DES SEMIS
Nous allons successivement traiter des différens moyens de multiplier les végétaux. Chez eux, les principes de vie sont également répandus, et
(1) En commencant à parler des semis, M. Thoüin quittait la salle du cours pour continuer ses lecons en présence des élèves, dans l’École d’agriculture-pratique. Cette école étant aujourd’hui ce qu’elle était du vivant du professeur, les personnes qui seront à même de la parcourir pourront, le livre à la main, consulter, sur la nature, les résultats des opérations décrites dans ce chapitre et les quatre suivans. C’est là qu'ont été faits presque tous les dessins relatifs, dans l'Atlas joint à cet ouvrage, aux clôtures, aux semis, aux marcoties, aux greffes, aux boutures, aux plantations et à la taille des arbres fruitiers, (O L.)
DES SEMIS. 179 tellement combinés dans presque toutes leurs parties, que chacune de ces parties est susceptible de produire un nouvel individu, si elle est placée pour cela dans les circonstances les plus favorables, apres avoir été séparée du végétal
auquel elle doit l'existence. C'est ainsi qu’on voit
se perpétuer une foule de plantes vivaces herbacées et de végétaux ligneux par la voie des drageons, des stolons, des œilletons, des caïeux, des soboles, des tubercules, des marcottes , des grefles et des boutures; mais ces divers modes
de multiplication (1), tout en propageant les individus, tendent insensiblement à détériorer
les espèces : telle est du moins à cet égard lopinion générale, et cette opinion est appuyée sur des faits trop nombreux pour qu'il soit possible de la rejeter, même dans les circonstances où les progrès du mal sont encore inaperçus. La multiplication la plus naturelle est donc celle des semis.
Usages. Les semis seuls peuvent faire naître les végétaux et perpétuer sur la terre l'existence des plantes monocarpiques (2); c’est par leur
(1) Il est surtont question ici des marcottes, des greffes et des boutures. (O. L.) :
(2) Qui ne fructifient qu’une seule fois : ce sont les plantes annuelles et bisannuelles.
moyen que l'on obtient les végétations les plus belles et les plus durables ; que l’on peut régénérer les espèces détériorées par les changemens de sols, de climats, ou par les multiplications artificielles; que l’on donne naissance à de nouvelles variétés, souvent préférables aux espèces dont elles proviennent, et que l’on accélere la naturalisation des végétaux de pays plus chauds que celui dans lequel on cultive.
Les semis sont presque uniquement employés pour multiplier les plantes dont les produits servent de base à la nourriture de l’homme dans ioutes les parties du monde , soit qu'ilse nourrisse desgrains ; soit qu'il vive de la chair des animaux herbivores.
Ils servent encore à la reproduction des plantes qui fournissent les matières premières employées pour la fabrication de nos vêétemens , à celle des végétaux recherchés dans les arts ou destinés à former des bois taillis et des futaies.
Pour assurer le succès des semis. nous devons apprendre a préparer les graines, à choisir convenablement les expositions, les substances et les époques les plus favorables au développement des germes ; à connaître /a durée approximaiive de leur fertilité, la manière de semer, et la profondeur à laquelle les graines doivent être enterrées ; à exécuter enfin ces travaux
DES SEMIS. 181 connus sous les noms de Lersage, plombage et
paillage.
PREMIÈRE SECTION