BIN AGES
Biner, c'est diviser, émietter ou ameublir la surface de la terre pour détruire les mauvaises herbes qui croissent à sa superficie, et rendre la couche extérieure plus apte à s'emparer de l'humidité de Fair pendant la nuit, et plus perméable à l’action de l'air et des gaz.
Le mot binage indique une opération qui se fait pour la seconde fois. Effectivement, on ne bine que sur les terres qui ont été labourées précédemment ; le binagé est le deuxième, et souvent le dernier travail nécessaire aux cultures agrestes.
Les binages se donnent, à la campagne, aux cultures de plantes semées par rayons ou en augets , à des distances telles que la binette puisse passer entre les individus sans nuire à aucun d’eux ; ce qui ne pourrait avoir lieu dans des semis faits à la volée.
On bine les vignes, le pied des oliviers, des arbres fruitiers , et en général de tous les végétaux ligneux plantés depuis peu d’années, et à
on donne à ce plateau une forme carrée, pour qu’il recouvre alternativement tout le terrain : pour plomber des pots on
Farrondit, (O. L.)
la réussite desquels on met de l'importance. La houe est l’outil employé à ce travail.
Dans les jardins, on bine les carrés, les planches et les plates-bandes de légumes, de fleurs, de pépinières, de toutes les cultures enfin qui sont suffisimment espacées.
Les binages sont nécessaires lorsque la surface de la terre se couvre de mauvaises herbes naïissantes, dont l'accroissement rapide menace de nuire aux cultures établies ou même de les détruire. Dans ce cas, on choisit pour faire ce travail un temps sec ét un soleil ardent. Les plantules coupées par la binette et couchées sur la terre sont bientôt desséchées par le häle.
Lorsque la surface du sol, battue par des pluies abondantes, serre le collet des racines des plantes cultivées, on bine la terre pour l’émietter : dans cette circonstance on choisit un temps orageux et qui annonce des pluies prochaines.
On. bine encore autour des jeunes plantes pour faciliter le développement de leurs racines, et activer, par conséquent, leur végétation. La terre des végétaux cultivés dans des caisses et des pots se bine plusieurs fois dans le courant de l’année, lorsqu'elle se durcit à sa surface.
On bine avec diverses sortes de binettes, de serfouettes, de bêches, de houes, de ratissoires et autres instrumens propres à remuer la terre
à une profondeur de 0",027 à 0",081 (un à trois pouces) suivant le besoin des cultures, la nature des terrains et les localités.
DIX - NEUVIÈME SECTION
BÉCHOTTAGE.
Petit labour fait à la bêchette, qui ne remue la terre qu’à la profondeur de 0%,054 à o",108 (deux à quatre pouces). Le béchottage se distingue du binage, en ce qu'il a pour but de retourner une petite portion de la couche végétale
supérieure, tandis que l’autre n’a pour objet que
de gratter et d’ameublir la surface du sol.
Il est particulièrement employé dans la culture des pépinières, des jardins légumiers et fleuristes , pour ameublir la terre entre les lignes de jeunes arbres , de légumes et de fleurs, qui sont très-rapprochés les uns des autres, et dont les racines, se trouvant à peu de profondeur, pourraient être coupées par un labour plus profond,
C’est surtout au pied des arbres résineux de la famille des conifères qu’on emploie le béchottage, afin de ne pas détruire leur chevelu , qui, ioin d’être annuel comme celui des arbres estivaux, se conserve au contraire pendant un tresgrand nombre d’années. Ce travail est encore
PT
fort utile, et préférable à tous les autres pour ameublir et retourner la terre, au printemps, dans les planches de tulipes, de jacinthes et autres plantes de cette nature, lorsqu'elle a été battue par des pluies abondantes et qu’elle commence à se couvrir de mauvaises herbes.
VINGTIÈME SECTION
SERFOU AGE.
Beaucoup de jardiniers nomment ainsi un travail quia pour objet de remuer la terre tout au- * tour des jeunes plantes, jusqu’auprès du collet de leurs racines. On l’opére avec la serfouette. Exécuter ce travail s'appelle serfouir ou serfouetter ( circumfodere ).
On ne pratique le serfouage que pendant la beile saison, dans la petite culture et le jardinage. Il a pour but principal d’ameublir la terre battue par les pluies autour des jeunes plants d’arbustes et de végétaux herbacés qui se cultivent par rayons, en augets, ou qui ont été repiqués séparément à de petites distances les uns des autres ; de casser avec les dents de la serfouette l'extrémité des petites racines et de leur chevelu, à l'effet de multiplier les bouches nourricières, en les obligeant à se ramifier, de donner plus de vigueur aux plantes, et enfin de rendre la
TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 145 terre plus apte à s'emparer de l'humidité de l’air, qu’elle fait tourner au profit de la végétation.
Pour les caisses rentrées pendant l’hiver dans les orangeries et les serres, on fait usage des houlettes; enfin, pour les pots on emploie le grattoir.