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PRÉPARATION DES GRAINES

Sept choses sont à considérer pour faciliter la germination des graines; il faut, selon les circonstances :

1°. Séparer les graines de leurs enveloppes extérieures , c’est - à - dire les extraire des épis, des siliques, des gousses, des capsules, des drupes, des cônes qui les contiennent, afin de mettre le germe en contact plus immédiat avec la terre et de faciliter l'extension de la radicule et de la plumule. On ne doit faire cette opération que peu de jours avant les semis, parce que ces enveloppes, qui nuisent, dans le sol : à la germination, contribuent, à l'air libre, à la conservation des propriétés germinatives.

2°. Faire tremper pendant un, deux ou trois jours , dans de l’eau à la température de l'air, les semences de quelques espèces, telles que les pois, les haricots, le riz , etc., ete., pour amollir les enveloppes , faire gonfler les cotylédons, dilater le périsperme, préparer enfin et hâter la germination.

5°. Laisser pendant dix, vingt ou trente heures,

selon leur dureté, dans de l’eau amenée de vingtcinq jusqu’à quarante-cinq degrés (1), les graines osseuses et surannées de végétaux des climats plus chauds que le nôtre, afin de faciliter la rupture des noyaux, dont la dureté ne permettrait pas aux germes de s'étendre. Cette pratique peut accélérer de six, et parfois même de quinze mois, la germination de ces graines; mais il faut que la chaleur de l’eau augmente graduellement ; si elle passait subitement au maximum que je viens d'indiquer, elle pourrait nuire beaucoup aux germes.

4°. Faire subir l'opération du chaulage aux grains viciés dé nielle ét de carie, tels que ceux des blés, des orges, des maïs et autres céréales (2).

5°. Plonger et laisser tremper plusieurs heures, dans de l’eau mélangée d'acide muriatique oxigéné ( chlore), les semences vieillies , et particuliérement celles dont l'enveloppe est très-dure et le périsperme corné. Dans ce cas sont les graines des rubiacées, des sapotées, des légumineuses, des palmiers ; des ilex, etc.

Douze à quinze gouttes d’acide (3) dans un

(1) Thermomètre de Réaumur.

(2) Je renvoie, pour ce que j'aurais à dire ici du chaulage , à la page 255 du premier volume , où l’on trouvera les détails suffisans pour diriger cette importante opération.

(5) Cette quantité n’est pas tellement précise que l’on

DES SEMIS. 183 demi-setier d’eau un peu plus chaude que la température atmosphérique forment un mélange très - propre, d’après les expériences de M. de Humboldt, non-seulement à hâter plus qu'aucun autre moyen la germination de toutes les graines, mais encore à rendre les propriétés germinatives à celles dont les germes paraissent annulés.

6°. Stratifier immédiatement après la récolte les graines qui perdent promptement leurs propriétés germinatives, comme celles des rubiacées, des lauriers, des myrtes, des épines, des chênes , des amandiers, et les noyaux d’arbres fruitiers. NEA

La stratification s'effectue ordinairement dans du sable très-fin ou de la terre presque sèche ; elle consiste à placer lit par lit dans une caisse, une terrine ou tout autre vase, d'abord un ou deux pouces de terre, puis des graines, puis un pouce de terre, et ainsi de suite jusqu’à

doive craindre de la dépasser. J’ai la certitude que le chlore ne nuit pas aux germes, lors même qu’il donne à l’eau une saveur très - légèrement acidule ; ce qui suppose sa présence en bien plus grande quantité qu’on ne l’indique ei. Je dois ajouter cependant que les expériences dont j'ai été témoin n'avaient pour objet que des graines osseuses et sur les germes desquelles l’acide n’a pu avoir d'influence qu'après plusieurs jours, ou sur des graines à périsperme coriace, que ieur dureté défendait contre une action trop forte. (0. L,) .

ce que le vase soit plein jusqu’à son orifice (1). 7°. Fêler enfin les noyaux , et pour ainsi dire

accoucher les germes dont les enveloppes ont été

durcies par le temps qui s’est écoulé depuis leur

maturité. Dans ce cas sont les noyaux de pêches,

(1) Certaines graines, pour ne pas perdre leurs propriétés germinatives, doivent être déposées dans le sol aussitôt après leur maturité : il est naturel d’en conclure qu’elles redoutent également les effets d’une vive lumière et l’influence immédiate de l’air libre. L'observation nous a démontré, en outre, que la chaleur accompagnée de sécheresse leur est préjudiciable dans tous les cas, autant et peut - être plus que l’extrême humidité. Nous devons donc chercher à les défendre contre ces diverses causes de stérilité, en les placant en des substances propres à conserver long-temps une légère humidité, à s’imprégner d’une douce chaleur et à se laisser pénétrer par l'air :tel est, par exemple, le terreau.

Le Muséum a recu plusieurs fois d'Amérique de trèsgrandes caisses de semences stratifiées dans du bois pourri ; le temps de la traversée avait suffi pour les faire presque toutes germer : elles arrivèrent constamment dans le meilleur état possible.

Autant cetie humidité légère est favorable, autant elle deviendrait nuisible si elle augmentait, et surtout si elle agissait dans un lieu où l’air ne pourrait circuler librement; elle occasionnerait une fermentation putride, qui détruirait infailliblement les germes : nous ayons eu souvent des exemples de cette vérité. Pour prévenir de semblables accidens, on a tenté de stratifier dans du charbon; ce moyen, trèsbon si les caisses devaient être déposées dans un lieu trop humide , est au contraire très - nuisible si elles sont placées dans un endroit sec. (O. L.)

DES SEMIS. 189 d'amandes, de prunes et de plusieurs autres fruits indigènes ou étrangers.

Tels sont les divers moyens de préparer les graines ; ajoutons quelques généralités sur les expositions, les terrains et les substances diverses qui conviennent le mieux à chaque espèce de semis, et remarquons d’abord qu'il ne peut se faire aucune germination sans air.

DEUXIÈME SECTION

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