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GREFFES PAR GEMMA

Caractères. OEil, bouton ou gemma porté sur une plaque d'écorce plus ou moins grande, et de différentes formes, transporté d’une place à une autre sur le même ou sur un autre individu.

Composition. Dans cette section sont comprises les greffes en écusson, celles en flûte, en

DES GREFFES. 437 sifflet, en chalumeau, en tuyau, flen üteau, en cornuchet , en anneau , et par Juxta-position.

Usages. Elles ont pour objet de multiplier des végétaux ligneux, que lon n’est pas certain de , pouvoir propager avec leurs qualités par le moyen des semences; de transformer en espèces rares ou plus agréables et plus utiles des espèces communes:et de peu d'intérêt; d'avancer de plusieurs années les jouissances des cultivateurs ; de naturaliser plus sûrement que par tout autre moyen des végétaux étrangers, et de rendre plus exquise la saveur des fruits de beaucoup de variétés d'arbres domestiques.

Les greffes de cette section sont les plus employées pour la multiplication en grand des arbres fruitiers. Ce sont presque les seules dont on fasse usage dans les grandes pépinières des environs de Paris, parce qu'elles sont les plus expéditives, et qu'elles exigent rarement la mutilation des sujets. |

Rapports et différences. Les greffes par gemma pourraient être comparées aux semis, puisqu'il suffit de placer un corculum , un germe de bourgeon , dans la situation qui lui convient, et avec les précautions requises pour propager les individus.

Mais il y a cependant entre ces greffes et les semis cette différence , que les gemma ne font

qu’augmenter le nombre des individus de leurs variétés; tandis que les graines, fécondées souvent par le pollen des étamines de leurs congénères , donnent fréquemment naissance à de nouvelles variétés, à des sous-variétés, ou à des races différentes. | Division. Cette section se divise en deux séries. La première comprend toutes les greffes en écusson, qui s'effectuent au moyen d’un gemma isolé ou de plusieurs gemma réunis en un seul bouton. | | La seconde rassemble toutes les greffes en flûte et par juxta-position, dans lesquelles, sur un même tube d’écorce, peuvent se trouver réunis plusieurs gemma écartés les uns des autres.

PREMIÈRE. SÉRIE

Greffes en éCUSSOr..

Définition. On donne le nom d’écusson à une plaque d’écorce sur laquelle se trouve un œil où gemma. Ce nom lui vient de sa figure, qui a quelque ressemblance avec cette pièce d’armoirie.

Emploi. Ces greffes sont employées particulièrement sur de jeunes plants de sauvageons, âgés d’un à cinq ans, et même plus, lorsqu'ils ont l'écorce mince, saine, tendre et lisse.

Épogues de leur exécution. Lies époques: aux-

quelles on. les pratique le plus ordinairement sont le printemps , lors de l’ascension de la première sève, et surtout le mois d'août, pendant l'ascension de la seconde sève. On choisit, sur les arbres qu’on veut multiplier par cette série de greffes, des rameaux de la dernière pousse, munis d’yeux bien formés; s'ils ne l’étaient pas, on pincerait l'extrémité des rameaux pour arrêter la sève et la forcer de se porter vers-les yeux, et lon différerait de les couper jusqu’à ce qu'ils fussent. bien conformés et que le rameau füt aoûté complétement.

Préparation. Dès que les rameaux à grefter sont séparés de leurs arbres, on en supprime les feuilles, en ne réservant que quelques millimètres de leurs pétioles. Cette petite queue, qui reste attachée au - dessous de chaque œil, sert à le tenir entre les doigts, et à le placer commodément dans l’incision , lorsqu'il s’agit de poser les écussons. Les rameaux ainsi dépouillés de leurs feuilles sont enveloppés d'herbe fraîche et d’un linge mouillé, si les greffes ne doivent ètre posées qu'un jour ou deux après que les rameaux ont été coupés. S'il est question de les faire voyager pendant quatre ou cinq jours, on les implante dans un concombre ou autre fruit aqueux. Pour les transporter à des distances plus

4âo COURS DE CULTURE.

éloignées, on les met dans un bain de mel.

Lorsqu'on a beaucoup d’écussons à faire dans le cours de la même journée, on place tous les rameaux qui les portent dans un vase rempli d'eau, tenu constamment à l'ombre, et duquel on ne les retire que les uns après les autres, lorsqu'on a enlevé tous les yeux que chacun d'eux peut fournir.

Opération. L’incision destinée à les recevoir est de différentes formes. Tantôt c’est une plaque d’écorce que l’on enlève pour faire place à upe autre ; tantôt c'est cette même écorce que l’on fend , depuis l’épiderme jusqu’à l’aubier, en forme de T. Dans ce dernier eas, on écarte par le haut, avec la spatule du greffoir, les deux lèvres de l'écorce incisée pour recevoir l’écusson.

Celui-ci, levé avec la précaution nécessaire pour conserver l'œil intact, est inséré dans l’incision. Les lèvres de l'écorce du sujet sont rapprochées par-dessus, de manière que lés parties ne laissent aucun vide entre elles. On ligature ensuite la plaie pour empêcher qu'il ne s’y introduise des corps étrangers, et l'opération est terminée.

Conservation. Quelques semaines après, si l’on s'aperçoit que es ligatures donnent lieu à la formation de bourrelets ou d’étranglemens, il con- - vierit de jes desserrer. Les greffes s'unissent aux

DES GREFFES. &hx sujets dans l’espace de quelques jours: et en raison de la saison, du but que l'on se propose et des diverses sortes, on les gouverne avec les modifications que chacune d'elles exige.

SORTES

I Greffe (Tillet) d’une plaque d’écorce sans yeux. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 524.

Synonymie. G. d’écorce d’un sujet sur un autre. Duham., Phys. des Arbr., t. 2, p.72, alin. 4.

Opération. Tailler, sur un arbre inutile, une plaque . d’écorce &, de dimension égale à celle d’un individu précieux, dont l’écorce de la tige a été enlevée par quelque accident.

Donner une forme régulière à la plaie de l’arbre utile K ,et couvrir exactement cette plaie par l’écorce prise sur le sauvageon. (PL. 56, fig. K , Æ.)

ÜsaGes. Propre à prévenir les accidens occasionnés par les lésions faites accidentellement à l’écorce, et pour faire porter aux arbres des signes qui rappellent des souvenirs agréables ou des époques intéressantes.

DénominaTIoN. À la mémoire de Tillet, physicien, qui s’est occupé long-temps des maladies des végétaux et

des moyens de les guérir.

IL. Greffe (Xénophon) d'une plaque d’écorce ovale, munie d’un œil.

SYNoONYMIE. G. d’ur morceau d’écorce pourvu d’un

œil, dans une excavation de même largeur. Nouv. Cours

d’Agr., Le 6 3 P: 524; H. 2,

G. par inoculation ; ou ente en pièce rapportée. Oliv. de Serres , t. 2, p. 370, col. 1re., alinéa 1er. |

OPÉRATION. Cerner avec la pointe du grefloir un œil ou bouton » dans toute sa circonférence , et le lever de sa place en conservant son corculum.

Faire à la place où l’on veut poser l’œil enlevé une pareille plaie M, et la couvrir exactement par ce dernier. (PI. 56, fig. M, m.)

Usaces. Pour transporter des boutons à fleurs d’une place où ils sont très-abondans, sur un arbre et à une place qui en sont dépourvus.

Pour multiplier des arbres très-rares, sur lesquels on ne pourrait lever des écussons sans compromettre leur existence.

Dénomination. À la mémoire de Xénophon, citoyen d'Athènes , qui a composé sur Les labours et sur différentes branches de l’économie rurale et domestique des ouvrages dans l’un desquels il parle de cette greffe.

IIT. Greffe (Risso) de deux demi-plagues d’écorce, portant chacune un demi-bourgeon.

OPÉRATION, Enlever au sujetune plaque d’écorce carrée.

Enlever sur deux arbres différens deux plaques d’écorce, munies chacune de la moitié d’un bourgeon (vo. fig. FF, PL 56), et qui, réunies l’une à côté de l’autre, puissent couvrir exactement la plaie du sujet. Faire en sorte que chaque demi-bourgeon s’unisse à l’autre de manière à n’en former qu’un.

Usages. Pour savoir si Les deux demi-bourgeons ainsi réunis ne produiraient qu’un seul rameau. L’expérience

a démontré qu’ils en produisaient chacun un.

DÉNOMINATION. En l’honneur de M. A. Risso, natu-

raliste , l’un des auteurs de l’Æistoire naturelle des Orangers , ouvrage très-recommandable.

IV. Greffe (Saint-Martin) d’une plaque d’écorce qui ne recouvre qu'une partie de la plaie du supet.

OPÉRATION. Sur une plaie quadrangulaire pratiquée sur le sujet, poser une plaque de même forme ou de forme différente, de manière qu'entre cette plaque et, l’écorce du sujet il y ait de tous côtés un espace où l’aubier paraisse à nu. (P2. 56, fig. GG.)

Usaces. Cette greffe avait pour but de prouver que la coïncidence des écorces était inutile ; maïs il est certain que toutes les fois que l’opération réussit, c’est qu’il se forme un bourrelet, qui réunit, au moins sur quelques points, l’écorce du sujet et celle de la greffe.

DéxominaATion. En l’honneur de M. Juge Saint-Martin , inventeur de cette greffe, et auteur de plusieurs ou-

vrages estimés sur l’économie rurale et le jardinage.

V. Greffe (Mustel) ex écusson , au moyen d’une plaque d’'écorce de figure ronde, ovale ou anguleuse, au milieu de laquelle se trouve un œil a bois. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 524, PL 4 4fieoat.

SYNONYMIE. G. à emporte-pièce. Duham., Traité des Arbres fruit., t. 1, p. 67, PL. 1re., feg. 4, let. zet r. OPÉRATION. Enlever avec un ciseau ou un emporte-

pièce une plaque d’écorce sur un vieux sujet; se servir

Al COURS DE CULTURE.

du même outil ou du greffoir pour lever le gemma à greffer (PL. 56, fig. L), le poser dansl’entaille pratiquée sur le sujet, et fermer les bords de la plaie avec de la cire molle. | UsaGes. Pour placer des Mont sur de vieilles tiges ou branches, dont l'écorce, gercée, ligneuse et épaisse, ne permet pas l’emploi de la pratique ordinaire. Dénomination. A la mémoire de feu M. Mustel, propriétaire ; cultivateur d’arbres étrangers à Rouen, et auteur du Traité fhéorique et pratique de la Végétation, publié en 1781, Cet ouvrage renferme d’utiles obser-

vations.

VI. Greffe ( Poederlé) en écusson dénué de bois. Nouv. Cours d’Agr.,t. 6, p. 524, n°. 3.

Syxnonymie. G. en écusson à œil sans bois. Duham, , Phys. des Arbr., t. 2, p. 73, alinéa 4, PL. 12, fig. 107.

OpÉrAïrIoN. Lever sur un rameau un écusson à la:manière ordinaire ; couper ensuite avec le greffoir tout le bois qui.se trouve sous l'écorce , et ne laisser que le corculum du gemma 7.

Le poser ensuite dans l’incision faite sur le sujet N, PL 56.

Üsaces. Propre à greffer les arbres étrangers , et particulièrement ceux à bois dur , tels que les oraagers, les myrtes, les houx , etc.

Dénominarion. En l'honneur de M. Poederlé l’ainé, auteur du Manuel de l Herboriste et du forestier belgiques , ouvrage estimable.

VIL. Greffe ( Lenormand ) en écusson, sous l'œil duquel se trouve une légère couche d’aubier.

Nouv. Cours d'Agr., t. 6, p. 524.

SynonyMiE. G. en écusson boisé. Oliv.de Serres , t. ds p. 364, col. 2, lig. 7. * G. en écusson , 1re. sorte. Cab., Traité de la Greffe ,

OPÉRATION. Laïsser sous le milieu de l’écusson 7’ une légère lame d’aubier , dans Le tiers de son étendue.

Le poser ensuite entre l’écorce et l’aubier du sujet N, PI. 56. |

Usaczs. Les arbres fruitiers à noyaux et à pepins s’écussonnent de cette manière dans les grandes pépinières de Paris et des environs.

DÉNOMINATION. À la mémoire de l’estimable famille Lenormand , qui a dirigé avec distinction la culture du jardin potager de Versailles, depuis La Quintinie jusqu’à la fin du règne de Louis XV.

VIII. Greffe (d’Ourche) en écusson carré, avec aubier et bois.

® OrérArron. Enlever au sujet O un demi-cylimdre de bois, en formant deux hoches, l’une à la partie supérieure , l’autre à la partie inférieure de la plaie.

Enlever à Parbre o que l’on veut multiplier un demicylindre de même dimension que celui que l’on a êté à autre arbre, et tailler les deux extrémités en biseau, de manière qu’il puisse remplir exactement la plaie du sujet. (PZ. 56, fig. O, 0.)

Elle n’a point encore été pratiquée au Muséum.

DénominATIoN. Du nom de OL le comte d’Ourche, inventeur de cette greffe, et auteur de plusieurs ouvrages sur les irrigations et sur des cultures agrestes.

IX. Greffe (Colombé) en écusson, au moyen d’un & 7 Re : * : “ œil placé sur un arbre à l’endroit où l'on a enlevé un autre œil.

Synonvure. G. selon Vireile, du baron de Tschudy. OPÉRATION. Enlever au sujet un bourgeon I par une incision triangulaire ; tailler sur l'arbre que l’on veut propager un autre bourgeon l' en coin, et l’insérer dans

l’ouverture pratiquée sur Le sujet.

Quand le bois du scion est plus petit que celui de la tige qu’on veut greffer , on opère comme on le voit au point L''. (PZ. 55, fig. 1.)

Usaces. Recommandée pour les hêtres , les charmes, les peupliers , les érables.

DénominaATIoN. Du nom de la propriété dans laquelle M. de Tschudy pratiquait dernièrement cette greffe avec succès.

X. Greffe (Sickler ) er écusson sur les racines et a œil poussant. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 524.

SyNonymiE. G. en écusson Sur racines & la pousse. Cab., Essai sur La greffe, p. 51, alinéa premier.

OPÉRATION. Découvrir des racines traçantes, de la grosseur du doigt environ;

Les greffer én écusson au printemps, et laisser la place des yeux découverte.

L'année suivante, lorsque les greffes ont poussé , Sépa-

DES GREFFES. A) rer les racines de leurs souches : elles forment de nouveaux individus. (PZ. 56, fig. P.)

! UsacGss. Propre à multiplier des arbres rares, qui n’ont pas de congénères sur lesquels on puisse Les greffer avec sûreté pour la réussite.

Dénomination. En l’honneur de M. Sickler, dmsEnt du Journal des Jardiniers allemands , ouvrage en vingtdeux volumes in-80., qui renferme beaucoup de faits utiles aux progrès du jardinage et de l’économie rurale.

XI. Greffe (Jouette) en écusson, avec suppression de la tête du sujet, pour faire pousser sur-le-champ le gemma. Nouv. Cours d’Agr.,

Synonymte. G. en écusson à œil poussant. Duham., Phys. des Arbr., t. 2, p. 72.

G. en écusson à la pousse. Cab., Essai sur La Greffe, p.90:

OPÉRATION. Tailler et poser un écusson à la manière ordinaire ;

Couper la tête du sujet immédiatement après que la greffe a été placée, et supprimer tous les bourgeons qui pourraient croître sur la tige. 19) .

Usacss. Propre, lorsqu’elle est exécutée au printemps, à hâter la jouissance d’une année;

D’un succès peu certain dans les climats froids, lorsqu’elle est exécutée à la sève d’août.

Dénomination. À là mémoire de Germain Jouette, pépiniériste à Vitry-sur-Seine, où il s’est occupé, l’un des premiers, de la culture des arbres étrangers, qui s L trouvent actuellement très-multipliés.

XIL Greffe ( Vitry) en écusson, pratiquée avec un. gemima qui ne doit développer son bourgeon qu’au printemps suivant. Nouv. Cours d’Agr.,t. 6, p. 524, PL 4, fig. 18, 19 et 20.

SYNONyYMIE. G. en écusson à œil dormant. Duham., Phys. des Arbr., t. rh: 73 et 75, PL. 12, fig. 105, 106 êt 107.

OpÉrATION. Placer l’écusson à la manière ordinaire, mais à l’époque de la sève d'août.

Laisser au sujet sa tête le reste de l'année, et ne la supprimer qu'au printemps suivant, si la greffe est vivante.

Usaces. Elle retarde la jouissance , mais l’assure davantage.

Elle laisse subsister en entier les sujets dont la greffe u’a pas repris, et ne les empêche pas d’é tre greffés la saison suivante.

Déxomrvnarron, Nom d’un village des environs de Paris, où cette greffe est presque exclusivement employée pour la multiplication des arbres fruitiers, et où il s’en

effectue , chaque année , plusieurs milliers.

XIIL. Greffe (Descemet) en écusson double, ou multiple, sur le méme sujet. Nouv. Cours

d'Agr., t. 6, p. 524

SynonymiE. G. en écusson.à plusieurs entes.. Olir, de Serres , t. 2, p. 365, col. 2, lig. 38,

OPÉRATION. Placer deux écussons opposés, ou: un plus grand nombre , sur un sujet et. par les mêmes procédés

que pour les greffes Jouette et Vitry. (PZ. 56, fig: Q.)

Usaers. Pour multiplier les chances de la réussite, sur des arbres étrangers délicats, et pour obtenir des arbres d’un port très-pittoresque dans les jardins paysagistes. Les frênes-pleureurs, les cytises, les robiniers se greffent ainsi.

Dénomination. À la mémoire de M. Descemet, jardinier du Jardin des apothicaires de Paris, vers le milieu du siècle dernier ; homme habile dans son art, et père d’une nombreuse famille de cultivateurs et de botanistes distingués, qui ont contribué à la multiplication des arbres étrangers en France.

XIV. Greffe (Schneewoogt) en écusson, à incision faite en sens inverse de la manière ordinaire. Nouv. Cours d'Agr.,t. 6, p. 524.

Syxonymie. G. en écusson, en sens énverse. Cab. ,

Essai sur la Greffe, p. 31, alin. 3.

G. en écusson , en sens opposé. Ét. Calvel, des Arbres pyramidaux , p.78, alin. 1er., #9. 6, let. D, C.

OPÉRATION. Donner à l’écusson 7 la forme d’un triangle, dont le sommet se trouve au-dessus de l’œil, au lieu de se trouver au-dessous, comme dans la greffe en écusson ordinaire.

Inciser l’écorce du sujet en forme de J,, pour recevoir

l’écusson. (PZ. 56, fig. KR, r.)

Usaces. Propre à assurer la réussite des greffes d’arbres très-abondans en sève gommeuse.

Employée à Hières et à Gênes pour greffer les diverses espèces d’orangers,

On pourrait l’essayer avec espérance de succès sur les arbres résineux.

DÉNOMINATION. À la mémoire estimable de Schinee. woogt, fleuriste à Harlem, auteur d’un Traité sur la Jacinthe et sa culture. Get ouvrage est très-utile aux cultivateurs de ce beau genre de plantes.

XV. Greffe (Knoop) en écusson, à œil tourné par la pointe vers la terre. Nouv. Cours d AGr: .

SynonyMiE. G. à rebours. de » Agric. parf.,.

part. 1re,, p. 182,. 9. 6.

G. en écusson renversé. Roger Schabol , Prat. du Jard., t. 1, p. 79.

OrérarTron. Faire sur le sujet l’incision comme pour la greffe Schneewoogt, ou à la manière ordinaire.

Poser l’écusson, la pointe de l’œil tournée vers. la

terre. ( PL. 56, fig. S.)

Usaces. Pour obliger , disait-on , les bourgeons à croître dans une direction différente de celle qu’ils prennent ordinairement; et afin d’accélérer la fructification des greffes, et de leur faire produire de plus gros fruits. D’un usage très-limité , parce qu’elle remplit mal sa destination. Les bourgeons se redressent et ne donnent pas de fruits plus précoces et plus gros que s'ils avaient été greffés en écusson ordinaire.

DénominaTion. A la mémoire de Jean Herman Knoop, jardinier hollandais, auteur d’une Pomologie, ou description des meilleurs fruits cultivés en Europe ; ouvrage orné d’un grand nombre de figures exactes, et publié à. Lemwarde en 1756.

DES GREFFES. px

XVI. Greffe (Jansein) ex écusson, de plusieurs variétés différentes sur le méme arbre. Nouv.

Cours d’Agr., t. 6, p. 524.

SynonyMiE. Entes au bout des branches. Oliv. de Serres, Thédt. d'Agr., t. 2, p. 371, col. rre,, alinéa premier.

OPÉRATION. Elle se pratique en fente par le procédé de la greffe Atticus, et plus souvent en écusson par celui de la greffe Jouette ou Vitry.

Usaces. On l’emploie pour se procurer , sur le même arbre , des fruits de différentes formes, de diverses couleurs, et qui müûrissent les uns après les autres.

DénomiNATION. À la mémoire de M. de Jansein, propriétaire, cultivateur d’arbres étrangers de pleine terre. Il en avait réuni la collection la plus nombreuse qui existât alors (1778), dans son vaste jardin des Champs-

Elysées , à Paris.

XVII. Greffe (Duroy ) en écussons, faits successivement sur le méme arbre avec des gemma fournis par sa dernière pousse. Nouv. Cours

d’Agr.,t. 6, p. 524.

SynonvMiE. Enfes sur entes. Oliv. de Serres, Théâtre d’'Agr., t. 2, p. 338, col. 1re., lig. 1re. Vulgairement, greffes sur greffes. |

OpÉrRATION. On l’effectue en fente ou en écusson, et quelquefois simultanément des deux manières.

La greffe en fente se pratique au printemps , comme la greffe Atticus.

La greffe en écusson s'exécute à la sève d'août, de la

même manière que la greffe Vitry. On répète chaque année ces opérations, en employant toujours des scions ou gemma de la dernière pousse, pris sur la partie supérieure du même arbre.

Usaces. Plusieurs agronomes de l’antiquité, et dans les temps modernes Olivier de Serres, Duhamel , Miller, Rozier , et beaucoup d’autres auteurs, ont prétendu que les greffes sur greffes hâtaient la fructification , augmentaient le volume des fruits et les rendaient plus suaves. Pour constater un fait aussi important, on a greffé depuis plusieurs années, dans l'École d'agriculture du Muséum, un sauvageon de poirier sur lui-même. Cet arbre ne nous a, jusqu’à présent, donné de fruits que dans sa partie inférieure : la question n’est donc pas encore résolue; mais déjà on peut s’apercevoir que les feuilles des rameaux greffés le plus récemment sont les plus larges, et que ces rameaux ont moins d’épines que ceux de la partie inférieure : c’est déjà beaucoup.

Dénomination. En l’honneur de M. Duroy, physiologiste, l’un des directeurs des forêts en Prusse, et auteur de plusieurs ouvrages , dont quelques-uns traitent de l’économie forestière.

XVIIL. Greffe (Lambert) composée de celles en écusson, en approche et en fente par scions.

Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 524.

Synonvmie. G. composée. Duham., Mémoires de l Académie des Sciences de Paris, t. 55, p. 502.

G. composée. Et. Calvel, Traité des Pépin., t: 2; p-101,alin. rer, PL, 2, fig. 7.

DES GREFFES. 453 OréraATioN. Planter à six décimètres l’un de édite deux sauvageons 1, I, d’une longue existence; les greffer, par gemma, en espèce domestique à fruit parfumé et trèssucré.

Greffer par approche longitudinale les deux bourgeons qui naîtront des gemma des écussons. (Voy. 2.)

Les bourgeons bien soudés, leur couper la tête , les fendre en travers, et poser dans la fente que l’on vient de pratiquer Le scion d’un arbre domestique à fruit d'un gros volume , insipide et saus parfum. ( Woy. 3. PL. 56,

fig. T.)

Le procédé proposé par Duhamel est un peu différent, quoique tendant au même but. C’est de grefier sur un poirier sauvageon un cognassier; sur celui-ci une épine , sur celle-ci un néflier, et sur ce dernier un poirier de bonchrétien.

Usaces. Pour savoir si le mélange des sèves et des sucs propres de différens arbres ne modifierait pas la saveur des fruits, et ne pourrait pas produire de nouvelles races domestiques, dont les fruits seraient préférables à ceux que nous possédons. L’expérience seule pouvait, détruire cette opinion : elle en a démontré la fausseté.

Dévnominarion. En l’honneur de M. Lambert, botataniste anglais, à qui la science est redevable d’une bonne monographie de la belle et utile famille des arbres résineux à fruits en cônes.

XIX. Greffe (Magneville) en écusson, avec une double incision en manière de chevron brisé, au-dessus de la greffe. Nouv. Cours d’Agr., t. 6, p. 524. .

Syxonvmre, G4 des arbres résineux. Mémoires de la

Société d Agric. de Paris, année 1765, trimestre d'été, p. 39.

G. des arbres verts. Et. Calvel, Traité des Pépin., t. 2, p. 99» PL à, fig. 7, let. B, C.

OPÉRATION. Faire à la tige d’un jeune sujet une incision en forme de F, comme pour la greffe Vitry; former, à quatre ou cinq millimètres (environ deux lignes) audessus de la barre du T', une double incision , en manière de chevron brisé, qui coupe l’écorce jusqu’à l’aubier dans la largeur d’un millimètre (moins d’une ligne). (PL. 56,

Lever sur l’arbre qu’on veut multiplier un écusson ordinaire , l’introduire dans la plaie du sujet et ligaturer la

greffe.

Usaces. Pour multiplier plus sûrement les arbres à sève résineuse , gommeuse ou très-abondante.

Déxomwixarion. À la mémoire de Magneville, cultivateur, propriétaire aux environs de Caen. Ia naturalisé dans $es possessions beaucoup d’arbres étrangers , qui depuis se sont multipliés dans son département, et il a in-

venté cètte greffe en 1754.

XX. Greffe (Sintard) ex écusson, couvert par une plaque d’écorce d’un autre arbre. Nouv. Cours

d'Agr., t. 6, p. 524.

SyNonymre. Ente en écusson couvert. Oliy. de Serres, 5 À . .

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