col. 2, lis
OPÉRATION. Faire au sujet deux incisions, comme pourlagreffe Vitry, et y poser l'écusson de la même manière.
Luter avec de la cire molle toutes les scissurés de
AU dE , Éd ,, l'incision , et couvrir la partie opérée d’une plaque d’é-
DES GREFFES. 455 ‘corce prise sur un autre arbre , percée à l’endroit où se trouve le bourgeon de l’écusson et maintenue par une gature. (PZ. 56, fig. V.)
UsaGes. D’une pratique trop minutieuse pour être employée à la multiplication en grand , mais recommandable pour des espèces rares et délicates.
DéxominATIon. À la mémoire de Sintard, jardinier en chefdu Jardin des Plantes de Paris, au commencement du siècle dernier. I employait utilement cette greffe pour multiplier les rosiers d'Alexandrie.
XXI. Greffe (Aristote) en écusson carré, placé sur un sujet dont l'écorce rabaissée ou relevée le recouvre à moitié.
SynonyMiE. Ente en écusson, autre sorte. Oliy. de Serres, Théât. d'Agr., t. 2, p. 366, col. 2, alinéa 1er., et même tome, p. 399, col. 2, alinéa 1er,
OPÉRATION. Faire trois incisions à l’écorce du sujet, l’une horizontale, et deux autres latérales et parallèles, de manière que l’on puisse rabaisser ou relever l'écorce ainsi coupée. (P/. 56, fig. X.)
Tailler une plaque d’écorce munie d’un bon œil, qui
puisse recouvrir exactement la plaie faite au sujet, relever
ensuite l'écorce abaissée, et recouvrir l’écusson jusqu’audessous de son bourgeon, luter les scissures et ligaturer le tout.
Usaces. Fort en usage du temps d'Olivier de Serres, pour greffer les bonnes espèces d’oliviers sur l’olivier sauvage ; mais abandounée depuis; parce qu’elle est d’une pratique longue et minutieuse.
DÉNOMINATION. À la mémoire d’Aristote , rhilatle
macédonien , qui a traité de plusieurs branches de l’écomomie rurale, et particulièrement de la vigne et de l’olivier, arbre auquel cette greffe est plus particulièrement
destinée.
XXII Greffe (Sennebier) ex écusson, par portion d’yeux terminaux.
Opération. À défaut de gemma latéraux, on peut fendre en deux ou en quatre parties égales des yeux terminaux, et greffer chacune de ces parties, soit à œil poussant, soit à œil dormant, en des incisions en T, pratiquées sur de jeunes sujets. (P/. 56, fig. X.)
Usaces. Addition utile aux moyens ordinaires de multiplication, pour des arbres rares, à gemma écailleux, et surtout pour ceux à branches opposées.
Dénomination. À la mémoire de Sennebier, physiologiste génevois du siècle dernier, qui a enrichi la physique végétale de plusieurs découvertes utiles aux progrès
de l'agriculture.
XXIIL. Greffe (Butret) ex écusson d'espèces de méme genre ou de même famille, qui diffèrent par la durée du feuillage, ou les époques du mouvement de leur sève.
Synonvmie. G. Liebaut. Nour. Cours d’Agr., t. 6, p. 525, n°. 18. Vulgairement G. hétéroclite.
OPÉRATION. Sur un sujet qui perd ses feuilles chaque année, sreffer un arbre du même genre dont le feuillage est permanent , et vice versä.
Placer sur un arbre dont la sève se met tard en mouve-
ment une espèce de même genre qui entre en sève plustôt.
Greffer sur une espèce à sève douce et insipide une autre espèce dont le suc est âcre et corrosif. À
Usaces. Pour prouver qu’il ne suffit pas de greffer l’un sur l’autre des arbres de même famille, de même genre et de même espèce, pour obtenir une réussite complète ; mais qu’il faut encore que les mouvemens de la sève ascendante et descendante , ainsi que les qualités des sucs propres soient à-peu-près les mêmes : sans cela ces greffes, mal assorties, périssent en peu d’années.
DéxominaTion. À la mémoire de feu M. Butret , cultivateur, philosophe , et auteur d’un Traité raisonné de la taille des arbres fruitiers, ouvrage imprimé en 1795, qui, en 1821, était à sa seizième édition, et qui devrait être le catéchisme de tous les jardiniers qui cultivent des
arbres fruitiers.