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IV. RIGOLES DE DESSÉCHEMENT

Les rigoles de desséchement sont de deux sortes. Les unes sont de simples enfoncemens non recouverts; les autres se pratiquent plus profondément sous la couche de terre végétale, £t sont recouvertes dans toute leur étendue : celles-ci peuvent s'appeler rigoles ostensibles, celles - là rigoles cachées.

Celles de la première sorte ont pour but de détourner les eaux tombantes sur un terrain en pente rapide, qu’elles ne peuvent pénétrer avec promptitude, et de les diriger vers les lieux où elles ne sont pas nuisibles.

Celles de la deuxième sorte ont pour objet d'ouvrir un libre écoulement aux eaux dont l’infiltration rendrait , sans elles, le sol marécageux.

Les unes et les autres ont pour but de ne laisser sur le terrain que la quantité d’eau nécessaire au maintien prospère de la végétation.

Les rigoles ostensibles se creusent, dans la grande culture, avec le soc de la charrue à oreille ou à versoir, et dans le sens de la pente la plus

L2 . . . v rapide du terrain. Cette pratique a lieu pour les

sols argileux, dans les climats humides; mais

dans les climats chauds, où les pluies d'orage ne sont qu'accidentelles, et sur les terres plus sèches qu'humides, les rigoles sont dirigées de maniere à couper les pièces suivant différens angles plus

ou moins ouverts. On les rapproche d'autant plus

les unes des autres que les pentes sont plus rapides et que les orages fournissent habituellement une plus grande quantité d’eau à-la-fois.

Celles-ci n’ont pas pour but de chasser, mais bien de diviser, au profit de la végétation, les eaux, qui, sans cette précaution, formant des torrens, pourraient détruire des cultures herbacées, entraîner dans les vallées toutes les terres végétales qui couvrent le tuf, et rendre le sol stérile pendant un grand nombre d'années.

Les rigoles de desséchement pour les eaux infltrées dans les terres s'établissent de plusieurs manières. Les plus simples, les plus aisées à cons- -truire, mais aussi les moins solides et par conséquent celles qui remplissent le moins leur destination, ne sont que de petits fossés de 0,325 à 0,650 (un à deux pieds) de profondeur , sur 0%,650 à 0,975 ( deux à trois pieds ) de largeur au niveau du sol, et dont le fond, creusé en auget, n'a que la largeur d’un fer de bèche. On les laisse le plus ordinairement à découvert, et elles

+ TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 113 coupent le terrain suivant ses différentes pentes, afin de conduire hors du sol les eaux qui s’amassent sur quelques -unes de ses parties, dans diverses saisons de l’année. Ces rigoles sont d’une utilité beaucoup plus certaine lorsque, dans une terre qui repose sur un lit de glaise supporté par un banc de gravier, on peut les creuser jusqu’à ce dernier banc, comme on l’a figuré PL. 45,

fig. 11 : on est bien sûr alors que les eaux S'y perdent, et que le terrain en est débarrassé. Les rigoles cachées où sourdes, comme les appellent quelques cultivateurs, se distinguent de celles dont je viens de parler en ce qu’elles sont recouvertes d’une couche de terre assez épaisse pour être cultivée à sa surface comme le reste du champ. Celles - ci doivent, en général, avoir des dimensions plus grandes que les précédentes. Elles ont la forme d’un carré long, parfois également large du bas et du haut, parfois d'un quart plus étroit à la base, parfois enfin terminé inférieurement par un angle aigu. Il en est dont la partie qui se trouve au-dessous de la couche végétale est remplie de pierres, d’autres qui laissent des vides plus ou moins grands. La terre qui les recouvre est supportée par des fagots, des plaques de gazon, des soliveaux ou des briques de différentes formes.

Celles - c1 ont sur les autres l'avantage de ne à. fe]

pas morceler le terrain, et par conséquent de ne rien enlever à la culture, Si l’on faisait, en France, un usage plus général des rigoles de desséchement, on emploierait utilement une grande quantité d'excellentes terres qui ne donnent que de mauvaises pätures, dont on tire à peine quelques produits pendant une très-petite partie de l’année, et qui deviennent malsaines pendant tout le reste.

Les rigoles d’arrosement, quoique un peu plus employées, le sont cependant encore trop peu, surtout dans nos départemens du midi :

elles pourraient, chaque année, y doubler et même quadrupler les récoltes sur le même sol.

NEUVIÈME SECTION

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