‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 4 sur 135 · FI · texte numérisé non relu

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1". Année... . . . .. Avoine fumée.

A'innée . . . . . Blé sans engrais.

BAIE. . . . . : ‘Jachere complète.

L'année de jachère, le sol, selon sa nature, reçoit deux, trois et parfois jusqu’à cinq et six labours, plusieurs hersages et un engrais eopieux. Certes 1l n’y a pas économie de maind'œuvre.

L'avantage que l’on trouverait à détruire les jachères serait de rendre productifs environ une trentaine de millions d’arpens qui restent chaque année incultes sur le sol francais.

Les raisons qu'on allégue pour les conserver sont :

De laisser reposer la terre après deux années de cultures épuisantes ; de se procurer le temps nécessaire pour façonner convenablement le terrain destiné aux semis d'automne, et de faire périr les racines des plantes adventices qui se sont emparées du sol; de fournir à la nourriture des troupeaux, en leur procurant un exercice salu-

DES ASSOLEMENS. 9 taire; de ne se pas mettre dans la nécessité d’acheter des engrais.

Il est facile de prouver que toutes ces raisons sont peu fondées. Et d’abord, loin de s’améliorer en ne donnant aucune production, le sol se détériore. Il ne peut, en effet, absorber dans l'atmosphère et retenir au profit de la végétation aucun gaz nourricier (1); 1l doit, au contraire, laisser échapper en pure perte ceuxqu'il contient.

Ees labours donnés à propos peuvent, à la vérité, améliorer la couche végétale; mais ces labours, loin d’être exclus d’un bon système d’assolement, sont, au contraire, impérieusement commandés par ce système.

Il est facile d’ailleurs de trouver des assolemens qui permettent le pacage et qui procurent aux animaux, avec un exercice aussi salutaire, des alimens bien plus abondans que les terrains en friche. Quant aux mauvaises herbes, les cultures sarclées les détruisent, et pourle temps, on en a toujours assez dans une ferme bien organisée. Les cultivateurs belges, les Alsaciens, prouvent depuis long-temps cette vérité.

Enfin, le manque d'engrais provient uniquement de ce que l’on cultive trop de végétaux épuisans et pas assez de plantes fertilisantes.

(1) Woyez la Chimie agricole de Davy.

io |: COURS DE CULTURE.

Répétons-le ici : ayez des prairigs artificielles, elles vous procureront des fourrages, avec lesquels vous éleverez des bestiaux, qui vous donneront des engrais, et avec des engrais vous obtiendrez d’abondantes récoltes.

Voilà, en quelques mots, la base de tout bon système d'agriculture. Ne devrait-on pas s’étonner de voir suivre si peu généralement des principes aussi simples ?

Cependant il ne faut pas sans examen s'élever contre la routine et l’entêétement des habitans des campagnes : beaucoup d’entre eux ne reculeraient pas devant l’idée de détruire les jachères, s'ils avaient assez de moyens pécumiaires pour se procurer des bestiaux et pour augmenter le nombre des ouvriers, s'ils étaient süurs de trouver le débit de leurs denrées. D’autres suivraient volontiers de bons exemples d’assolemens; mais ils n’osent tenter, les premiers, des expériences dont le succès leur paraît incertain. D'ailleurs, la courte durée des baux de fermages est encore un obstacle. Le simple laboureur, qui ne doit récolter les produits des terrains qu'il cultive que pendant trois, six ou même neuf années, doit nécessairement négliger l’entretien des clôtures, la plantation des arbres et de tous les végétaux dont il ne peut tirer profit pendant la courte durée de sa jouissance. C’est ainsi que les

DES ASSOLEMENS. TI propriétés se détériorent annuellement au lieu de s'améliorer.

Conseillons donc aux propriétaires de prolonger la durée de leurs baux, d'’instruire leurs fermiers dans la théorie, de les encourager, de les aider dans la pratique des nouveaux assolemens. Disons aux fermiers qu'il est plus profitable de bien cultiver un champ que de mal en cultiver deux; qu’il n’est pas indispensable d’assoler la même année tous leurs terrains, et que, sans augmenter d’abord leurs dépenses, ils peuvent marcher graduellement vers un meilleur système de culture, vers une aisance assurée.

Je crois en avoir assez dit pour prouver l’avantage d’un bon mode d’assolement : je vais maintenant en présenter quelques exemples pour divers climats et des terrains de nature différente. Remarquons avant tout que les assolemens les plus longs doivent toujours, toutes choses égales d’ailleurs, être préférés aux autres, parce que les mêmes végétaux doivent revenir sur le même sol le moins fréquemment possible. Ce principe est une déduction naturelle de ce que je viens d'exposer au commencement de ce chapitre.

I. ÆAssolemens propres à un climat tempéré, plus humide que sec, en terre graveleuse ou sableuse, d'un grain friable, et en général dans les terres sèches et d’un labour facile, connues sous la dénomination de terres à orge et à seigle.

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