GREFFES PAR APPROCHE
Le caractere essentiel de ces greffes consiste en ce que les parties dont elles sont formées tiennent à leurs pieds enracinés et vivent de leurs propres moyens jusqu'à ce que les greffes soient soudées ensemble: alors la communauté de sève est établie entre les individus.
Leurs rapports. Les greffes de cette section peuventèêtre comparées aux marcottes, qui vivent aux dépens des racines de leurs 7nères, jusqu'à ce qu'en ayant poussé de particulières, elies puissent subsister au moyen de leurs propres organes.
Leurs usages. La nature opère souvent sous
nos yeux des greffes par approche sur diverses
parties des végétaux ; l’art est parvenu à limiter.
On se sert de ce moyen pour transformer des
espèces sauvages inutiles et quelquefois nuisibles
en arbres qui donnent de bons fruits, en espèces rares, utiles ou agréables.
On s’en sert encore pour multiplier de jeunes arbres , et même des individus parvenus au quart, au tiers , à la moitié, et quelquefois à une époque plus avancée de leur croissance, lorsque les circonstances le permettent.
On emploie aussi les greffes de cette section pour donner de la solidité aux clôtures ou haies de défense des biens territoriaux, pour procurer aux arts et à la marine des bois courbes et anguleux d’un grand nombre de formes différentes, pour prolonger l'existence de vieux arbres dont les troncs annoncent une ruine prochaine, etenfin pour produire des effets pittoresques dans les jardins paysagistes. Mais on n’en tire pas tous les avantages qu’on désirerait, parce que souvent les résultats se font long-temps attendre.
Temps propre à leur exécution. Les greffes par approche peuvent s'effectuer sous toutes les zones de la terre et dans toutes les saisons, excepté pendant les temps de gelées et de chaleurs extrèmes;, mais les époques du mouvement de la
sève, soit dans sa descente, soit dans son plein, et surtout lors de son ascension, sont les momens les plus favorables à leur prompte réussite.
Théorie. Elle consiste 1°. à faire aux parties qu'on veut greffer les unes sur les autres, des -plaies correspondantes, bien nettes et proportionnées à leur grosseur, depuis l’épiderme jusqu’à l’aubier, souvent dans l'épaisseur du bois, et quelquefois jusque dans l’étui médullaire, suivant qu'il en est besoin.
2°. À réunir ces plaies de manière qu’elles se recouvrent mutuellement, qu’elles ne laissent entre elles que le moins de vide possible , et surtout que les feuillets du liber de la greffe et du sujet soient joints ensemble exactement dans un très-grand nombre de points.
3°. A fixer les parties ainsi disposées au moyen de ligatures et de tuteurs solides, pour empêcher toute disjonction.
4°. À préserver les plaies de l'accès de l’eau, de l'air et de la lumière, au moyen d’emplâtres
durables (1).
(x) Je dois faire remarquer ici que les ligatures, indispensables pour toutes les greffes, et les emplâtres nécessaires pour beaucoup d’entre elles, ne sont pas toujours les mêmes Dans certains cas, on se borne à ligaturer avec du
5°, A surveiller le grossissement des parties,
pour prévenir toutes nodosités difformes, nui-
sibles à la circulation de la sève, et surtout
pour empêcher que les branches ne soient coupées par les ligatures.
6°. Et enfin, à ne séparer les greffes de leurs pieds naturels que lorsque la soudure ou l'union des parties est complétement effectuée.
Les ustensiles nécessaires pour l'exécution de toutes les greffes de cette section sont un greffoir et une serpette.
Jai donné (PL. 56, fig. 6), un dessin d’un greffoir très-commode dont on se sert au Jardin du Roi : ses deux lames sont d'acier; son manche, strié pour mieux tenir dans la main, est de corne de cerf, et la spatule est d'ivoire.
fil de laine ou des écorces flexibles, taillées en lanières (For. P1. 56, fig. 1); dans d’autres, on recouvre cette ligature d’un mélange de bouse de vache et de terre argileuse (f2. 2) ; quelquefois, pour des arbres précieux, on ajoute encore un linge (fig. 4 ) ou de la mousse ( fig. 5) ; enfinilest des circonstances où , après avoir ligaturé avec un simple fil de laine, on recouvre les parties incisées d’un mélange de brai, de cire et de poix, que l’on fait fondre toutes les fois qu'on veut l’employer. Ce moyen (fig. 5) est préféré pour la plupart des greffes qui s’effectuent au Jardin du Roi, parce qu'il est plus prompt et tout aussi certain que les autres.
J'ai donné, page 519 du tome I°'., la composition de ce dernier amalgame.
Il est très-important que la serpette, le greffoir et tous les ustensiles que l’on emploie pour couper ou inciser les branches soient bien tranchans, et surtout qu’ils n'aient point de marques de rouille; car la rouille, en corrodant les parties incisées, pourrait occasionner des plaies fort nuisibles au succès de l’opération. Un greffoir de platine serait préférable à tous les autres, parce que te métal est le moins susceptible de s’oxider (1).
Division en séries des greffes par approche.
Les greffes par approche présentent cinq séries ou cinq groupes différens, en raison des diverses parties des végétaux avec lesquelles on les effec-
tue; savoir, ri
1°. Série, greffes par approche sur tiges.
. Série, greffes par approche sur branches.
we Série, greffes par approche sur racines.
4°. Série, greffes par approche de fruits.
5°. Série, greffes par approche de feuilles et de fleurs.
PREMIÈRE SÉRIE
Greffes par approche sur tiges.
Elles s'effectuent sur des tiges de différens
. (1) Voyez la première sous-section de la deuxième section du chapitre V, page 565 du premier volume. (O. L.)
DES GREFFES, 365 âges, et même sur des troncs d'arbres de diverses grosseurs.
En les pratiquant, on a pour but de placer des branches où elles sont nécessaires, de changer des sauvageons en arbres à bons fruits, de remplacer des troncs dépérissans, de donner une vigueur extraordinaire à certains individus, de produire des effets pittoresques, ou de fournir des bois courbes pour les arts.
SORTES
I. Greffe (Malesherbes) par approche sur tiges de gourmands, sur l'arbre qui les a produits. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 50.
OpéraTron. Unir, au moyen de deux incisions , l’une concave a, l’autre convexe a', les branches gourmandes 1 et 2 qui s’emparaient d’une trop grande partie de la sève de l'individu A. (PZ 51, fig. A, a.)
Usacss. Pour rétablir l'équilibre de vigueur entre les parties d’un même arbre, en faisant en sorte que celles qui ont la sève par excès la répartissent sur celles qui en sont peu pourvues.
Dénomination. À la mémoire vénérable de Guillaume Lamoignon - de -Malesherbes, dans les jardins duquel cette greffe, dont il est présumé l’inventetr, a été observée en 1766.
Il, Greffe (Forsyth}) par approche sur tiges de rameaux , sur l'arbre qui les a produits. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 501.
Synonymie. G. par approche. Forsyth, Traité de la Culture des arbres fruitiers, Pla ri, fig. 6 , p. 382.
OrÉRATI0N. Faire deux entailles correspondantes, l’une sur le sujet à, l’autre sur le rameau b', et réunir les parties, plaie contre plaie. (PZ. 51, #3. B, b.)
Usaces. Pour remplacer des rameaux et des branches qui manquent à des arbres fruitiers conduits en espaliers, en vases, et surtout en quenouilles. Exemples 1 et 2 (méme figure).
Dénomination. En l’honneur de M. Forsyth, cultivateur estimable de Kensington, près Londres. C’est lui qui a décrit cette greffe et en a donné une bonne figure.
IL. Greffe (Michaux) par approche sur tiges de branches, sur l'arbre qui les a produites. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 901.
OrÉraTion. Tailler en bec de plume allongé lextrémité de longues branches (voy. c’), les courber en portion de cercle , et les introduire dans une double incision en forme de T renversé (j), sur la tige de l’arbre C. (PI. 51, fig. C, c.)
Usaces. Pour produire des effets pittoresques dans les jardins, et fournir des courbes aux arts et à la marine.
DénominaTion. À la mémoire estimable d°’ André Michaux , cultivateur, naturaliste voyageur, qui a pratiqué cette greffe dans les bois de Satory, près Versailles, vers l’année 1780, et qui est mort à Madagascar, en frimaire
an 12, victime de son zèle pour lesdécouvertes scientiliques.
LR
DES GREFFES. ve 367
IV. Greffe (cauchoise) par approche sur tige d'une tête d'arbre, sur un sujet auquel elle manque. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 502.
Syxonymre. G. par approche, 3e. sorte. Duham., Phys. des Arb., t. 2, p. 78, PL. 12, fig. 110, 111 et 112.
Orérarrow. Faire une entaille triangulaire à partir de l’aire de la coupe de la tige d; faire entrer, de la moitié de son épaisseur, dans cette entaille la tige du sujet d, au moyen d’une autre entaille en forme de coin. (PZ. 51,
fig. D, d.)
-Usaces. Pour utiliser, dans une avenue, un quinconce ou un verger, des arbres dont la tige a été rompue, en leur procurant une nouvelle tête, qui remplace, pour le produit , celle qu’ils ont perdue. Exemple 1, #g. D.
DénominaTion. En l’honneur des habiles cultivateurs du bon pays de Caux, dont plusieurs emploient cette greffe pour réparer les dommages que leur font éprouver les vents dans leurs plantations d’arbres à fruits à
cidre.
V. Greffe (Bradley) d’un rameau terminal sur une tige à laquelle on a coupé la téte. Nouv. Cours d’Ag., t. 6, p. 5o2.
Syxonvmis. G. par approche en langue. Forsyth, Traité des Arbres fruitiers, p. 244 et 582, PL. 11, fig. 5, lettre g.
OpPëraTion. Couper la tête d’un jeune sujet e ; former sur l’aire de la coupe une première incision verticale
propre à recevoir l’esquille pratiquée sur le rameau e’;
faire ensuite sur le même sujet e une seconde plaie > qui forme avec la première un angle très-aigu, et qui puisse s'appliquer exactement sur la plaie pratiquée au-dessous de Pesquille du rameau e'. (PZ. 51, fig. e.)
UsaGes. Pour obtenir de la sommité d’une branche ou d’un rameau un arbre plus précieux que celui sur lequel on greffe.
DÉnomiNaATIoN. À la mémoire hdnorable de Richard Bradley, cultivateur anglais, auteur de plusieurs ouvrages utiles sur l’agriculture et le jardinage.
VI. Greffe (Varron) par approche, sur tige, d'un rameau latéral, qui remplace la cime du sujet au moyen d'une fente. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. oz.
SxnoxymrE. G. sucoir. Agricola, Agriculture parfaite, se, partie, p.175 et 192, PL. 7, fig. E.
OPÉRATION. Couper la tête à de jeunes sujets, 1, 2,3, élevés en pots ; former une incision triangulaire sur l’aire de leur coupe f”; entailler le rameau à greffer f en forme de coin, de manière qu’il puisse entrer de la moitié de son épaisseur dans la coupe du sujet. (P/. 51, f9. F, f.)
Usaces. Pour multiplier les arbres toujours verts, tels que Îles houx, phyllirea, cassine et les autres arbres à bois dur, comme les chênes, les hêtres, les charmes, etc.
Dénomination. À la mémoire respectable de Lucius Varron , l’agronome le plus distingué de sen siècle par ses vastes connaissances en économie rurale et par sa philantropie. C’est à lui que Columelle attribueg’invention de cette greffe.
é DES GREFFES. 369
VII. Greffe (Sylvain) par approche, sur tige, avec deux tétes croisées. Nouv. Cours d’Agr.,
Sxnoxymie. G. par approche sur tronc, 11e. sorte. Dict. d’'Hist. nat.,t.2,p. 135, PL. A, 11, fig. A.
OPÉRATION. Courber deux jeunes arbres l’un sur l’autre, faire aux points où ils se croisent deux entailles correspondantes , jusqu’à la profondeur de l’étui médullaire, et unir les parties opérées. (PZ. 51, #g. G.)
Usaces. Propre à fournir aux arts des bois anguleux ; à remplacer les pilastres des portes des biens ruraux, et à produire des effets pittoresques dans les jardins.
DénominaTion. Elle porte le nom du dieu des forêts,
parce que, dans ses domaines, elle se pratique souvent naturellement.
VIII. Greffe (Hymen) par approche, sur tige, avec accolement de deux troncs et de leurs têtes. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. oz.
SYNONYMIE. G. par approche, 1e. sorte. Duham., Phys. des Arb., t. 2, p. 78, PL 12, fig. 108.
OPÉRATION. Rapprocher deux tiges d’arbres 24, les entailler longitudinalement aux points où elles se touchent; couvrir les plaies l’une par l’autre, et ligaturer solidement les parties. (PZ. 51, fig. H,h.)
Usaces. Pour réunir des sexes séparés, fournir des bois courbes aux arts, produire des effets pittoresques dans Les jardins , ou rappeler des souvenirs agréables.
Dénomination. On a donné à cette greffe le nom du 2. 24
dieu du mariage , parce qu’elle peut produire des unions entre des arbres de sexes différéns. 4:
EN #4 di! P
IX. Greffe (Dumoutier ) par approche, sur tige, au moyen de quatre esquilles de bois fixées les unes entre les autres. Nouv. Cours d’Agr.,
Opérarton. Rapprocher les tiges de deux jeunes arbres zi ; leur enlever une pièce d’écorce à hauteur correspondante; former sur l’un et l’autre deux esquilles de bois en sens inverse , faire pénétrer ces esquilles, par le
côté , les unes entre les autres, et ligaturer. (P/. 51,
Usaces. Cette greffe a les mêmes usages que la précédente; elle est plus difficile à effectuer, mais plus solide.
DÉNOMINATION. Ainsi nommée, parce qu’elle a été inventée en 1809 par M. Dumoutier, jardinier attaché, à cette époque , à l'École d'agriculture du Muséum d’His-
toire naturelle.
X. Greffe (Monceau) par approche, sur tige, au moyen de l’amputation de la téte du suget, de sa taille en coin, et de son introduction dans une entaille faite à la tige de l'arbre portant la greffe. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p- 502.
Synonwvuie. G. par approche en forme de. corn. Duham., Phys. des Arbr. ,t.2, p.79, PL. 12, figr 113. Orérarion. Couper la tête du sujet j’, en coin trèsprolongé ; pratiquer une incision oblique sur arbre porte-
té
DES GREFFES. : 7 371 greffe 7 ; y insérer le coin de la tige 7 , et unir les parties opérées. (P/: 51,8. 3,j.) AL 117
'UsAGEs. Pour donner uné'visueur-extraordinaire # un arbre qui se trouve muni; par cette gréffe, de deux Systèmes de racines, et qui n’a qu’une seule tige à nourrir.
Dénomination. À la mémoire/de l’illustre Duhamel
du Monceau , dans le domaine duquel cette greffe, dont
il est présumé l'inventeur, à êté exécutée vers l'année ,
XI: Greffe (Noël) par approche, sur tige, au moyen dé l'ainputation de la tête de plusieurs sujets , de leur taille en coin, et de leur introduction dans les entailles faites aux arbres placés les uns au-dessus des, autres. Nouv.
Cours d'Agr., t. 6, p.502.
OPÉRATION. Planter, une année d'avance , trois ou un
plus grand nombre de variétés d'arbres de même espèce
et de hauteurs différentes ; les greffer au-dessus les uns
des autres par le procédé de la greffe Monceau, dont celle-ci n ’est qu ’une variété qui peut devenir ntile.
CPL. 52 , fig. K.)
UsAGEs. Poe donner une vigueur habit “scie aux
arbres, modifier la saveur et la grosseur de leurs fr ruits ; J
“fournir (pèut: :êtré) dé nouvelles races. si»
DéxoMrNArtoN naginéé, èn 1807, pat M. Noël, jar-
dinier, attaché, alors à la pépinière d'arbres étrangers du Muséum d'Histoire naturelle.
XII. Greffe (Vrigny) par approche, sur tige, au moyen de l'amputation de la téte du sujet, de sa taille en bec de plume, et de son application sur l'aubier de l'arbre portant la greffe. Nouv: Cours Fe” PROS SON
Mie | A G. par Revel en bec de plume, à une seule tête. Duham., Phys. des Arbres, t. 2, p. 78, PL 12, fig. 109.
OPÉRATION. Couper la tête d’un sujet /', planté année précédente au pied d’un arbre; former-une incision en biseau très-prolongé à la partie supérieure de laquelle il ne se trouve que de l’écorce.
Cette iucision devra correspondre à celle que l’on voit pratiquée sur la tige Z. (P£ 52, fig. L, 1.)
Usaces. Pour donner une vigüeur extraordinäire à un arbre, et fournir par la suite des bois anguleux propres à la marine.
DénominarTion. Du nom d’un domaine dans lequel le
respec table Duhamel exécuta cette greffe vers l’année 1756.
XUIL Greffe (Duhamel) par approche, sur tige, au moyen de l’amputation de la tête des sujets, de leur taille en tenons, et de leur GPRUCAIRN dans des mortaises pratiquées sur l'arbre à
greffer. Nouveau Cours d’Agr., t. 6, p. 502.
Synonwvmie. G. en étai. Séances des Ecoles normales, t. 9, p. 269, éd. 1801.
OpÉrATIoN. Tailler en forme de tenon m‘ la tête de
sujets plantés au pied d’un arbre depuis l'année précé-
LE
DES GREFFES. 373 dente, et les courber à l’angle de trente-cinq à quarante degrés.
Faire des entailles en forme de mortaises dans l’arbre du milieu, y introduire la tête des sujets, et les y fixer solidement. ( PZ. 52, fix. M, m.)
Usaces. Pour reprendre en sous-œuvre la tigé d’un arbre vicié ; faire vivre plus long-temps un individu auquel sont attachés de grands souvenirs; établir des limites de territoire, et procurer une croissance extraordinaire.
DéxomrnarTion. À la mémoire vénérable de Duhamel du Monceau, auteur d’un grand nombre d'ouvrages utiles
aux progrès des sciences , et surtout à l’économie rurale.
XIV. Greffe (Denainvilliers) par approche , sur tige, au moyen de l’amputation de la tête des sujets , de leur taille en biseau long, et de leur introduction entre l’aubier et l’écorce de l'arbre à greffer. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 502.
Opération. Elle est la même que pour la greffe Michaux. { Voy. PL. 51, fig. C.)
Usaces. Elle a le même usage que la précédente, comme on peut le voir #g. N, PZ. 52. Le n°. 1 indique le lieu où l’on avait greffé deux sujets sur la tige, que l’on a coupée depuis, et qui avait procuré les deux branches 22. Celles-ci ne tirent maintenant leur nourriture que des racines de l’arbre N.
DénominATtoN. À la mémoire respectable de Duhamel- Denainvilliers, coopérateur de son illustre frère Duhamel du Monceau dans ses nombreuses et utiles expériences
agricoles.
XV. Greffe (Fougeroux ) par approche, sur tige, au moyen de la réunion de plusieurs sujets qu'on accole, en leur conservant la téte, à un arbre placé au milieu d'eux. Nouv. Cours d’Agr.,t. 6, p. bo2.
SynonNvmiE. G. en étai, 3°. var. vulgair. au Muséum d'Histoire naturelle.
OrÉraTioN. Courber de jeunes sujets , bien repris, sur un arbre placé au milieu d’eux; entailler leurs tiges depuis l’épiderme jusqu’à l’aubier, dans la longueur de trois à six centimètres (un à deux pouces environ ).
Faire à l’arbre du milieu des entailles correspondantes à celles des sujets, et les couvrir les unes par les autres. (PI. Ba, fig. O.)
Couper la tête des sujets lorsque la soudure des tiges est eflectuée.
Usaces, Cette greffe est moins bonne que les trois précédentes. Elle est employée aux mêmes usages.
DénominarTron. À la mémoire estimable de Fougeroux de Bondaroy, digne neveu des Duhamel, dont il suivait les traces dans ses travaux relatifs à l’économie
rurale.
XVI. Greffe (Muséum ) par approche , sur tige, en coupant en deux parties égales les gemma terminaux, avec une portion de leur bourgeon, et les réunissant pour n’en former qu’un seul appartenant à deux arbres. Nouv. Cours d'Agr., BU p: 502.
Synonymie. G. du Muséum. Annales du Mus., t. 12,
p. 430, PL. 36.
DES GREFFES. | 0 OPÉRATION. Couper les gemma terminaux de deux jeunes arbres p, p' en deux parties égales ; rapprocher exactement les plaies, de manière que les deux demigemma n’en forment qu’un. | Usaces. En faisant cette greffe , on voulait savoir si les deux demi-gemma se réuniraient et ne donneraient naissance qu’à un seul bourgeon : ils se sont très-bien soudés : mais toujours chacun d’eux a produit une tige. (PI. 52. fig: P3p-) Dénominarion. Du nom du lieu dans lequel cette
greffe a été exécutée pour la première fois , en juin 1805.
XVIL Greffe (en losanges sur tiges) par approche de tiges disposées en losanges, et unies à leurs points de section.
OpÉrRaATION. Planter à des distances égales les uns des autres de jeunes individus ; les incliner en sens contraire, et les unir à tous les points de contact par le procédé de la greffe Forsyth.
Usaces. Propre à former des claires-voies , des haies solides, des berceaux, etc. (P/ 52, f2. R.)
Déxominarion. Nom donné à, cette greffe en raison de
la disposition des tiges greffées.
XVIIL. Greffe (en arc ) par approche, sur tige, en faisant décrire une portion de cercle aux individus , et les unissant ensemble. Nouv.Cours
d’Agr., t. 6, p. 502.
SYNONYMIE. G. par approche en arc. Ann. du Mus.,
Fig. À , G. en arc simple. Ibidem.
B, G. en arc, avec agrafe. Ybid.
C, G. en arc, avec fentes. Xbid,
OPÉRATION. Première manière. Courber en demi-cercle deux jeunes sujets lun sur l’autre, et les unir au moyen d’entailles. (sb, SB. PZ 53, fig. S, s.)
Deuxième manière. La première année, tailler l’une des tiges s a’ en coin prolongé, et faire à l’autre tige sa une entaille triangulaire qui reçoive le coin sa’. La seconde année, lorsque les bourgeons 1 1 auront poussé, les unir comme on le voit en sa'". ( Voy. SA.)
La figure S représente une troisième manière d’opérer la greffe en arc.
Usaces. Propre à fournir des bois courbes aux arts et à la marine, et à produire des effets pittoresques dans les jardins.
DénominaArron. Ce nom ui a été donné au Muséum d'Histoire naturelle, où l’on a pratiqué cette greffe pour
la première fois en 1805.
XIX. Grefle {en berceau) par approche, sur tiges et sur branches, en faisant décrire une portion de cercle aux premières, et disposant les secondes en losanges. Nouv. Cours d’Agr.,
OPÉRATION. Planter , sur deux lignes parallèles, de jeunes sujets de même espèce, ou d’espèces du même genre , et les maintenir par un berceau.
Greffer les sommets des tiges à mesure qu’elles se croisent, par le procédé de la greffe en arc.
Les branches latérales , disposées à l’angle de 45 degrés
DES GRFFFES. 377 environ, se greffent à tous les points de section par le procédé de la grefte Sylvain. ( PL. 53, fig. T.)
UsAces. Pour mettre en communauté de sève tous les arbres qui composent une tonnelle , de manière que les individus vivans nourrissent ceux dont les racines viennent à mourir ( voy. t, fig. T ), et pour avoir toujours, par ce moyen , des berceaux bien garnis de verdure, et par la suite des bois courbes d’une grande valeur.
Dévominarion. Ainsi nommée dans les jardins du Muséum, où elle a été effectuée pour la première fois, en
XX. Greffe (par compression) par approche , sur tiges, au moyen de leur simple compression.
Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 502.
Syxonymie. G. pour avoir fruits meslingers. Olivier de Serres, T'héät. d Agr., t. 2, p. 370, col. 2, alinéa premier.
. OPÉRATION. Planter dans la même fosse, et à quelques centimètres les uns des autres, des sujets d'espèces différentes et de même hauteur.
Lorsqu'ils sont bien repris, les réunir ensemble au moyen de ligatures d’écorce fraiche de tilleul , et déterminer, par ce moyen, la soudure de leurs tiges. ( PZ. 53,
Ag. U.)
Usaces. Ces tiges, conservant leurs racines et leurs têtes particulières, donneront chacune leurs fruits; ce qui ne peut manquer de produire des effets très-agréables dans les jardins. |
Mais on ne peut croire que de cet agrégat il sorte des fruits qui participent des qualités de tous les arbres qui
le composent, comme le pensaient les anciens cultivateurs; jusqu’à présent l’expérience a démontré le contraire.
Dénomination. Nom adopté au Muséum d'Histoire
naturelle.
XXI. Greffe ( Diane) par approche, sur tiges contournées les unes autour ou à côté des autres, en spirale, dans la hauteur du tronc. Nouv. Cours d'Agr., t. 6, p. 505.
SYNonNymiE. G. en spirale. Muséum d'Histoire naturelle. *
OPÉRATION. Réunir dans la même fosse de jeunes sujets d’espèces différentes, de même âge, de même hauteur et de même croissance.
Lorsqu'ils sont bien repris, contourner leurs tiges à côté lés unes des autres, suivant la marche du soleil et dans la hauteur de 2m,599 (huit pieds).
Usaces. Pour obtenir des tiges imitant des colonnes torses, des cimes de feuillages variés , des fleurs de couleurs différentes, et des fruits de formes et de qualités diverses, et enfin pour fournir par la suite des boïs tortillards d’une grande résistance. (P2. 53, fig. V.)
Dénomination Du nom de la déesse des forêts, dans les domaines de laquelle cette greffe se rencontre quel-
quefois.
XXIL Greffe (Magon) par approche de tiges composant un seul tronc, au moyen d'écorcemens latéraux et correspondans sur les individus. Nouv. Cours d’'Agr., t. 6, p. 503.
OPÉRATION, Planter dans la même fosse plusieurs jeunes
r DE.
DES GREFFES. 379 arbres de même force , de même genre et de même croissance.
Les écorcer en regard les uns des autres, dans toute la longueur de leurs tiges ; les rapprocher ensuite de manière que leurs plaies se recouvrent Les unes les autres, et enfin les ligaturer avec de larges lanières d’écorce fraiche. (P1. 55, fig. X.)
Usaces. Pour faire produire un plus grand nombre de fruits , donner aux arbres une plus grande dimension , et les faire vivre plus long-temps. Les fameux châtaigniers du mont Etna, les gros et antiques oliviers d’Espagne sont ainsi greffés.
Dénomination. À la mémoire de Magon, lun des plus savans agronomes des Carthaginoïs, qui pratiquaient cette greffe , et dont les descendans l’ont introduite en
Espagne.
XXIIL Greffe (chinoise) par approche de tiges fendues longitudinalement en plusieurs parties, et réunies à des parties semblables d'autres sujels, pour ne composer qu'un seul tronc.
Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 503.
Syxonvmie. G. pour obtenir des ceps qui portent des grappes de raisin, les unes noires , les autres blanches. Palladius,.
G. pour diversifier les raisins en couleur. Oliv. de Serres. Théät. d’Agr.,t. 1, p. 258 , col. 2, alinéa premier.
Var. A. G. par approche sur branches, 5e. sorte, ou par réunion de parties de tiges. Dict. d’Hisi. nat.,t.2, p- 139.
Orératiox, Fendre dans leur longueur, et au tiers de
leur diamètre, deux ceps de vignes à fruits de couleurs différentes, et les unir plaie contre plaie.
Fendre par quartiers égaux de jeunes individus d’espèces différentes, et unir les quartiers des diverses espèces pour en composer des individus parfaits. (P/, 53, io. Y.)
UsaGes. Par la première opération, on obtient desceps de vigne qui produisent des raisins de différentes couleurs.
Par la seconde, on fait, dit-on, produire aux individus composés de quartiers de diverses espèces des fruits de formes bizarres et de saveur particulière. Cette assertion n’est pas prouvée , etsemble en opposition avec les lois de la nature.
Déxominarion. Du nom du peuple chez lequel on as-
sure que cette greffe est pratiquée de temps immémorial.
XXIV. Greffe (Banks) par approche, sur tiges, d'individus conservant leurs tétes, réunis par les côtés sur une ligne droite.
‘OPÉRATION. 1re, année. Planter dans la même fosse quatre, cinq, ou un plus grand nombre de jeunes arbres, les écorcer en regard les uns des autres , et les unir solidement au moyen de traverses ; couvrir les parties opérées d’un mélange de terre forte et de bouse de vache délayées en consistance de bouillie claire.
2e, année. Répéter, pour les tiges qui se sont prolongées , la même opération que l’année précédente. (PL. 55, fig. 2.)
Usaces. Pourobtenir par la suite de très-larges planches et des madriers qui seraient d’un fort grand prix.
DÉNOMINATION. A la mémoire de sir Joseph Banks, voyageur célèbre, et naturaliste aussi distingué par ses
connaissances que par son amour pour les sciences.
Le À
XXV. Greffe (Daubenton) par approche de plusieurs tiges unies latéralement sur une ligne droite.
OPÉRATION. 1e, année. Planter dans la même fosse trois jeunes individus, les écorcer en regard les uns des autres , et les unir à diverses hauteurs par le moyen de la greffe Monceau. ( PL. 53, fig. O.)
2e. année. Planter près des trois individus de l’année précédente deux autres jeunes arbres, et les joindre aux sujets déjà greffés par la même opération.
UsacGes. Les mêmes que ceux de la greffe Banks.
DÉénomiNATIoN. À la mémoire de M. Daubenton, l’un des professeurs du Muséum à la fin du siècle dernier.
XXVI. Greffe (Virgile) par approche d’une tige passée à travers un tronc perforé dans le milieu de son diamètre. Nouv. Cours d’Agr., t. 6,
Svxonxmie. G. de la vigne en perforant la tige d’un sujet. Col., des Choses rustiques ; iv. 4, p. 221 , lig. 24.
G. de la vigne sur le noyer. Et. Chevalier, Bibl. des Propriétaires ruraux , t. 9, p.111.
OPÉRATION. Perforer un tronc de vigne ou d’un arbre disgénère ; le faire traverser par un jeune sarment ou une branche ; rogner le rameau à deux yeux au-dessus du point où il sort du sujet, et luter les deux orifices du trou. (P2.:53 , fig. P.)
Usaces: La plupart des auteurs de l’antiquité prétendaient qu’une vigne ainsi greffée sur noyer( fig. P, PL. 53)
donnait des raisins de la grosseur d’une prune, mais dont le goût était celui du brou de noix : les expériences répétées jusqu’à ce jour au Muséum ne nous ont donné aucun de ces résultats. Le sarment ne s'unit point au noyer : il végète au moyen de ses propres racines; les raisins qu’il donne conservent leur saveur , et lorsqu'il devient trop gros, il est pour ainsi dire étranglé dans le trou qu’il traverse.
La figure p représente une manière plus compliquée d’opérer la même greffe. On voit que le sarment, à l’endroit où il s’unit au noyer, ést partagé én deux parties , dont l’une traverse le tronc, et dont l’autre se relève pour être greffée sous Pécorce de l’arbre. Ce moyen avait paru propre à augmenter les chances de réussite ; mais il n’a pas donné de résultats plus satisfaisans que le premier.
DévnominATION. Du nom du poëte latin auquel on doii la description PRE de cette Lee singulière et an-
tique.
DEUXIÈME SÉRIE
Greffes par approche sur branches.
Caractères distinctifs. Les greffes de cette série se distinguent de celles de la précédente en ce que les individus greffés s'unissent bar léurs branches latérales et leurs rameaux,ou du moins par les branches latérales et les rameaux de l’un sur la tige de l’autre ; au lieu que, dans la première série, ce sont toujours les tiges principales ou les troncs des arbres qui sont greffés ensemble.
Elles s’exécutent, pour la plupart, de la même manière que celles de la première série , et exis gent les mêmes soins et les mêmes appareils.
Ces greffes, plus particulièrement propres à transformer de jeunes sujets sauvageons en espèces plus recherchées, fournissent aussi des moyens de multiplication plus abondans que les précédentes.
Elles sont en usage dans les pépinières et dans plusieurs sortes de jardins de l’Europe.
SORTES
L. Greffe (Cabanis) par approche , sur branches, au moyen d’entailles correspondantes, faites Jusqu'à la moitié de l'épaisseur des parties.
Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 5o3.
SYNONYMIE. G. par embrassement. Agricola, {grio. parf., part. 1re., p. 177, alinéa premier, P1. 7, fe. H.
G. par approche sur branches , première manière. Cab.., Principes de la greffe , édit. 1603, p. 46. (Exclure la figure qui représente la greffe kymen.)
OPÉRATION. Rapprocher deux branches, l’une d’un sauvageon et l’autre d’un arbre cultivé. }
Les inciser au point où elles.se croisent , jusqu’à l’étui médullaire, et les unir ensemble. (PZ. 54, f:9. A.)
Usaces. Pour multiplier des arbres qui se propagent difficilement au moyen des greffes en fente et en écusson, principalement ceux qui n’ont point de gemma
écailleux.
DénominATIoN. À la mémoire estimable de Cabanis, auteur de l’Essai sur les principes de la greffe, ouvrage intéressant par la bonne théorie et la saine pratique qui
y sont enseignées.
IL. Greffe ( Agricola) par approche de branches accolées ensemble au moyen de plaies longitudinales. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 5oë.
Sxnonymie. G. ablactatio. Pline.
G. caressante. Agricola , Agric.parf., part. 1re. p. 176, alinéa premier et p. 198 , PL. 7, fig. G.
OPÉRATION. Rapprocher deux branches d’arbres différens ;
Faire sur chacune d’elles une plaie longitudinale , jusqu'à l’étui médullaire, et couvrir ces plaies l’une par l’autre. (PI. 54, fig. B.)
Usaces. Même usage que la précédente.
DÉNOMINATION. À la mémoire de George - André Agricola, médecin, cultivateur à Ratisbonne , au commencement du siècle dernier. Il est l’auteur de l”Ægriculture parfaite, ouvrage dans lequel, parmi une grande quantité d’idées absurdes, on rencontre parfois des observations utiles.
TITI. Greffe (Aïton) par approche, sur branches, pour les arbres résineux et ceux qui sont tou- Jours verts. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 503.
Sxnoxxmie. G. par approche en langue, Forsyth, raté
des Arbres fruitiers , p. 244, alinéa 3, PL 11, fig. 5, lettre P.
OrÉraATIoN. Elever en pots de jeunes sujets d’arbres résineux Ou toujours verts; les rapprocher des branches d’arbres dont on veut former des pieds.
Faire aux sujets et aux branches des plaies longitudinales jusqu’à l’aubier ; former, si l’on veut, une agrafe (Foy. c' c”, PI. 54) au milieu de chaque plaie , et liga -
turer les parties. ( Woy. fig. C.)
Usaces. Recommandable pour la multiplication desespèces rares d'arbres résineux et de ceux qui sont toujours verts, et pour propager (momentanément ) des arbres à feuilles permanentes sur ceux qui les perdentchaque année.
DénomixaTion. Le nom de l’auteur de cette greffe, d’origine anglaise, n’étant pas connu , on lui a donné celui de Williams Aïton, son compatriote et son contemporain , directeur des beaux jardins de Kew à la fin
du siècle dernier, et auteur de l’Æortus Kkewensis.
IV. Greffe (Rozier) par approche, sur deux branches-mères, dont les bourgeons sont disposés en losange, et greffés à tous les points de section. Nouv. Cours d'Agr., t. 6, p. 503.
Syxonymie. G. par approche compliquée, 3e. méthode. Rozier, Cours d'Agr., t. 5, p. 346, col. 1re., alinéa 3, PL, 15 bis, fi9.,4, 5 et6, et p. 405 du même vol.
OPÉRATION. Planter en ligne des sujets” greffés su v franc ; établir deux mères-branches opposées ét‘horizontales; laisser croître des bourgeons à leur partie supérieure, et les greffer en losange à mesure qu’ils grandissent , suivant le procédé de la G. Cabanis. (PZ. 54, fa. D.)
Usaces. Très-utile pour établir des haïes fruitières dans le genre du pommier surtout, à la campagne et
dans les jardins, Elles sont solides, défensives , et Tapportent de beaux fruits en abondance.
DénomiNATIoON. À la mémoire honorable du savant et infortuné Rozier , auteur de la première édition du Cours complet d'Agriculture, ouvrage dans lequel on a cherché à soustraire notre agriculture au joug de la routine,
sous lequel elle était asservie.
V. Greffe (en losange) par approche, de branches disposées en losange, et unies à leurs points de section. Nouv. Cours d’Agr., t. 6,
Synonyme. CG. par approche sur branches, 2e. sorte, ou G. en losange. Écol. Norm., t. 9» P- 272.
OPÉRATION. Planter de jeunes sujets à quelques centimètres les uns des autres ; les rabattre à quatre centimètres au-dessus de la terre; ménager deux bourgeons opposés parmi ceux qui pousseront , et les greffer , à mesure qu’ils grandiront, à leurs’ points de section, par Le procédé de la greffe Sylvain.
Usaces. Propre à former d’excellentes haies de défense, à la campagne , des palissades dans les jardins , et des divisions dans les vergers.
Dénomination. Nom pris de la figure qu’on fait décrire aux branches de ces arbres, et qu’elles conservent
toute leur vie.
DES GAEFFES. 387
VI. Greffe (égyptienne) par approche, de branches de plusieurs arbres sur la tige d'un autre individu placé au milieu d'eux. Nouv. Cours
d’Agr., t. 6, p. 503.
SyNONxM1E. G. par rapprochement. Caylus, Histoire du Rapprochement des végétaux , p. 32 et suiv.
OPÉRATION. Planter à un mètre de distance d’un arbre fruitier deux jeunes sujets du même genre; greffer par approche, sur la tige de l’arbre du milieu, plusieurs branches de cl acun des sujets, et laisser croître les autres naturellement.
Usaces. Pour opérer (disait-on ) un changement dans la grosseur , la couleur et la saveur des fruits, en même temps que dans la densité des bois. L’expérience n’a démontré aucun de ces faits.
Dans l’exemple E , PZ. 54, on a séparé du sol l’arbre du milieu, de manière qu’il n’existe plus maintenant qu'aux dépens de la sève qu’il reçoit de ses voisins, et cependant les fruits qu’il produit n’ont pas changé sensiblement de saveur depuis cette opération.
Déxominarion. Cette greffe est (à ce qu’on dit ) d'in-
vention égyptienne : de là lui vient le nom qu’elle porte.
VIL Greffe (Buffon } par approche, de branches arguées d’un arbre, incrustées sur des tiges de sujets disposés à sa circonférence. Nouv.
Cours d’Agr., t. 6, p. 03.
Svxonymte. G. Buffon. Annales du Mus., t. 13, p. 138, PJ, 13.
OPÉRATION. Placer aux quatre coins d’un gros arbre fruitier, dont plusieurs branches sont arquées, quatre sauvageons forts et vigoureux.
Greffer par incrustation , sur chacun d’eux et à différentes places, l’extrémité des branches arquées du gros arbre du milieu. ( Woy. fig. F, PL. 54.)
Les lignes ponctuées qu’on remarque dans la figure indiquent que l’on peut aussi greffer les branches de l’arbre du milieu entre elles.
Usaces. Pour se procurer une plus grande abondance de plus beaux et de meilleurs fruits, et pour remplacer les étais de bois mort dont on se sert dans les vergers agrestes pour soutenir les branches en danger de se rompre sous la charge des fruits.
DénominATIoN. À la mémoire de Buffon, dont les travaux immortels ont inspiré l’amour de l’histoire naturelle en général et celui de la culture des forêts en par-
ticulier.
VIIL Greffe (Caton) par approche, de bourgeons tordus et comprimés pendant leur croissance.
Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 503.
Synonymie. G. pour diversifier les raisins en couleur, 3e, moyen. Oliv. de Serres, Thédtred’Agr., t. 1er, p. 250. col. ire.
OPÉRATION. Planter dans une même fosse plusieurs et jusqu’à cinq crossettes enracinées de diverses variétés de vignes.
Laisser croître le plus fort bourgeon de chaque pied ; tordre légèrement ces bourgeons et les ligaturer, pour
qu’en se greffant ensemble ils ne forment qu’une seule tige. (PL 54, fig. G.)
Usaces. Pour obtenir (disait-on) des grappes de raisin dont les grains soient panachés de diverses couleurs , et aient la saveur mélangée de toutes Les variétés composant l'agrégation.
Chacune de ces variétés a produit des raisins semblables à ceux qu’elles donnaient avant l'opération.
DÉNOMINATION. À défaut du nom de l'inventeur de cette greffe, qui est un ancien Romain, on lui a donné celui de son compatriote Marcus Porcius Caton , le censeur, auteur d’un livre très-estimable sur l’économie rurale et domestique. Pline fait de lui le plus bel éloge, en disant qu’il fut le meilleur citoyen de son siècle.
TROISIÈME SÉRIE
Greffes par approche au moyen de l'eau.
Elles ne se distinguent des précédentes que parce que la greffe, au lieu de tenir à son pied, en est séparée et plonge dans l'eau. La maniere d'opérer l’union des parties est en tout la même.
Enumérer les diverses sortes que comprend cette nouvelle série, ce serait rappeler presque toutes les greffes par approche que nous venons de faire connaitre.
Greffe (Kew) par approche, sur tiges ou sur branches, d'un rameau en sève, séparé de’
l'individu qui l'a produit.
OrÉRATION. Unir par l’un des procédés indiqués dans
les deux séries précédentes le rameau au sujet, de manière que le premier conserve inférieurement une tige assez longue pour plorger dans un vase plein d’eau (PZ. 54, fig. J ); placer letout sous une cloche , à une exposition chaude et humide.
Usaces. Propre à des arbres de la zone torride en végétation ; dont la pousse tendre ne pourrait se maïnteuir sans recevoir de l’eau du vase dans lequel elle plonge une nourriture propre à remplacer momentanément celle qu’elle tirait précédemment de la branche qui la portait.
DénominaTioN. Pratiquée , dit-on , dans les jardins du roi d'Angleterre , à Kew, près Londres (1).
QUATRIÈME SÉRIE
Greffes par approche sur racines.
Caractères distinctifs. Elles s'effectuent par approche avec les parties descendantes des végétaux , et sous terre.
Le but d'utilité de cette série de greffes est de rétablir en santé des arbres malades d’épuisement, ou de les obliger de croître plus vigoureusement qu'il n’est dans leur habitude ; d’éclaircir quelques points de physique végétale encore obscurs pour beaucoup de cultivateurs.
(x) Cette greffe , connue depuis peu d’années, a été pratiquée de diverses mauières au Jardin du Roi. Elle réussit en plein air comme sous cloche, pour des bois durs comme pour des bois tendres, et pour des plantes herbacées comme pour des végétaux ligneux.
DES GREÉEFFES. 391 Elles sont inconnues dans la pratique ordinaire.
SORTES
I. Greffe (Malpighi) par approche, de racinés tenant aux souches de deux arbres voisins.
Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 503.
SyNonyMiE. G. de racines entre elles. Duham., Phys. des Arbr.,t.2 , p. 85, lig. 4.
G. de racines sur une autre. Cab., Ess. sur la Greffe, p.52 , alinéa 3. |
OPÉRATION. Découvrir des racinés du sécond ordre d’arbres voisins; les opérer suivant les procédés des greffes Hymen et Sylvain ; les remettre à leur place et les couvrir de terre. ( PI. 54, fig. H.)
Usaces. Pour mettre en communauté de sève les racines de plusieurs arbres.
DéxominarTion. À la mémoire du savant Malpighi, physicien du 16e. siècle, qui a posé les premières bases de l’anatomie végétale.
IT. Greffe (Lemonnier) par approche, de souches de racines entre elles, en ne réservant qu'une seule tige. Nouv. Cours d’Agr., t. 6,
OPÉRATION. Planter au pied d’un arbre malade deux souches de racines d’espèces congénères ; greffer, par incrustation sur l’aire de leur coune, l'extrémité de deux racines de lindividu malade, qui conserve toutes ses par-
ties ascendantes. { Foy. 1 et2, PL 54, fig. 1.)
Usaces, Pour rétablir un arbre Janguissant et augmenter sa fructification.
Dénominaïrron. À la mémoire honorable de Guillaume Lemonnier, médecin , cultivateur, et professeur de botanique au Muséum à la fin du 16e. siècle. Il s’est occupé avec succès de la naturalisation de beaucoup de végé-
taux étrangers. CINQUIÈME SÉRIE.
Greffes par approche sur fruits.
Caractères. On les pratique sur les fruits ou sur les embryons.
But d'utilité. Elles s'effectuent accidentellement dans la nature, et produisent des monstruosités remarquables, dont on est parvenu à fixer plusieurs au moyen de la greffe.
Elles ne sont point employées dans la pratique habituelle; mais elles peuvent être utiles aux progrès de la physique végétale.
SORTES
I. Greffe (Pomone) par approche, de fruits s'unissant, dès leur naissance , dans les boutons qui les renferment. Nouv. Cours d’Agr., t. 6,
Synonyme. G. de fruits dans leurs boutons. Duham. , Phys. des Arbr., 1.2, p. 84, alinéa 2.
Opréraxion. Comprimer dès leur naissance des em-
Là
DES GRÉFFES. 303 bryons de fruits, pour qu’en grossissant ils se soudent ensemble.
Usaces. Propre à procurer des monstruosités remarquables.
Dénomination. Nom de la déesse des fruits , dans l'empire de laquelle s’opère naturellement cette greffe. (Woy. fig. À, A’, PL 55, exemple de deux amandes
greffées naturellement. )
Il. Greffe (Leberriays) par approche, de fruits d'un arbre sur le rameau d’un autre arbre.
Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 503.
SxnonymiE. G. d’un citron sur un oranger. Duham., Phys. des Arbr.,t. 2, p. 97, alinéa 7.
OPÉRATION. Greffer un jeune fruit tenant à sa branche sur le rameau d’une espèce congénère , par le procédé de la greffe Hymen ou Sylvain. (Voy. fig. B, PL. 55, pomme greffée sur le poirier.)
Üsaces. Cetie sorte de greffe est curieuse , et utile aux progrès de la physique végétale.
DÉnominarTion. À la mémoire estimable de Leberriays, auteur du nouveau La Quintinie, et collaborateur de Duhamel du Monceau, dans son Traité des arbres
fruitiers.
SIXIÈME SÉRIE
Greffes par approche de feuilles et de fleurs. Caractère. Greffes pratiquées avec des feuilles
et des fleurs entre elles, ou sur d’autres parties de végétaux.
But d'utilité. Elles ne sont point en usage dans la pratique habituelle; mais on peut les employer, comme expériences utiles, à des démonstrations de physique végétale.
SORTE
1. Greffe (Adanson) par approche, de feuilles et de fleurs s'unissant ensemble, dans leur jeunesse, à d’autres parties de végétaux. Nouv.
Cours d’Agr., t. 6, p. 503. ;
SYNonNyM1E. G. par approche de feuilles. Adanson, Fam. des Plantes , p. 69.
OPÉRATION. Unir , par des incisions longitudinales, de jeunes feuilles ou de jeunes fleurs d’espèces ou de variétés différentes. ( Voy. fig. C, C', PL. 55.)
Usaces. Greffe curieuse, et utile à l’étude de La physique végétale.
Déxouinarion. À la mémoire honorable d’Adanson, physicien , botaniste et cultivateur très-distingué, qui le premier a indiqué cette sorte de greffe.
Le
DEUXIÈME SECTION