
ngj^p ^ : mètre superficiel .
es, fe a /lit
lié
é fr
Les renseignements ci-dessous sont extraits d'un mémoire très remarquable («) Pom de Marmande. dans lequel M. Séjourné a rendu compte des fondations du pont de Marmande sur la Garonne, pour le chemin de fer dirigé vers Mont-de-Marsan. Cet ouvrage, d'une très grande importance et entièrement construit en maçonnerie, comprend 5 arches de 36 mètres sur le lit principal et 20 arches de décharge de 20 mètres chacune, dont 4 sur la rive droite du fleuve et 16 sur la rive gauche. Toutes les fondations ont été effectuées à lair comprimé, mais avec trois dispositions différentes : ainsi, pour les piles et culées du pont proprement dit, on a employé des caissons métalliques avec hausses ; pour la culée du viaduc rive droite et les 12 premières piles du viaduc rive gauche, on s'est servi de caissons sans hausses ; enfin pour les trois piles sur la rive droite, de même que pour les trois dernières piles et la culée rive gauche, on a fondé au moyen de chambres de travail constituées par des voûtes en maçonnerie reposant sur des rouets, dans le système employé à Hohnsdorf, avec des perfectionnements très réels. Les applications de ce dernier mode de fondation ont été faites ainsi qu'il suit.
M. Séjourné a maintenu à la fondation de la culée une base rectangulaire, en donnant à la voûte la forme en arc de cloître (55, 54 et 55); le désavantage que produit cette disposition pour la résistance du rouet est compensé par des
(a) Annales des PonU ei ChausséeSy février 1883.
dimensions plus fortes et par l'emploi de deux entreloises transversales. Le tranchant du rouet a O-.SS de hauteur et le plateau 0".40 de largeur (se) : ce
dernier est recouvert par '"' ***' 3 rangs de madriers for- I mant encorbeUenient. Jusqu'à 1".50 de hauteur, les parois de la chambre de travail sont construites en briques posées horizontalement, avec mortier de ciment de Portland C ; sur le reste de la hauteur, la voûte est construite en moellons ordinaires, appareillés normalement à l'intrados 6, le mortier étant toujours avec ciment de Portland. Les maçonneries sont reliées avec le rouet par de nombreux tirants en fer. Au-dessus de la chambre de travail, la maçonnerie est construite avec mortier de chaux du Teil A, sans enveloppe extérieure en métal, mais avec un enduit en ciment de Portland; la partie basse de la cheminée porte des nervures engagées dans les maçonne-
ries, afin d assurer sa liaison avec la chambre de
travail. La descente de l'appareil, opérée avec
toutes les précautions nécessaires, n'a donné lieu
à aucun accident. I.«s trois piles du viaduc les
plus rapprochées de cette culée ont été fondées
de la mênie manière, mais plus simplement, parce
que l'on a pu employer dans ce cas une chambre
de travail dont la section présente partout vers l'extérieur des formes convexes:
on aurait pu employer une ellipse, mais on a préféré pour l'exécution une
double anse de panier (ss). La voûte a été construite avec les mêmes matériaux
que pour la culée et d'une manière analogue. La durée du travail, arrêts non
compris, a été en moyenne de 65 jours, tandis qu'elle s'est élevée à 143 pour la culée. La forme elliptique réduit en outre d'environ moitié, par rapport à la forme rectangulaire, le poids du fer de la chambre de travail. La fondation de la culée a donné lieu à ^.^^-^^-'^^^^^r:?^^
une dépense de 27,818 francs, tandis que, pour la /^^ î — -C^^^
moyenne des trois piles, cette dépense a été seule- nf , ,K -h -tl
ment de 15,840 francs, quoique la profondeur fût \à g ^^ -M
un peu plus grande ; mais en réalité on doit toujours ^^^^^^^S:^-:=^J^^^^^^ s'attendre à payer la fondation d'une culée plus cher
que celle d'une pile, lorsque la profondeur et les difficultés de fondation ne varient pas notablement de l'une à l'autre.
Sur l'ensemble des travaux exécutés pour le pont de Marmande, le prix de revient du mètre cube de fondation exécutée à l'air comprimé, a varié :
Pour le grand pont (piles et culées avec caissons et hausses), de 62^73 à 73^82
Pour le viaduc rive gauche (piles 2 à 12, caissons sans hausses), de ... . 6^^98 à 7î5^ » — — (piles 13, 14 et 15, sur rouets), de 6^.75 à 65^.83
Les prix ont atteint 82 fr. 21 à la pile 1 du viaduc, en raison de la réparation nécessitée par un accident et 83 fr. 99 à la culée fondée sur rouet, à cause du type de sas employé, circonstance indépendante du système même de fondation.
En résumé, les fondations sur rouet avec voûtes en maçonnerie sont économiques et, surtout, présentent le grand avantage d'assurer l'homogénéité du massif et d'éviter ainsi les tassements qui pourraient être la conséquence d'un bourrage incomplet, sous le toit de la chambre de travail ordinairement employée, ainsi que des vides qui se produiraient avec le temps, par suite de l'oxydation des tôles de ce toit. Ce nouveau mode de construction des chambres de travail paraît donc appelé à recevoir, dans l'avenir, des applications nombreuses.
L'accident ci-dessus mentionné pour la pile 1 du viaduc, tient au frottement produit par le gravier dans lequel s'opérait la descente du massif de maçonnerie qui n'était protégé par aucune enveloppe métallique. Pendant que le caisson
Gaisson-batardeau de M. Nontagnier
descendait avec 2".20 environ de maçonnerie au-dessus du toit, la partie supérieure ^du massif était soutenue par le frottement extérieur et il s'est produit
un décollement horizontal dont heureusement on s'est aperçu bien vite. On a
pris de suite les mesures nécessaires pour que cette partie supérieure fût maintenue en place et on a continué le fonçage du caisson jusqu'à son niveau définitif; on l'a rempli en maçonnerie et ensuite, après avoir fixé une écluse à air sur le dessus du massif, on a pu, sous l'action de Tair comprimé, pénétrer jusqu'au niveau de la cassure, la nettoyer et remplir les vides, partie en béton de Portland et partie en maçonnerie avec mortier de même nature. La dépense s'est élevée à 4,700 francs pour cette réparation. L'accident n'a pas eu d'autres suites, mais il prouve qu'il est dangereux de descendre des maçonneries sans enveloppe métallique dans les terrains qui produisent un grand frottement latéral. Pour les autres piles, on a évité les accidents en reliant fortement les sas aux maçonneries supérieures, en revêtant les parements du massif d'un enduit en ciment lissé avec soin et en évitant de trop abaisser la pression intérieure. Enfin, dans d'autres opérations semblables il faudrait, comme l'a fait remarquer M. Séjourné, avoir soin de relier dès l'origine le caisson au massif, par des tirants de grande longueur ancrés dans la maçonnerie.
L'économie résultant de la suppression des hausses était à Marmande de 2,550 francs par fondation et s'élevait à 40,000 francs environ pour l'ensemble des arches sur la rive gauche, de sorte que, même en déduisant les frais de la réparation de la pile 1, l'avantage obtenu a encore été notable. En réalité, les fondations d'un certain nombre de ponts ont été pratiquées sans que les maçonneries au-dessus du caisson fussent protégées par une enveloppe métallique, et on peut citer à cet égard, comme exemple très remarquable, la fondation des piles du pont de Brooklyn. Dans tous les cas, il est indispensable de prendre en grande considération la nature du sol à traverser et il est prudent de ne supprimer l'enveloppe extérieure que quand les maçonneries ne sont pas exposées à recevoir de trop fortes pressions latérales ou à être endommagées par le frottement des blocs très durs que renfermerait le terrain.
M. Montagnier, Entrepreneur de travaux de fondations à l'air comprimé, a
inventé, en 1878, une nouvelle disposition à employer dans ce genre de fondations loreque la profondeur est peu considérable. Cette disposition consiste à former le caisson de panneaux en tôle qui sont reliés entre eux et avec le toit de la chambre de travail par des cornières et des boulons ; des bandes de caoutchouc sont placées dans les joints afin d'assurer l'étanchéilé. Après avoir fait descendre le caisson jusque sur le sol, on procède au fonçage jusqu'à la profondeur reconnue nécessaire pour la solidité de l'ouvrage, puis on s'attache à relier très exactement la paroi avec le terrain. Cette liaison est très facile à établir avec un sol d'argile dure ou de tuf compact, parce qu'il suffit de cesser de comprimer l'air pour provoquer une descente brusque qui fait engager le tranchant du caisson dans le terrain ; lorsqu'on opère sur un fond de rocher, on dérase celui-ci le plus exactement possible au pourtour du caisson, puis on calfate les vides avec soin et on fait aussi descendre brusquement l'appareil afin que le joint soit bien serré ; enfin, dans le cas où le fond est perméable, on le recouvre de G". 50 d'épaisseur de maçonnerie exécutée à l'air comprimé avec mortier de ciment. Dès que Tétanchéité a été obtenue, on déboulonne le toit et on continue les maçonneries à l'air libre sous l'abri du batardeau formé par les parois du caisson; enfin on enlève l'appareil, sauf à laisser en place la dernière zone horizontale si elle se trouve engagée dans le terrain.
Ce système présente les avantages : 1^ de rendre complètement homogènes les maçonneries du[massif de fondation, en supprimant la solution de continuité que le toit de la chambre de travail produit dans les fondations ordinaires par caisson ; 2"* d'empêcher absolument les vides qui peuvent résulter d'un remphssage incomplet au-dessous du toit ; 3^ d'assurer une exécution aussi rapide qu'avec les fondations ordinaires à l'air comprimé; 4' enfin de permettre le réemploi ultérieur du caisson, ce qui donne la possibilité d'appliquer l'air comprimé à de faibles profondeurs, sans dépenses trop considérables, et en évitant les éventualités auxquelles on est exposé avec les autres modes de fondations.
La première application du système a été faite au pont du Garrit sur la Dordogne, dans le service de M, l'Ingénieur Liébeaux, qui en a rendu compte dans les Annales du mois de mars 1881. Ce procédé a été ensuite appliqué par M. Montagnier à d'autres ouvrages, notamment au pont de Mareuil sur la
Dordogne, pour le chemin de fer de Montauban à Brive, sous la direction de M. l'Ingénieur en chef Lanteirès. Les fondations des 6 piles et des 2 culées de cet ouvrage ont été descendues de S-.SO à 6 mètres au-dessous de l'étiage, avec un encastrement variant de 0''.50 à â-.oO suivant que le rocher était compact ou fissuré. Au lieu de placer le toit de la chambre de travail au sommet du caisson, comme pour le pont du Garrit, on l'a disposé à S-.SO seulement au-dessus du tranchant, ce qui diminue beaucoup le cube d'air comprimé à employer et surtout présente l'avantage de permettre d'établir trèsfacilement une contre -pression en remplissant en sable l'espace au-dessus du toit. Le croquis (59) donne la coupe en travers du caisson et indique en même ^, temps la disposition
des bateaux qui ont servi à le mettre en place et à l'enlever plus tard après l'achèvement de la fondation. M. Montagnier, dans une brochure publiée en 1882, donne un tableau duquel il résulterait que, pour des profondeurs moyennes de i à 7 mètres et suivant la nature des matériaux employés, les prix du mètre cube de fondation dans le système ordinaire d'emploi de l'air comprimé varieraient de 122 à 143 francs, tandis qu'avec le caisson mobile, les prix correspondants seraient de 91 à 111 francs. L'économie serait donc de 25 à 22 7, et il est incontestable que les massifs de fondations se trouveraient dans des conditions bien meilleures.
Le nouveau procédé conçu et mis en œuvre par M. Montagnier réalise donc un progrès réel, et l'on a lieu d'espérer qu'il pourra recevoir de nouvelles extensions. Son emploi est surtout avantageux sur les rivières à régime torrentiel, car, sur les autres, les procédés ordinaires sont encore généralement plus économiques.
Le chemin de fer de Grande-Ceinture de Paris, dans la partie comprise entre Fondauons du Tiad«c
du Ysl St'Iiéfror»
Versailles et Poissy , traverse le Val Saint-Léger par un viaduc formé de 4 travées métalliques dont les ouvertures sont de 56 mètres aux extrémités et de 70 mètres dans la partie centrale. Par suite de l'existence de carrières en exploitation sur les flancs de la vallée, on avait espéré pouvoir fonder facilement le viaduc, mais les couches calcaires disparaissent complètement dans la partie centrale et on n'y rencontre plus qu'une couche peu épaisse de diluvium, recouvrant un étage d'argile plastique de 21 mètres d'épaisseur : la partie supérieure de cet étage est formée d'une argile noire sablonneuse et la partie inférieure consiste en argile plastique franche, au-dessous de laquelle on rencontre la craie en bjsmcs sur laquelle ont été établies les fondations des 3 piles, à des profondeurs de 23 à 26 mètres au-dessous du sol naturel. La nécessité de descendre aussi bas étant reconnue, on a essayé de procéder comme pour les fondations de l'église de Montmartre, au moyen de massifs isolés construits dans des puits blindés, mais la tentative n'a pas réussi par suite de l'abondance des eaux, de la fluidité extrême des sables glaiseux et de la faible consistance des argiles. L'emploi de pilotis, auquel on a pensé ensuite, présentait aussi, par suite de la variation de nature des couches, trop de difficultés et de chances d'accidents. On a donc été amené à recourir au mode de fondation par caissons en tôle dont le fonçage serait effectué avec ou sans emploi de l'air comprimé.
Pour la pile centrale, l'extraction des déblais a été effectuée à l'air libre, dans des bennes en tôle, qui montaient et descendaient dans deux cheminées verticales, au moyen de câbles en fil de fer actionnés par une locomobile. L'opération a d'abord eu lieu sans difficultés, parce que la quantité d'eau était très faible, mais quand les sables sont devenus très aquifères et très fluides, le caisson s'enfonçait trop facilement et la chambre de travail a môme été remplie en entier pendant la traversée de ces couches. Lorsque ensuite on est arrivé dans l'argile franche, on a pu dégager la chambre de travail et reprendre la marche régulière de l'opération, mais les pressions sur les parois du caisson sont devenues énormes, plusieurs pièces ont été brisées ou faussées et il a fallu combattre les poussées par des étaiemenls intérieurs. En résumé on a réussi, mais
non sans difficultés sérieuses ; la durée de la fondation de cette pile a été de 5 mois et 20 jours.
Pour les autres piles, on a renforcé les caissons par suite de l'expérience acquise, puis on a commencé le fonçage de la pile 1 : l'avancement a été lent d'abord, parce que l'on a eu à traverser plusieurs bancs calcaires durs, puis on est arrivé à des couches très aquifères et il a fallu employer l'air comprimé. A cet effet on a installé, dans les cheminées du massif de maçonnerie, des cylindres en tôle adaptés à leur base au plafond du caisson et portant à leur partie supérieure des écluses à air. Cette seconde phase du travail s'est appliquée à une profondeur de IS^.TO, jusqu'à ce que le tranchant du caisson eût pénétré dans la couche d'argile plastique, mais l'avancement a été seulement de G™. 16 par jour. Le reste du fonçage a été terminé sans recourir à l'air comprimé ; les travaux de cette deuxième fondation ont duré neuf mois.
A la pile 5, l'opération a également été commencée à l'air libre ; sur 10 mètres de hauteur environ la maçonnerie, construite au-dessus du plafond du caisson, suivit exactement la descente de cet appareil, mais lorsqu'il quitta les couches calcaires pour pénétrer dans les sables glaiseux, le déblai alla plus vite que les maçonneries, un enfoncement subit de 0".50 se produisit et le massif de maçonnerie se trouva séparé en trois tronçons; comme le terrain traversé comprenait des couches très inclinées de calcaires séparés par des feuillets de marne et d'argile, il en était résulté des glissements, par suite desquels certaines zones de maçonnerie s'étaient trouvées serrées par le terrain et n'avaient pas suivi le mouvement du caisson. Pour faire descendre ces zones, on commença par charger fortement la partie supérieure, puis on ouvrit une fouille latérale du côté où les pressions étaient plus grandes et on arriva ainsi à refermer les crevasses, puis à briser les blocs dont les saillies avaient arrêté la descente; on reprit ensuite en sous-œuvre, au moyen de galeries successives, les maçonneries fissurées ou éboulées ; ces travaux de réparations durèrent près de deux mois. Lorsque ensuite on voulut continuer le fonçage, on reconnut qu'il fallait employer l'air comprimé et on s'en servit jusqu'à ce que le tranchant du caisson eût pénétré dans l'argile plastique, comme à la pile 1, puis on reprit les fouilles à l'air libre. Mais quelques jours plus tard, de nouvelles dislocations, analogues
à celles déjà produites, se manifestèrent dans les maçonneries et on renonça à faire descendre plus bas le caisson, sauf à employer un autre moyen pour que le massif de fondation arrivât à reposer sur la craie. A cet effet on a procédé par fouilles blindées successives dans lesquelles on a construit des piliers de 6 à 7 mètres de hauteur, qui ont été ensuite tous reliés entre eux. Enfin on a rempli en béton l'intérieur des cheminées jusques un peu au-dessous des crevasses et on a bouché celles-ci très attentivement avec des injections de ciment de Portland. La fondation de cette troisième pile a duré 10 mois.
Nous avons rendu compte avec détails de l'exécution des fondations du viaduc du Val Saint-Léger, parce qu'elle a donné lieu à des accidents imprévus et soulevé des difficultés d'un ordre spécial. Elle ne se rattache que partiellement aux fondations par l'air comprimé, car il n'a été employé que sur des parties restreintes de deux des piles; mais les dispositions étaient prises pour une application plus étendue et le prix de 80 francs par mètre cube, réglé à forfait avec rhabile Entrepreneur M. Hersent, s'appliquait également au travail à l'air libre et au travail à l'air comprimé. L'exécution a eu lieu sous la direction supérieure de M. Arnaud, Directeur du chemin de fer de Grande-Ceinture et sous l'action immédiate de M. l'Ingénieur Geoffroy, qui en a rendu compte avec beaucoup de soin et de précision dans un mémoire de date récente («).
Les accidents auxquels donne lieu, pour le personnel, l'exécution de travaux Accidents à l'edouter et
,1,. • , *jj A 1 • -jj'i».j précautions h prendre
a 1 air comprime, sont de deux natures : les uns proviennent de défauts dans au sujet du personnel. les appareils ou dans les dispositions prises et pourraient être prévenus avec des précautions convenables ; les autres tiennent aux effets de Tair comprimé sur Torganisation humaine. Ces derniers effets ne peuvent pas être supprimés d'une manière complète, mais on peut en réduire beaucoup l'importance par des précautions, tant que la pression n'atteint pas la limite à laquelle notre organisation ne peut plus résister.
Dans la première catégorie d'accidents, on peut citer des chutes de fortes pièces, comme un plateau d'écluse à Bordeaux, des explosions, comme à Chalonnes ou en Danemark, des ruptures dans les enveloppes métalliques, des
(a) Annales des Ponts et Chaussées, novembre 1882.
déversements de talus, l'insuffisance du nombre ou des dimensions des écluses, etc.
En ce qyi concerne la seconde catégorie, le premier effet de la compression de Tair est de causer une douleur plus ou moins vive dans les oreilles et quelquefois de produire une surdité ou une névralgie qui persiste pendant plusieurs jours. Il est arrivé trop souvent que des hommes ont été atteints de paralysie complète ou partielle : pour les uns, la mort a été immédiate; d'autres ont succombé à Thospice ou dans leurs familles ; plusieurs sont restés infirmes ou souffrants ; mais le plus grand nombre est arrivé à une guérison complète. Les effets de Tair comprimé sont surtout à redouter pour les tempéraments sanguins, tandis que les tempéraments lymphatiques supportent généralement très bien l'air comprimé. Il convient de prendre autant que possible les ouvriers dans cette dernière condition de tempérament, en exigeant de plus qu'ils soient jeunes et d'une conduite régulière.
Les effets dangereux ne commencent généralement à se produire qu'à des profondeurs de 10 à 15 mètres et ils sont rares jusqu'à la dernière de ces limites. Au delà, les accidents surviennent vite. C'est à la pile de l'Est du pont de Saint-Louis sur le Mississipi qu'ils ont été le plus nombreux ; ils ont commencé à la pression de 1^.80 (en outre de celle atmosphérique) et les plus grandes pressions atteintes ont été celles de 3\3 et 3^.4. Sur un total de 352 ouvriers employés à cette pile, 30 ont été gravement malades et 12 sont morts; mais il est juste de faire remarquer que la plupart de ces hommes n'avaient aucune habitude de cette sorte de travail. Pour les autres fondations, où des précautions sérieuses ont été prises, les accidents ont été beaucoup moins nombreux : on a notanmient eu soin de réduire la durée du travail à mesure que la profondeur augmentait.
Au pont sur le Lûmfjord en Danemark, la pression a atteint de 3\50 à 3^.80 : c'est la plus forte qui ait été jamais supportée par des hommes.
Dans les autres pays et par exemple en France, des accidents, dont quelquesuns suivis de mort, se sont produits. Il serait impossible d'en avoir une statistique exacte, car en général on a soin de renvoyer les ouvriers dans leurs
familles dès qu'ils ont éprouvé des symptômes graves, et c'est au reiste souvent le meilleur moyen d'amener leur guérison.
Les accidents sont maintenant moins fréquents que dans les premiers temps*, parce que Ton prend des précautions plus grandes et que Ton apporte plus de soin dans le choix des ouvriers à employer. Maïs quelquefois encore, indépendamment des causes graves qui entraînent la mort dans un délai plus ou moins court, le séjour dans l'air comprimé donne lieu à une maladie spéciale. Ainsi M. Washington Rœbling, fils de Téminent Ingénieur qui a projeté et commencé la construction du pont de Brooklin, est atteint de cette maladie et a été obligé de renoncer à s'exposer à l'action de l'air comprimé («).
Les principales précautions à prendre sur les chantiers des travaux à Tair comprimé peuvent être résumées ainsi qu'il suit :
1** N'admettre les ouvriers qu'après visite et avec autorisation du médecin ou d'après des certificats constatant qu'ils ont l'habitude de ce genre de travaux ; choisir autant que possible des hommes jeunes, bien portants et d'une conduite régulière.
2"* Faire cesser pour chacun le travail aux premiers symptômes d'accidents.
3^ Fixer, pour la durée de chaque période de travail, 4 heures au maximum, avec interruption de 8 heures; réduire la période de travail à 2 heures, quand la charge d'eau atteint 20 mètres, et al heure quand elle arrive a 25 niètres et au delà.
4" Employer des écluses suffisamment grandes pour que la différence des pressions ne soit pas trop rapide ; en avoir toujours au moins deux et les multiplier dans les caissons de vastes dimensions : placer les principales au niveau de la chambre de travail et en avoir d'autres en haut pour les cas d'accidents:
5" Prendre pour les ouvriers des soins spéciaux ; avoir des locaux sur le chantier pour changement de costumes, donner aux hommes, à la sortie des appareils, des vêtements secs et des boissons chaudes.
O"" Avoir près du chantier une ambulance, avec médicaments toujours prêts
(a) Bulleiin du Ministère des Travaux publics, mai i885.
et une instruction détaillée pour les premiers secours à donner. Exiger une visite quotidienne du raédecin et sa présence continue quand les pressions sont
très fortes.
T Enfin soutenir le moral de l'ouvrier, le rassurer et Fencourager par des récompenses; il faut le convaincre que toutes les dispositions sont prises pour que tous les secours possibles soient donnés en cas de besoin.
Après avoir étudié successivement les divers procédés en usage pour la fondation des ponts, il reste à comparer entre eux ces procédés et à déterminer comment on doit en faire application aux différentes natures de terrain, en tenant compte d'ailleurs de Timportance ainsi que du mode de construction des ouvrages.
Évaluation L'évaluatiou des dépenses constitue un des plus importants éléments de la
du prix de revient.. . ^ r • ± i j» ^j^ x j i
comparaison a faire entre les divers procèdes, et comme, dans les paragraphes précédents, nous nous sommes borné à citer accidentellement quelques chiffres, il faut maintenant examiner, d'une manière plus générale et plus précise, la question des prix de revient.
Pour que ces prix soient comparables, il est nécessaire de les ramener à une même unité. Nous avons déjà fait connaître que la fondation d'une pile des ponts de Nantes était revenue en moyenne à 90,000 francs, tandis que celle d'une pile du pont sur la Meuse, à Rotterdam, avait coûté 364,000 francs ; mais on ne peut rien déduire du simple rapprochement de ces chiffres, car les superficies des massifs de fondation et les profondeurs atteintes ne sont pas les mômes. Or, il est juste de tenir compte de ces deux éléments, et comme d'ailleurs on a constaté que les dépenses leur sont à peu près proportionnelles, lorsque les profondeurs restent comprises dans certaines limites, on adopte
généralement, pour terme de comparaison, le prix du mètre ciibe du massif qui aurait pour base la superficie de la plate-forme et dont la hauteur serait égale à la profondeur de fondation.
Pour la supei*ficiej comme la plupart des fondations sont effectuées avec des parements verticaux, on a pris l'habitude de compter celle du dessus du massif de fondation. Toutefois, lorsque la largeur du massif augmente à partir du sommet, soit parce qu'il présente un fruit, comme dans certaines fondations par caissons, soit parce qu'il offre des retraites successives, ainsi que dans diverses fondations par épuisement, il est juste de considérer de préférence la section horizontale moyenne du massif.
En ce qui concerne la profondeur, elle est généralement comptée à partir de Vétiage ou de la basse mer, afin que le cube total obtenu, en multipliant cette profondeur par la section moyenne du massif, corresponde bien au volume réel de la fondation («).
D'après les bases que nous venons de poser, le prix de l'unité comparative de fondation, pour chaque ouvrage, sera obtenu en divisant la dépense totale par le cube du massif défini ci-dessus, et si l'on fait application de ces règles, pour les fondations à l'air comprimé de quatre grands ponts répondant à des situations bien différentes, on obtient les résultats suivants :
DËSIG>ATIO>'S DIVERSES
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