XIV. Greffe (de la vigne) en fente, à deux ra
meaux placés des deux côtés de la demi-cir-
conférence du sujet, sans offenser la moelle. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 511.
Synonymie. ÆEnte de la vigne. Constantin César, Liv. 4, chap. 11, p. 47.
OpPÉrATIoN. Découvrir une souche de vigne ; couper sa tige à un décimètre (trois à quatre pouces ) au-dessous du sol ; former deux rainures triangulaires sur les côtés.
Tailler en pointe triangulaire deux sarmens , les ajuster exactement dans les rainures du sujet, et recouvrir de terre les racines , en ne laissant sortir du sol que les deux derniers yeux des greffes.
UsaGes. Pour transformer en bonnes espèces des variétés de vignes de médiocre qualité, et pour augmenter la quantité de leurs produits.
Dénomination. Nom donné à cette greffe par les auteurs de l’antiquité , en raison de son usage le plus fréquent:
XV. Greffe ( Constantin César) en fente, à deux rameaux avec suppression de la moelle du sujet. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. br1.
SYNONYMIE. Ente de la vigne laxative et unguentère: Constant. César, liv. 4, chap. 7et 8, p. 46.
OPÉRATION. Couper un cep de vigne un peu au-dessous de la surface de la terre; le fendre dans le milieu de son
Hsa : COURS DE CULTURE. diamètre ; enlever la moelle , et la remplacer par des aroniates , des couleurs ou des médicamens.
Poser sur les bords de la fente deux greffes taillées en lame de couteau par leur base et les enterrer en ne laissant sortir au-dessus du sol que leurs deux derniers yeux.
Usaces. Pour se procurer, disait-on , des raisins odorans de diverses couleurs, qui partagent les propriétésdes médicamens qui remplacent la moelle des sujets ( opinion démontrée de toute fausseté ).
DénominaTion. À la mémoire de Constantin César , empereur d'Orient, dont il nous reste vingt Traités sur Péconomie rurale des temps antiques, et qui est l’inven-
teur de cette greffe bizarre.
XVI. Greffe (Trochereau) en fente, à deux rameaux, sans inciser le canal médullaire du sujet.
OPÉRATION. Cette greffe ne se distingue de la greffe Palladius qu’en ce que, au lieu de fendre la tige du sujet par son diamètre, de manière que l’incision forme deux arcs égaux, on la fend à quelque distance du canal médullaire, pour ne pointinciser celui-ci. (PZ. 55, fg. W.)
Usaces. Elle convient à des espèces rares et délicates
. qui pourraient souffrir de la lésion de leur moelle.
XVIL Greffe ( la Quintinie } à deux fentes partageant en quatre parties égales la coupe du sujet, sur lequel on place quatre rameaux.
Nouv. Cours d'Agr., t. 6, p. 511. :
SYNONYMIE. G. en fente. LA QuinrintE, /rsfruct. pour les Jard. fruit. , t.'2, p. 65, alin. 5.
G. en fente à quatre rameaux. Duham., Phys. des Arbr., t. 2, p. 67, alin. 1er.
OPÉRATION. Couper la tête ou de grosses branches du sujet ; les fendre en quatre parties égales dans la longueur d’un à six centimètres. (P/. 55 , fig. AA.)
Placer au bord de chaque fente une greffe taillée par sa base en lame de couteau, et envelopper le tout d’une poupée.
Usaces. Propre à être employée sur de gros sujets et de fortes branches pour remplacer la tête de vieux arbres, et les transformer en espèces plus utiles ou plus agréables.
DéÉnominazioN. À la mémoire honorable de Jean de la Quintinie, directeur des jardins fruitiers et potagers de Louis XIV, auteur d’un Traité estimable sur la culture
des jardins, et le promoteur de cette greffe utile,
DEUXIÈME SÉRIE
Greffes en téte ou en couronne.
Caractères. Cette série se distingue des autres, 1°. en ce que les greffes qui la composent sont, pour l'ordinaire, choisies parmi les rameaux de l’avant-dernière sève, quelquefois parmi ceux de l'âge de dix-huit mois; 2°. et en ce qu'elles se posent sur les sujets sans fendre le cœur du bois.
Ces greffes conviennent plus particulièrement à de jeunes sujets, dont les vaisseaux séveux ont un très-petit diamètre, et dont le bois est fort dur. On les emploie aussi sur de gros arbres fruitiers de la division de ceux à pepins, dont le tronc
Lr2 COURS*DE CULTURE.
ou les branches à greffer ont plus d’un décimètre (trois à quatre pouces) d'épaisseur. Dans ce cas, elles remplacent avec avantage les greffes en fente, et les greffes en écusson ou par gemma.
SORTES
L. Greffe (Dumont-Courset) en téte, à un rameau échancré triangulairement par sa base, pour étre posé sur un sujet taillé en coin. Nouv.
Cours d’Agr., t. 6, p. 5rt.
Synonymie. G. par enfourchement. Duham., Phys. des Arbr. ,t. 2, p.69, alin. 1er., PJ. 12, fig. 06.
Var. a. G. de Bamberg. Sickler, Jard. allem. , t. 2, PJ. 12, fig. 8.
OPÉRATION. Couper la tête d’un jeune sujet; amincir la partie qui reste en forme de coin très-prolongé , et réserver Les écorces sur Les côtés.
Former à la base du rameau à greffer une échancrure triangulaire propre à recevoir le coin du sujet dans toute sa longueur, et unir les deux parties. (PL. 55, fig. BB.)
Usaces. Indiquée pour greffer la vigne, et employée, dans quelques jardins, sur de jeunes sujets , pour la multiplication d’arbres étrangers.
Déxominarion. En l'honneur de M. Dumont de Courset, auteur du Bofaniste cultivateur, ouvrage très-recom-
mandable.
DES GRFEFES. 413
II. Greffe (Hervy) en téte, à un rameau , taillé en coin, par sa base, pour étre posé sur le sujet, dans une entaille triangulaire. Nouv.
Cours d’Agr., t. 6, p. 5rr.
SynonymiE. G. à incision d’entaïlle. Agricola » Agric. parf., part. 1re., p. 241, PL. 13, fig. EE,F, G, H, I.
G. de la vigne dans le Bordelais. Costa, Agric. des pays montueux , édit. de 1802, p. 147.
Var. a. G. d’incision générale. Agricola , Agric. parf., part. 1re., p. 240, PL 13, fig. AA.
Orérarion. Couper la tête d’un cep de vigne au collet de sa racine; y pratiquer une entaille triangulaire d’un à deux centimètres (cinq à sept lignes environ) de profondeur.
Tailler un sarment par son gros bout en forme de coin, lajuster exactement dans l’entaille de la racine, et ne laisser sortir de terre que deux yeux de la greffe. (Voy., pour l'opération, la grefte Ferrari, /g. U, , PI. 55.)
Pratiquer la même opération sur de jeunes sujets à différentes hauteurs de leurs tiges.
C’est la contre-partie de la greffe précédente.
Usaces. Recommandée spécialement pour greffer la vigne en grand dans les pays de vignobles.
Propre à multiplier de jeunes arbres à bois dur , et dont les greffes reprennent difficilement.
DénominarTiox. À la mémoire estimable de Christophe Hervy , directeur de la pépinière des Chartreux de Paris, à la fin du siècle dernier. Cultivateur aussi modeste qu’instruit dans la nomenclature, la multiplication et la
culture des arbres fruitiers.
III. Greffe (Pline) ex couronne, à rameaux ürsérés entre l'aubier et l'écorce du sujet. Nouv.
Cours dAgr., t.6, p. 51r.
SyNONYM1E. /nsitio inter corticem et lignum. Plinii.
G. pour rajeunir de vieux arbres. Deutches, Gært., Mag., Pl.:22 fig. à , 2 et 3.
OPÉRATION. Couper le tronc ou les grosses branches du sujet ; soulever par places l’écorce de dessus l’aubier.
Tailler les greffes en forme de bec de flûte ( voy. gg ); pratiquer un cran à la partie supérieure de l’entaille, et les introduire entre l’écorce et le bois du sujet. ( PZ. 55,