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IV. LABOURS AVEC LES BÈCHES

Ils sont affectés plus particulierement aux cultures soignées qui se pratiquent dans les diverses sortes de jardins.

Les ouvriers emploient les bêches de la même manière que les fourches ; selon la profondeur à laquelle ils remuent la terre, les labours recoivent diverses dénominations.

On nomme labours à demi-fer de béche ceux qui ne pénètrent qu’à la profondeur de o",108 à om,162 (quatre à six pouces; ; labours à un fer de béche, ceux qui retournent le sol de 0,244 à 0,325 (neuf pouces à un pied), et enfin /labours a double fer de béche, ceux qui parviennent jusqu’à om,487 à o",541 (dix-huit ou vingt pouces), au moyen d’une seconde levée de terre dans la jauge.

Pour que ce travail soit bien fait, la jauge doit être dressée et maintenue partout à la profondeur arrêtée; il faut que les mauvaises herbes soient enterrées le plus profondément possible, ou rejetées sur le sol pour être brülées , si leurs racines sont traçantes, que la terre, émiettée et unie à sa surface , soit enfin épurée de tout corps étranger.

Les labours à la bèche sont propres aux semis, aux repiquages, aux plantations et à façonner la terre au pied des cultures de plantes et d'arbres : ce sont les mieux faits, mais les plus dispendieux de tous.

En général, le temps propre aux labours est l'automne et le printemps.

Ceux d'automne conviennent aux terres compactes, qui ont besoïn d’être divisées par les pluies, les neiges, les glaces et les häles de lhiver; les autres sont propres aux terres légeres.

Avant de semer des grains, on donne souvent trois, quelquefois quatre et cinq labours, le premier à l'automne, après la récolte, les autres pendant l’hiver et le printemps. Cette pratique est excellente dans les terres fortes.

Dans les jardins légumiers, fleuristes et de botanique , on laboure tant que la terre est maniable, parce qu'on sème et qu'on plante dans les quatre saisons.

En général, il ne faut pas labourer par le hâle ou la sécheresse, de peur de dépouiller le sol du peu d'humidité qui lui reste; des labours nombreux sont cependant parfois indispensables pendant l'été d’une année de jachère, pour débarrasser un champ des mauvaises herbes dont il est infesté.

SEPTIÈME SECTION

ÉPIERRAGES.

Les pierres qui se trouvent dans la couche de terre végétale et à sa surface ne sont pas toujours défavorables aux cultures , quelquefois au contraire elles leur sont nécessaires; dans d’autres cas, elles ne produisent ni bien ni mal. Il est bon

TRAVAUX BE TERRASSE, ETC. 105 de savoir apprécier ces diverses circonstances, pour ne pas faire un travail quelquefois nuisible, souvent inutile et toujours dispendieux.

Comme nous l'avons déjà vu, un so! pierreux, qui a de la profondeur et que les racines peuvent pénétrer, convient à beaucoup d'espèces d’arbres forestiers et d’alignement, qui s’y élèvent à une tres-grande hauteur.

Il est propre, sur des coteaux , à des latitudes et à des expositions convenables, à la culture de la vigne, de l’amandier, des arbres à fruits à noyaux , du figuier, de l'olivier, etc. |

Si les pierres se trouvent dans un terrain argieux, humide et froid, elles sont utiles aux cultures des céréales, en rendant Île. sol pénétrable à leurs racines, et en facilitant l'écoulement des eaux.

Lorsque des pierres de nature calcaire et de couleur blanche se trouvent répandues sur un sol sec, à une exposition très-chaude , elles sont favorables à la plupart des cultures, en reflétant les rayons solaires et les empéchant de vaporiser l'humidité nécessaire à la végétation.

Mais les pierres sont nuisibles à presque toutes les cultures de jardinage qui ont pour objet les légumes, les fleurs, les arbustes, quelques arbrisseaux et beaucoup d'arbres étrangers qui composent des bosquets et des massifs, ou for-

ment des allées : dans ce cas, il faut les extraire. On les rejette d’abord de la jauge ou de la tranchée en labourant ou en défonçant le terrain ; et on les réunit ensuite en tas sur la surface au moyen d’un râteau à longues dents de fer, pour les transporter enfin hors des cultures. Lorsqu'elles sont sur les coteaux ou dans leur voisinage, et qu'elles ont une certaine grosseur, elles sont employées utilement à former les petits murs en pierres sèches, destinés, comme nous l’avons déjà vu, à soutenir les terres des terrasses sur lesquelles on cultive la vigne, quelques arbres fruitiers, etc. (1)

HUITIÈME SECTION

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