‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 82 sur 135 · CHOIX DES SUBSTANCES PROPRES AUX SEMIS · texte numérisé non relu

CHOIX DES SUBSTANCES PROPRES AUX SEMIS

Les grosses graines des plus grands arbres, dont les racines, fortes, épaisses et coriaces, sont peu garnies de chevelu, comme les noyers, les frênes, les chênes, etc., etc., prospèrent dans les terres argileuses. Ces mêmes terres, situées en plaine et convenablement amendées, sont aussi, comme chacun sait, favorables aux semis de diverses plantes économiques, telles que les blés, quelques fourrages, la garance, etc. , etc.

Les sols maigres, calcaires ou siliceux conviennent particulièrement, sur les montagnes, aux semis d'érables, d'arbres fruitiers à noyaux, de mélèzes, de châtaigniers et de hètres ; sur les coteaux, aux vignes, aux oliviers, aux rosiers; dans la plaine enfin, aux seigles, à quelques plantes de prairies artificielles, telles que le sainfoin et le trèfle rampant, et à divers végétaux propres aux arts. |

Les terres de jardins, amendées, fumées et ameublies, sont propres à recevoir les semis de presque toutes les espèces d’arbustes, d’arbris-

seaux , de légumes et de fleurs de nos climats. Cependant on doit préférer pour les semis faits en pots, et particulièrement pour ceux des plantes étrangères peu délicates, une terre mélangée, composée, comme nous l'avons dit précédemment (1), ou plus simplement de deux parties de terre franche, quatre parties de terre d’ancienne prairie , trois parties de terreau de fumier et une partie de sable fin. De tous les mélanges celui-ci nous à toujours paru le meilleur, parce qu'il permet aux radicules et aux faibles chevelus de s'étendre librement; il absorbe aisément et retient long-temps l’eau nécessaire à la végétation des plantes; il ne devient ni trop limoneux en simbibant, ni trop dur à sa surface en se desséchant; il contient enfin , en de justes proportions , l’alumine , la silice, la terre calcaire et Phumus. :

Le terreau de bruyère convient parfaitement aux graines fines des plantes alpines, des liliacées , des rosages, des bruyères et autres arbrisseaux du cap de Bonne-Espérance et de la Nouvelle-Holiande. Les plus fines de ces semences, les graines des campanules, des lobelia, des kalmia, des millepertuis, etc. , etc., lèvent très-bien

(1) Page 316 du premier volume.

« DES SEMIS. 194 sur le terreau de bruyere, recouvertes seulement d’un peu de mousse.

On sème sur terre, et dans des vases dont le fond est placé dans l’eau, les graines des vaccinium, des spiræa américains, du cyprès distique, des orchis, des ophrys, serapias, et autres plantes des lieux humides à semences ordinairement fines. ,

La terre limoneuse couverte d'eau convient aux semis des nymphæa, des trapa, des stratioles, des potamogeton, des chara, des phellandrium, des sium, de quelques renoncules, d’un petit nombre de céréales (1) et autres plantes aquatiques.

Les graines de muüriers, d’arbousiers, de fraisiers et autres fruits à pulpe visqueuse réussissent trés-bien sur des cordes de tissu végétal. Celles de paille cordonnée, de jonc, de ,sparte ou de tilleul doivent être préférées; on les plice au fond de rayons de 0,162 à o",271 (six à dix pouces }, et après les avoir couvertes de müres, de fraises, etc., etc., que l’on écrase sur toute leur’ circonférence; on recouvre ce semis d’un léger lit de mousse et de terre en poussière : à mesure que le jeune plant s'élève, il se trouve

(tr) La zizania ou folle avoine, la manne de Pologne ( festuca fluitans ) et le riz.

chaussé naturellement par les terres qui s'éboulent dans le rayon.

On fait aussi lever facilement, sur dx coton imbibé d'eau, des semences fines de la nature de celles des dorstenia, des figuiers, et en général beaucoup de graines de plantes des zones chaudes et brülantes, qui réussissent rarement quand on

les sème en terre. Lorsqu’elles sont germées , on

les enlève de dessus le coton , et si on les place dans un sol très - humide elles continuent de croître. Quelques autres, comme celles des drosera, pinguicula, dyonea, pyrola, etc., doivent être semées entre deux légères couches de mousse entretenues très-humides au moyen d’un vase plein d’eau, dans lequel on plonge, jusqu'à leurs bords, les pots qui contiennent Îles semis.

On sème sur des végétaux vivans toutes les plantes parasites que l’on veut multiplier dans les jardins botaniques ou les serres, telles que plusieurs espèces de lichens, de jungermannia, dhypnum, de lycopodes, de fougères, de tillandsia, de vanilles, de guis, quelques cactus, des fougères et la cuscute.

On parvient à faire naître ces plantes en fixant leurs semences, qui pour la plupart sont visqueuses , sur les branches raboteuses, et particulièrement dans les embranchemens de plu-

Page 1