‹ Cours de construction des pontsChapitre 23 sur 44 · ROTTERDAM · texte numérisé non relu

ROTTERDAM

BROOKLIN

Dépense totale

Section horizontale du massif. . . .

Profondeur de fondation

Cube du massif •

Prix de revient

Ainsi, bien que la dépense totale pour une pile ait été beaucoup plus considé-

' \a) En réalité, la comparaison serait plus exacte en comptant la profondeur de fondation à parlir de la hauteur des ^aux moyennes, car c'ost d'après elle que sont déterminés les batardeaux, les enceintes et toutes les installations en général. Cette base avait été adoptée de préférence dans le mémoire publié aux Annales de 1864 sur les fondations dans les terrains vaseux de Bretagne, et c'est à elle que correspondait la série des prix (Â) de ce mémoire. La série (B), qui y est également donnée, s'applique au contraire, à très peu près, aux dimensions définies ci-dessus et qu'il convient de considérei* de préférence, puisque l'usage les a sanctionnées.

rable à Rotterdam qu'à Nantes, le prix de revient du mèli^e cube se trouve au contraire plus faible. La grande différence que présente l'ensemble des dépenses dans chaque cas tient, d'une part, à ce qu'à Nantes on n'a pas donné à la pile assez d'empattement, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, et, d'autre part surtout, de ce qu'à Rotterdam, où l'on avait avec raison des craintes beaucoup plus grandes sur la résistance du sol de fondation, on a adopté pour chaque pile un empattement très considérable, qui est peut-être même un peu exagéré,

11 ressort de ces considérations que, si pour un ouvrage déterminé on cherche quelles seraient comparativement les dépenses de deux modes de fondation, il faut, non seulement se préoccuper du prix du mètre cube, mais aussi tenir compte de la différence des superficies qu'il est nécessaire d'adopter dans chaque combinaison. Ainsi, par exemple, avec une fondation en béton immergé dans une enceinte, il faut réserver la place d'un batardeau pour la pose des premières assises en élévation et par conséquent la superficie à adopter dans ce cas est nécessairement plus grande que dans un caisson en tôle descendu au moyen de l'air comprimé.

D'après des résultats déduits du traité de M. Morandière, du mémoire précité sur les travaux de Bretagne et de plusieurs autres publications, les prix du mètre cube de fondations, suivant les divers procédés en usage, peuvent être évalués approximativement ainsi que nous allons l'indiquer («).

Prix pour fondations Les foudatious par épuisement sont celles où la dépense est la plus variable

et par suite la plus difficile à apprécier d'avance. Elle provient en effet de plusieurs éléments : enceintes ou batardeaux, épuisements, fouilles et maçonneries ; or, si ces deux derniers éléments varient peu, pour des dimensions déterminées, les deux autres comportent d'énormes différences d'après la nature des terrains. Néanmoins, quelquefois les deux premiers éléments produisent sur le troisième des effets qui se contre-balancent au point de vue de la dépense, car avec des enceintes ou des batardeaux très bien faits et coûtant par suite

(a) Ces prix ne s'appliquent pas aux petits ouvrages dont les fondations sont généralement très faciles et pour lesquels souvent on n'a pas du tout à se préoccuper de Faction des eaux.

assez cher, les épuisements peuvent devenir presque nuls, tandis qu'ils donnent lieu à des dépenses excessives, quand les enceintes ne sont pas solides ou quand les bàtardeaux, faits avec trop d'économie, sont mal installés. Enfin, lorsque le sol au-dessous des bàtardeaux est très perméable et que la masse d'eau est considérable, les épuisements ne peuvent plus être tentés avec des chances réelles de succès. Mais si Ton a soin de n'employer les épuisements que dans les conditions où ce procédé présente des garanties sérieuses de réussite, par exemple pour de faibles profondeurs, dans des terrains de nature ordinaire, ou pour des profondeurs plus grandes, sans être exagérées, quand la perméabilité du sol n'est pas trop forte, ou peut admettre que les prix du mètre cube de fondation seront approximativement les suivants :

Jusqu'à 5 mètres de profondeur 20 à 30 fr. («).

De 5 à 8 mètres (terrain presque imperméable) 30 à 40

— (terrain moyennement perméable mais facile à draguer). 40 à 50

— (terrain moyennement perméable et difficile à draguer). 50 à 60

— (terrain très perméable latéralement mais avec fond

moyennement perméable) 60 à 100

La dépense des fondations avec béton immergé peut au contraire ôlre évaluée vrit pour fondauons d'avance avec une assez grande exactitude- Il y existe peu d'éventualités défavorables, pourvu qu'on ait soin de ne l'appliquer que dans des eaux exemptes de vase, avec de faibles courants et dans des terrains faciles à draguer. Dans ces circonstances et pour les évaluations sommaires on peut admettre les prix ci-après :

Jusqu'à 5 mètres de profondeur 20 à 30 fr.

De 5 à 7 mètres de profondeur 30 à 50

De 7 à 9 mètres de profondeur . 50 à 70

Les prix des fondations sur pilotis, en dehors des eaux courantes, soit après prix pour fondations

. . A f ■*"" pilotis.

compression du sol, soit sans cette compression, peuvent être prévus assez exactement et sont généralement modérés : la compression préalable n'est même pas une cause sensible d'augmentation de dépense, car elle fait sou-

(a) Le prix de 20 francs doit être considéré comme un minimum , car le prix du mèlre cube de maçonnerie descend rarement au-dessous de 15 francs, et il faut en outre tenir compte des bàtardeaux, épuisements, etc.

vent éviter d'avoir recours à d'autres précautions. Quant aux fondations en pleine rivière, la dépense totale, quoique pouvant aussi être appréciée sans grandes chances d'erreur, varie entre des limites très étendues d'après la nature du terrain; c'est en effet d'après celte nature que l'on doit déterminer la longueur des pieux, leur espacement et la profondeur à laquelle le recépage doit être effectué. Toutefois, comme pour une superficie donnée la dépense augmente principalement en raison de la longueur des pieux, le prix du mètre cube de fondation ne s'élève pas autant qu'on serait au premier abord porté à le croire. Ainsi, pour le pont sur le Hollandsch Diep, dont les piles ont été fondées sur des pieux de 18 mètres de longueur, recouverts et reliés entre eux par des massifs de béton de S^.SO de hauteur, le prix du mètre cube de fondation ne paraît pas avoir dépassé 75 francs. Nous pensons donc que les prix du mètre cube de fondations sur pilotis peuvent être évalués de la manière suivante :

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