‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 123 sur 135 · JI · texte numérisé non relu

JI

Dans le cas où le jeune individu aurait continué de croître, il se serait greffé naturellement sur le sujet, et il eût été curieux de savoir ce que seraient alors devenuesles racines. Auraïent-elles continué à pénétrer dans la moelle ? Seraient-elles mortes, faute de pouvoir s'étendre , et la greffe aurait-elle vécu, comme toutes les autres, des sucs nourriciers puisés dans le sol par les racines du sujet?

La greffe dite des charlatans est encore une de ces opérations que l’on ne peut considérer comme une greffe. Voici en quoi elle consiste : après avoir coupé à une hauteur plus ou moins grande un tronc d’un diamètre assez fort, on le perfore intérieurement par son centre, de manière que l'arbre opéré présente, depuis ses racines jusqu'au point où l’on a tranché sa cime, une espèce de cylindre creux. On réunit dans ce cylindre plusieurs jeunes individus de familles différentes, dont on fixe les racines en terre, et dont Les tiges s'élèvent au-dessus de la section horizontale de l'arbre qui les contient. ( PL. 56,

fig. EE.)

Nous avons déjà eu occasion d'observer que la végétation active des végétaux résidait principalement dans l'écorce et l’aubier; il n’est donc pas étonnant que l’arbre perforé continue de vivre. Quant aux individus qui se trouvent inté-

DES GREFFEFS. 485 rieurement , ils prennent leur accroissement : forment des bourrelets à la partie supérieure de l'opération, et produisent, par la différence de leur feuillage , de leurs fleurs ou de leurs fruits À un effet souvent trés-agréable, toujours fort singulier.

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