‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 90 sur 135 · DES SEMIS · texte numérisé non relu

DES SEMIS

microscope, ne doivent pas être recouvertes de terre. Semées à la surface d’un sol humide abrité des rayons solaires, elles lèvent mieux que de | toute autre manière.

Les graines un peu moins fines , comme celles des fougères , des orchis, etc., etc., doivent être semées sur un terreau végétal, et couvertes seulement d’un léger lit de mousse (1).

Les semences du volume de celles de la raiponce, des millepertuis, des bruyeres, des rosages, etc., ne doivent être recouvertes que de l'épaisseur d’un millimètre ( une demi - ligne environ ) de terre très-divisée.

On enfonce jusqu’à la profondeur de 0",020 (neuf lignes) celles de la grosseur d’un pois. Les graines du volume d’un noyau de pèche, d’une noix, ont besoin d’être enterrées de 0,054 à 0" ,068 ( deux pouces à deux pouces six lignes ).

Enfin les plus grosses, comme celles du coco des Maldives, veulent être recouvertes deom,135 à o",162 (cinq à six pouces).Ces données approximatives suffiront pour faire connaître la profondeur la plus favorable aux semis de toutes les

(x) Les vases qui renferment ces semis doivent être placés dans des terrines où l’on entretient toujours de l’eau, et exposés à une température analogue à celle des localités dans lesquelles les plantes se trouvent ordinairement.

graines, même de celles qui s’éloigneraient un peu des dimensions indiquées : on prendrait alors un terme moyen.

Remarquons toutefois qu'ilfaut enterrer les semences d’un cinquième de moins, toute proportion gardée, dans les terrains humides et tenaces, que dans les sols secs et légers; d’un quart de moins sous les latitudes etaux expositions froides, que dans les climats et les sites plus chauds.

Il nous reste à parler de ces opérations que l'on pourrait appeler le complément des semis, et sans lesquelles en effet ces derniers ne seraient que fort imparfaitement achevés : ce sont, 1°. le hersage, 2°. le plombage, 3°. le paillage. La première de ces opérations a pour but de recouvrir les semences, la seconde d’affermir modérément la surface du sol. Je renvoie le lecteur au chapitre précédent , où j'ai dù les placer à côté des autres travaux de préparation et d'entretien des cultures.

Nous avons vu que le hersage est le moyen le plus fréquemment employé pour enterrer les semis, et qu’il se fait de diverses manières. Parfois cependant , dans les pépinières, pour recouvrir de terre amendée plus fine que celle du sol les graines d’une certaine grosseur, on fait usage de la pelle. Dans les jardins, on s’en sert aussi pour couvrir les semences de légumes et de fleurs

DES. SEMIS. 209 délicates , et pour térreauter des semis en platesbandes, en planches et en petites pièces de terre.

La poudriere, remplie de terre extrémement fine, est employée pour recouvrir tres - légèrement les semences les plus menues, qui se sèment dans des terrines ou des caisses: telles sont celles des lobelia, kalmia, erica, satyrium, etc., etc.

Enfin les semis délicats qui se font en aucets, en rigoles étroites et dans des pots se recouvrent avec des terres composées, à la main du semeupr. |

On plombe aussi de: diverses manières ; mais il faut bien se garder de plomber indifféremment tous les semis ; indépendamment de la nature du sol , l'espèce des graines doit modifier beaucoup cetle opération. Les graines de raiponce et de plusieurs autres campanules, de pourpier, de trachelium, ne lèvent jamais mieux que lorsqu'elles ont été comprimées fortement dans la couche de terre qui les contient. Les OIgnoOns, le persil, le cresson et la plupart des autres salades ne veulent qu’une légère compression ; enfin un bon nombre de semences, telles que celles des haricots, des pois, des lupins, des liserons, ne doivent pas être plombées du tout.

Le paillage, dont j'ai déjà fait connaitre les usages généraux , lorsqu'il est spécialement desné à couvrir les semis qui viennent d’être hersés

et plombés, a pour but d'empêcher les pluies de battre trop fortement la surface de la terre, de garantir les jeunes plamules du häle du printemps et des rayons trop ardens du soleil d'été, de les préserver enfin des petites gelées blanches et tardives.

Il se pratique dans les jardins, pour couvrir les graines de légumes, de fleurs et d’arbres délicats semées en planches, en rigoles ou en augets. Selon la grosseur des semences, on couvre la surface du sol de deux millimètres (une ligne) à trois centimètres (un pouce et plus ) de court fumier trituré, de très-menus fragmens de paille, parfois de marc de raisins dans les pays vignobles, et même de sable fin lorsque la terre est argileuse. ;

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