‹ Cours de construction des pontsChapitre 9 sur 44 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ainsi que Ta fait remarquer avec raison M. Morandière, l'emplacement des ponts se trouve quelquefois imposé par les circonstances, notamment dans une ville, lorsqu'il s'agit d'établir un pont sur le prolongement d'une rue existante, ou bien quand on doit reconstruire un ouvrage détruit par une crue, ou enfin en pleine campagne lorsque le tracé de la route ou du chemin de fer auquel le pont doit donner passage est rendu obligatoire par les dispositions du terrain. Toutefois , dans ces deux derniers cas, la position de l'ouvrage n'est pas toujours commandée d'une manière absolue : ainsi, par exemple, si une route doit traverser une grande rivière RR' (i), à laquelle elle accède par deux vallées secondaires qui se correspondent à peu près, et dans lesquelles existent deux affluents a a' et & 6', la direction générale est bien indiquée, mais il importe néanmoins de choisir le mieux possible la position exacte

du passage du cours d'eau principal. La condition la plus avantageuse en général consiste évidemment à passer en amont des affluents suivant mm' m" ; mais toutefois, si au point m' on devait éprouver pour le grand pont des difficultés sérieuses de fondation qui ne se rencontreraient pas en aval, il ne faudrait pas hésiter à traverser le premier affluent et à venir passer au-dessous de son embouchure, et même de celle du second cours d'eau, suivant le tracé nn'n'\ bien qu'il doive en résulter la construction d'un petit ouvrage en n et une augmentation de débouché pour le grand pont en n'. De même, lorsque l'on est obligé de reconstruire un pont détruit par une crue, il y a presque toujours avantage à placer le nouvel ouvrage un peu en amont, afin de ne pas avoir à fonder à travers les blocs de maçonneries écroulées, et par suite, il convient d'adopter cette disposition, à moins que le maintien de la direction primitive ne soit commandé d'une manière impérieuse.

Mais, dans des conditions plus générales et au moins lorsqu'il s'agit d'une nouvelle voie de communication, l'Ingénieur reste libre de déterminer l'emplacement dans des limites assez étendues, et il doit s'attacher à le choisir dans les conditions les plus favorables pour la solidité, la durée et les facilités de construction de l'ouvrage. Par suite, lorsqu'il y a lieu de franchir une rivière importante, c'est généralement la direction de la nouvelle voie de communication qu'il convient de subordonner à l'emplacement du pont, surtout s'il s'agit d'une route, car pour un chemin de fer le tracé doit satisfaire à des conditions beaucoup plus impérieuses, et il n'est pas toujours possible de le dévier. Dans tous les cas, il importe de rechercher d'abord quel serait l'emplacement le plus favorable pour le pont, et d'étudier les moyens de s'y rattacher, sauf à revenir plus tard à une autre position si les raccordements

devaient présenter trop de difficultés ou exiger trop de dépenses dans la première solution considérée. Ainsi, par exemple , avec la disposition générale indiquée (2), si le tracé établi sur la rive droite en T T doit nécessairement passer sur la

rive gauche avant d'arriver à la ville V qui occupe l'espace compris entre la rivière et le coleau, il existe dans l'intervalle un certain nombre de positions, A, B, C, D, dans lesquelles le passage serait admissible, il importe de les comparer très attentivement afin de s'arrêter seulement à celle qui remplit le mieux les conditions principales auxquelles il faut satisfaire.

Ces conditions, que l'on doit s'attacher à réaliser autant que possible pour conditionsài-echei-chcr

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l'emplacement d'un pont, sont les suivantes :

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