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F8 GG

Usaces. Propre à rajeunir de vieux arbres, en remplaçcant leurs anciennes branches par de nouvelles branches plus fertiles.

DénominATIoN. À la mémoire de Pline le naturaliste,

qui a décrit cette greffe.

IV. Greffe (Théophraste) ex couronne, à rameaux insérés entre l’aubier et l'écorce du sujet, en fendant cette dernière. Nouv. Cours

d’Agr., t. 6, p. 512.

Syxowymie. G. entre l’écorce. Agricola, Agr. parf., part. 1r6., p. 192, PL. 7, fig. C.

G. dans l'écorce, à épaule ou en couronne. Forsyth, Traité des Arbres fruitiers, p. 381, PL. 11, fig. 1, lettres bit.

OrÉRATIoN. Couper la tête ou les grosses branches d’un sujet ; fendre l’écorce à partir de la circonférence de la

coupe, aux endroits où l’on veut placer les greffes.

DES GREFFES. 415 Tailler de la même manière que les précédens les rameaux destinés à former les greffes, et les insérer sous l'écorce aux places où elle a été fendue. (PJ. 55 » fig+ HH.) Usaces. Propre à remplacer avec avantage la précédente, et fournissant un moyen facile de placer sur un sujet un plus grand nombre de greffes.

DénomixATION. À la mémoire de Théophraste , auteur grec , qui a décrit cette greffe dans son ÂZist. des Plantes, où il indique leurs usages dans la médecine et l’économie

rurale.

V. Greffe (Liébault) ex couronne, à rameaux insérés sur le collet de la racine de forts sujets. Nouv. Cours d'Agr., t. 6, p. 5r2.

SynoNy MIE. G. en petite couronne, pour la multiplication des fruitiers. Olivier de Serres, t. 2, p. 369, col. 2, alin. 2.

OrPÉrarTron. Déchausser un arbre, le couper au collet de sa racine; insérer entre le bois et l’écorce, par le moyen de l’une des deux greffes précédentes, autant de rameaux qu'il pourra y en être contenu; enterrer ces greffes jusqu'aux deux tiers de leur hauteur.

L'année suivante , laisser croître les grefkes , en ne supprimant que les rameaux latéraux. La troisième année , marcotter toutes ces greffes en anse de panier, tout autour de la souche.

UÜsaces. Pour obtenir des mères-marcoftes d’arbres utiles ou agréables , qui puissent donnér pendant longtemps beaucoup de jeunes individus francs de pied.

Dénominarron. À la mémoire de Ch. et Étienne Lié-

bault , agronomes du seizième siècle , inventeurs de cette

La

greffe et auteurs de la première édition de la Maison rustique , ouvrage estimable, qui fait connaître l’état de l’agriculture à cette époque.

TROISIÈME SÉRIE

Greffes en ramilles.

Caractères. On distingue aisément les greffes de cette série de toutes les autres, en ce qu’elles se font avec de petites branches garnies de leurs rameaux, de leurs ramilles, souvent de leurs boutons à fleurs, et quelquefois de leurs fruits naissans.

Ces greffes, qui s'effectuent dans le plein de la première sève, ont sur toutes les autres l’avantage d'accélérer beaucoup la fructification. Par leur moyen, il n’est pas rare d'obtenir des fruits d'un arbre quinze à vingt ans plus tôt qu’il n’en eût donné sans leur secours ; on est même parvenu, en semant un pepin à une époque déterminée, à recueillir, avant la fin de l’année, du fruit mür sur l'individu auquel il donne naissance.

Les greffes en ramilles sont en général d’une exécution plus difficile , et par conséquent moins sûre que les précédentes; elles exigent des soins plus assujettissans pour régler la chaleur, la lumière et les arrosemens qui leur conviennent; peutêtre sont-elles moins durables que

DES GREFFES. A1 les autres : aussi on en fait peu d'usage dans la” pratique habituelle de la culture.

Il parait qu'aucune de ces greffes n'a été connue des Anciens, si l’on en juge du moins par le silence que gardent les auteurs de l’antiquité qui nous restent. Elles semblent appartenir aux temps modernes : c’est pourquoi on leur a donné les noms des cultivateurs nos contemporains qui les ont pratiquées avec le plus de succès, ou qui ont rendu des services à l'agri-

culture.

SORTES

I. Greffe (Huard) en ramulle, posée dans une entaille triangulaire, faite aux dépens du tiers du diamètre de la téte du sujet. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 512. (Exclure la figure qui ne représente pas cette greffe. )

SyNonvMiE. G. pour les orangers. Miller, Dicr. des Jard. , t. 3, p. 554, col. rre., alin. 1.

G. à orangers, mode premier. Annales du Mus.,t. 14, p. 87, PL. 9, fig. 1 et 2.

OPÉRATION. Couper la tête d’un jeune sujet de huit mois à trois ans ; faire une entaille triangulaire, longue de deux à trois centimètres { de dix, douze et treize lignes), sur l’un des côtés de la tige.

Choisir un rameau garni de ramilles, de feuilles, de boutons et de fruits naissans ; le tailler par le gros bout

en pointe triangulaire, et lui faire reniplir exactement l’entaille du sujet.

Placer celui-ci sur une couche tiède, couverte d’un châssis et ombragée pendant les premiers jours. Usaces. Propre à faire produire des fruits à des sujets, dès la première année de leur naissance. ( Woy. PI. 55, fig. AL.) Elle peut être employée pour la multiplication d’arbres des zones chaudes à feuilles permanentes. Déxominarion. En l’honneur de M. Huard, cultivateur à Pontoise, qui le premier, en France, vers 1775, fit voir à La cour beaucoup d’orangers en miniature, chargés

de fruits obtenus par ce procédé ingénieux.

IT. Greffe (Vilmorin) en téte, a une ramille taillée en double coin par sa base, pour étre posée sur le sujet au moyen de deux entailles triangulaires.

OPÉRATION. Former sur la coupe horizontale du sujet deux entailles triangulaires, l’une de chaque côté du centre de la tige; tailler la greffe en double coin, de manière qu’elle remplisse exactement ces deux entailles, et unir les parties. ( PZ. 55, fig. CC.)

Usaces. Cette greffe a la même destination que la précédente. Elle est plus difficile, mais aussi plus solide.

DéxominaATion. En l’honneur de la famille Andrieux

Vilmorin , qui a rendu des services à l’agriculture, en répandant dans le commerce beaucoup de plantes utiles, et

en faisant connaître leur culture.

III. Greffe (Camuzet) en téte, à une ramille, à coin et languettes, placée sur un sujet taillé en double coin.

Opération. Elle ne diffère de la précédente que parce que le sujet est taillé en double coin , et la greffe au contraire opérée par deux entailles triangulaires, laissant subsister au milieu dela tige une languette plus longue de moitié que celles des côtés. ( PJ. 55, fig. BE, ee.)

Usaces. Les mêmes que ceux de la précédente. Cette greffe, très-solide, a l’avantage de ne laisser aucune trace sur l’individu opéré.

Dénomination. Nom de son inventeur, M. Camuzet, premier garcon des carrés de la pépinière du Jardin mn Plantes.

IV. Greffe (Leclerc) en téte à une ramille, en conservant une partie de son écorce pour l’insérer sous l'écorce du sujet.

Opérarion. Tailler en coin la tige du sujet ; inciser l’écorce de chaque côté.

Former sur la greffe une incision triangulaire propre à recevoir le coin pratiqué sur le sujet; laisser deux lames d’écorce , les faire glisser sur l’aubier de ce même sujet et sous l'écorce incisée précédemment. Ligaturer solidement. ( PL. 55, fie. DD, dd.)

Usaces. Peut-être trouvera-t-on cette greffe plus facile et plus sûre que la précédente. Elle peut être employée avec avantage pour des bois fort durs.

Dénomination. Nom de son inventeur.

V. Greffe (Salisbury) en téte, à ramille d'un diamètre moins grand que celui du sujet.

SYNONYMIE. À new method of grafting. Transactions of the horticultural society of London , t. 1, p. 240.

OrÉrATION. Couper obliquement la tête du sujet; inciser l’écorce, comme on le voit, en ff.

Choisir un jeune sauvageon ff’ d’un diamètre au moins moitié plus petit que celui du sujet; le fendre inférieurement en deux parties égales, dont l’une sera amincie en bec d’oiseau pour être introduite sous l’écorce incisée du sujet, et dont l’autre s’appliquera sur la coupe oblique de ce même sujet, (PL. 55, fig. PF, ff.)

Usaces. Elle est employée dans le Herefordshire pour les pommiers et Les poiriers. Elle s’effectue rapidement et sans difficulté.

DénominarioN. Du nom de son inventeur, Richard- Anthony Salisbury , esq., membre de la Société horticulturale de Londres, et auteur de plusieurs mémoires rela-

tifs au jardinage.

VI. Greffe (Riedlé) ez ramille, posée en coin triangulaire sur le milieu de la tige du supet. “Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 5712.

Synonymie. G. à orangers, mode 2°. Annales du Mus., t. 14, PL. 9, fig. 3. |

G. à orangers. Et. Calv., Traité des Pépin., t. 2, p. 96. (Exclure la figure qui représente la greffe Hervy.)

OPÉRATION. Faire une entaille triangulaire sur l’aire de la coupe du sujet, et laisser deux retraites sur les

côtés.

Tailler le rameau en coin, en laissant deux rebords à la naissance de la coupe, et unir les parties. ( Voy. la greffe Ferrari.)

Usaces. Même culture et mème destination que la greffe Huard. Elle peut être employée pour des arbres fruitiers.

DéxominaTiIoN. À la mémoire de Riedlé, cultivateur attaché au Muséum. Ïl à enrichi cet établissement de beaucoup de végétaux Ctrangers, rapportés des Antilles. il est mort à l’île de Timor , victime de son zèle, pendant le voyage de découvertes commandé par le capitaine

Baudin (1).

VII. Greffe (Collignon) en ramille, avec languette et coin. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 5r2.

SynowymiE. G. à orangers, mode 3e. Annales du Mus.,t. 14; p. 96, PL. 10, fi. 4, vulgairement G. à talon ou pied-de-biche.

OPÉRATION. Tailler en languette très-prolongée l’extrémité d’un rameau, et former une dent en figure de coin au commencement de l’entaille; faire une hoche sur le bord de l'aire de la coupe du sujet; enlever une lanière d’écorce de dimension égale à la languette du sujet, et unir les parties. ( Voy., pour l’opération, la greffe Miller, PL. 55 , fig. NV, v.)

Usaces. Cette greffe est employée, comme les deux précédentes, mais sur de plus petits sujets. On s’en sert particulièrement pour multiplier les houx , les lauriers,

les myrtes , etc.

(a) VIE Greffe cn ramille, placée en flûte. Manuel com-

DénominATIoN. À la mémoire de Collignon , élève jardinier du Muséum, chargé de répandre dans les îles de la mer du Sud des graines de végétaux utiles à leurs habitans , pendant le voyage de l’infortuné La Pérouse, dont il partagea le sort.

IX. Greffe (Riché) en ramille, avec languette, coin et entaille. Nouv. Cours d'Agr., t. 6, p- 512.

Sxxonymie. G. à orangers, mode 4°. Annales du Mus.,t. 14, p. 98, PL. 10, fig. 5.

G. vulgairement dite à la Japhné.

Opérarron, Celle-ci ne se distingue de la précédente qu’en ce que l’extrémité inférieure de la coupe du rameau est reçue dans une entaille qui a été pratiquée sur le sujet, à la partie inférieure de sa plaie longitudinale.

Usages. Elle est plus particulièrement employée pour les rameaux minces , fluets, herbacés , tels que les daphne pontica, odora, tartonraira, gnidium, cneorum , etc.

Si l’on greffe des rameaux florifères, ils produisent

plet du Jardinier, par M. Louis Noisette, 2°. vol., 17e, part. , P. 99.

OPÉRATION. Inciser longitudinalement l’écorce d’un jeune

sujet de 1 en 1; écarter cette écorce pour couper horizonta-

lement le bois qu’elle recouvre ; enlever une lanière d’écorce d’égale dimension sur la greffe 2; unir les parties et ligaturer. (PI. 56, fig. LL.)

UsAGes. Recommandée par M. Noisette pour la multiplication prompte d'espèces délicates. Elle doit s’exécuter sur

couche tièce. (O0. L.)

DES GREFFES. 423 leurs fleurs aussi promptement que s'ils n’avaient pas

changé de place.

DénomiNarTroN. En l’honneur de M. Riché , attaché à

la culture de la serre Buffon, au Muséum. Ce cultivateur, qui se distingue par son zèle et son intelligence pour la multiplication des végétaux étrangers , est l'inventeur de cette greffe.

X. Greffe { Varin) en ramille, posée entre l'aubier et l'écorce, uu moyen d'une incision, comme pour une greffe en couronne. Nouv.

Cours d’Agr., t. 6, p. 512.

Vulgairement, G. à la Varin.

Opérarion. Former une hoche triangulaire sur la coupe horizontale du sujet, dont on fend l’écorce sur l’un des côtés; tailler le rameau de la greffe en bec de flûte, avec une entaille à la naissance de la partie supérieure , et linsérer dans la fente du sujet. (P7. 55, fig. LL.)

Usaces. Propre à la multiplication de végétaux étrangers dont les yeux ne sont pas recouverts d’écailles , et à celle d’autres arbres à bois dur.

DénominaTron. À la mémoire de feu M. Varin , jardinier en chef du jardin de l’Académie de Rouen, et cultivateur distingué , qui inventa cette greffe en 1786.

QUATRIÈME SÉRIE, Greffes de côté.

Caractères. Ce qui distingue particulierement les greffes de cette série des précédentes, c’est que pour les placer sur les sujets il n’est pas ne-

cessaire de couper la tête de ces derniers, puisqu’elles s'effectuent sur les côtés de leur tige.

L'usage le plus fréquent des greffes de côté est moins de multiplier ou de transformer des individus, que de remplacer des branches qui manquent sur des arbres faits et soumis à des tailles régulières.

Elles s’exécutent assez facilement et exigent les mêmes appareils que les autres; mais elles sont en général d’un succès moins assuré. On les pratique presque uniquement à l'époque de la première sève, avant le développement des gemma.

A l'exception d’une seule, qui était en usage dans l'antiquité, toutes sont d'invention moderne.

Nous leur avons donné les noms de leurs inventeurs, et lorsque ceux-ci nous ont été inconnus, les noms de cultivateurs distingués.

SORTES

I. Greffe (Richard) de côté, insérée sur la tige d'un arbre, dans une incision en T pratiquée dans son écorce. Nouv. Cours d’Agr., t. 6,

p- 512, PL 4, fig. 13, 14 et 15 de la var. a.

"Synoxvmie. G. en couronne, 3e. sorte. Duham., Phys. des Arbr., t. 2, p. 70, alinéa 3, PL. 12, fig. 99et 99*- Var. a. G. du pasteur Christ. Manuel de la Cult. des fruits, t. 1, chap. 4, p. 127.

G. entre l'écorce et le bois, 3e. sorte. Sickler, Jard. allem. ,t. 3, p. 31, PL 4, fig. 6, 7» 8, 9 et 10.

Orérarion. Couper en biseau prolongé la base du rameau, delaramille ou du bourgeon destiné à formerla greffe.

Faire à l’écorce du sujet une incision en forme de T, et introduire la greffe. (PZ. 55, fig. NN.)

Une variété de cette greffe s’opère en enlevant au sujet une petite portion circulaire d’écorce au-dessus de la barre du T.

Usaces. Propre à remplacer des branches qui manquent, sur des arbres dont l’écorce trop boiseuse ne permet pas de greffer en écusson.

On peut s’en servir aussi pour les arbres résineux.

DÉNOMINATION. A la mémoire honorable de Claude Richard, jardinier en chef et fondateur du Jardin de botanique de Trianon. Il était l’un des plus habiles cultiva-

teurs du dix-huitième siècle.

IT. Greffe (Térence) de côté, placée en manière de cheville dans la tige du sujet. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 5r2.

SyxonNyMiE, G. de l’olivier. Colum., liv. 5, p. 276, lig. 16.

Var. a, G. à rebours. Agricola, Agr. parf. , part. 1re., p.175, alin.2, PL. 8, fo. 5,6 et 7.

OPÉRATION. Amincir en manière de cheville l’extrémité inférieure d’une petite branche, d’un rameau ou d’une ramille , et trancher sa cime.

Faire un trou avec un vilebrequin dans une tige d’arbre et y placer la greffe, les yeux dans leur position naturelle pour la sorte, et en sens contraire pour une variété très-

peu employée. (P1. 56, fig. C.)

Usaces. Propre au même usage, et plus solide que la précédente. Les anciens Romains l’employaient pour greffer les bonnes espèces d’olivier et de vigne.

DénominAttoN. A la mémoire de Térence, agronome de l'antiquité, qui en recommande l’usage.

IL. Greffe (Roger Schabol) de côté, à scion aminci en forme de spatule et inséré dans la tige du supet. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 512.

SynoNymiE. G. anonyme. Roger Schabol, Prat, du Jard. , édit. 1782, t. 1, p. 78.

OPÉRATION. Amincir en manière de bec de flûte l’extrémité d’un rameau ; faire une entaille dans la tige d’un sujet , et y placer la greffe comme un tenon dans sa mor-

taise. (PL. 56, fig. D.) (a)

(1) IV. Greffe en fente au milieu du bois. Manuel complet du Jardinier, par M. Louis Noisette, 2e. vol.,

re, part., p. 64.

OPÉRATION. Faire sur du bois gros et bien aoûté de l’année précédente une incision longitudinale qui le partage en deux dans toute son épaisseur, et entre deux nœuds ; tailler la greffe en lame de couteau très-plate, finissant en pointe aiguë à ses deux extrémités, s’épaississant vers son milieu , où l’œil se trouve placé, et muni de son écorce sur ses deux côtés ; introduire la greffe entre les lèvres du sujet; faire coïncider les couches corticales et ligaturer solidement. (PI. 55, fig. SS.)

USAGES. Employée souvent par les cultivateurs des envi-

rons de Paris pour multiplier les variétés précieuses de vigne. (0. L.)

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