‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 113 sur 135 · GREFFES PAR SCIONS ( SURCULI · texte numérisé non relu

GREFFES PAR SCIONS ( SURCULI

Caractère distincuf. Ces greffes s'effectuent avec de jeune pousses ligneuses , telles que bourgeons, ramilles, rameaux, petites branches et racines, qu'on sépare de leur individu pour les

DES GREFFES. 399 placer sur un autre, afin qu'elles vivent et croissent à ses dépens.

Rapports. Les boutures, séparées de leurs pieds , sont mises en terre , soit pour y pousser des racines , soit pour y produire des bourgeons et devenir des plantes complétes. Les greffes par scions sont, pour ainsi dire, plantées sur des végétaux, pour y commencer une nouvelle existence. Toute la différence , c’est que les boutures végetent par leurs propres moyens, tandis que les greffes tirent une grande partie (1) de leur nourriture des racines du sujet. C'est que les boutures sont des êtres homogènes ;'et les greffes des individus hétérogènes.

Cette section renferme Ce qu'on nomme communément les greffes en fente, de côté, par juxta-position et en bouts de branches. Elles sont réunies dans la même section, parce qu'elles n'offrent pas de caractères assez tranchés pour ètre séparées autrement que par séries.

La théorie de ces greffes consiste à couper les scions plusieurs jours d'avance , afin qu’ils soient moins en sève que les sujets sur lesquels ils doi-

(1) Une grande partie... Les arbres ne viveñt pas seulement des sucs puisés dans le sol par les racines ; les feuilles pompent dans l'atmosphère des fluides qui contribuent beaucoup à l’accroissement des couches ligneuses.

vent être placés (1). Il faut aussi avoir soin d’opérer quelques-unes de ces greffes péndant le plein de la sève, et toutes les autres de la même section pendant l'ascension de ce fluide.

Comme les greffes des arbres qui se dépouillent de leurs feuilles pendant l'hiver peuvent être coupées dès le mois de novembre, on les conserve en état d’être greffées au printemps suivant, en les mettant en terre, soit dans un cellier, soit en des plates-bandes à l’exposition du nord.

Pour les placer sur les sujets, il faut souvent couper la sommité de la tige de ces derniers, quelquefois celle des branches, et toujours il est indispensable de faire des incisions ou des entailles plus ou moins profondes.

Toutes ces plaies doivent être faites avec des instrumens bien tranchans, pour qu’elles soient nettes, et que les écorces soient conservées entieres sur leurs bords. x

Les ustensiles nécessaires à l'exécution des greffes de cette section sont, comme pour celles

(1) On conçoit que si la végétation de la greffe était plus avancée que celle du sujet, ne recevant pas de ce dernier autant de sève qu’elle en a besoin, elle périrait ; au lieu que si le sujet est plus en sève que la greffe, il luj communiquera facilement toute la nourriture nécessaire à son déve-

ioppement,

DES GREFFES. 397 de la précédente, une serpette et un greffoir; mais il faut ajouter trois autres petits instrumens figurés PL 56. Le premier, /£g. 8, est une espèce de couteau, qui sert d'abord à fendre le sujet que l’on veut greffer , et ensuite, au moyen du coin qui se trouve à l’une de ses extrémités, à écarter les deux parties de la tige, tandis que l'on y introduit la greffe. Le second, /£g. 9 , est un maillet d’un bois assez dur pour faire pénétrer le couteau dont il vient d’être question, dans les tiges que l’on veut fendre. Enfin le troisième, fig. 7, est employé pour séparer, dans les greffes en couronne, l'écorce de l’aubier à l'endroit où lon veut introduire un jeune scion. On se sert pour cela du petit bec d'ivoire creusé en gouttière, que l’on remarque à l'extrémité droite de l'instrument. Une petite scie à main est encore nécessaire pour couper les sommités de quelques branches trop grosses pour être enlevées avec la serpette , et dans ce cas ce dernier instrument ne sert qu'à parer la plaie.

La coïncidence des couches du liber des greffes et des sujets est de rigueur, au moins. dans la plus grande partie des points de contact.

Enfin, les greffes de cette section exigent des ligatures, souvent des emplâtres, qui les préservent de la pluie et du hâle, et quelquefois des appareils.

Usages. Les grefles par scions sont plus faciles à exécuter et d'un usage bien plus général que les greffes par approche.

On les effectue sur de jeunes sujets, âgés de huit mois, sur des arbres adultes et sur des branches de vieux arbres approchant de la décrépitude.

Elles, ont pour but spécial de multiplier des variétés et des races qui ne se propagent pas de semences avec leurs qualités, et de transformer des espèces communes en arbres plus rares ou plus estimés. Elles procurent aussi des jouissances plus promptes, mais en général moins durables que celles que l’on obtient par la voie des semis.

Division en séries. Comme les espèces de greffes qui appartiennent à cette section sont nombreuses , on les a divisées en cinq séries, en raison des parties des arbres avec lesquelles on les effectue, et des opérations qu'elles néces-

sitent. Ke:

1e, Série , greffes en fente.

2°. Série, greffes en tête ou en couronne.

3°. Série, greffes en ramilles.

4°. Série, greffes de côté.

5°. Série, greffes par racines et sur racines.

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