JUSTIFICATION DE L'UKITÉ D'ÉTALON D'OR. A
fait on allègue un prétendu droit acquis aux débiteurs, qui ont contracté leurs dettes sous le régime du double étalon, à les payer avec l'un des deux métaux, puisqu'un seul des deux métaux est en réalité dans la circulation. En droit, la prétention n'est pas sérieuse : le double étalon n'a pas été créé dans un intérêt privé ; si elle était fondée, elle eût dû faire obstacle aussi bien au billonnage des pièces divisionnaires qu'au hillonnage de la pièce de cinq francs. — 5® Ce n'est pas aux débiteurs, mais bien seulement aux spéculateurs sur l'or et sur l'argent, que nuirait la suppression du double étalon, qui ne profite qu'à eux seuls, et, par les fluctuations incessantes de valeur des deux métaux, leur fournit, au détriment du public, une source permanente de spéculation. — 0' L'expérience prouve, par la comparaison avec l'Angleterre, que l'existence du double étalon ne diminue pas l'intensité des crises monétaires. — 7<» Avec l'unité d'étalon monétaire, on ne compromet aucun avantage, et l'on échappe aux griefs ci-dessus ; il y a plus de fixité matériellement dans la circulation avec un seul étalon qu'avec deux, et dans l'expression générale de la valeur avec un seul métal qu'avec deux métaux.
Après avoir ainsi conclu en faveur de l'étalon unique, il n'est plus difficile de choisir entre l'étalon d'or et l'étalon d'argent? Poser aujourd'hui la question, c'est la résoudre. L'or présente, bien plus que l'argent, les qualités monétaires, et surtout les trois suivantes: 4<> la portabilité^ car il offre toute la commodité désirable pour les petits et pour les gros paiements, et s'harmonise seul avec la facilité et la rapidité actuelle des relations ; 2° la stabilité, car le réservoir est plus grand ; et 3** la sûreté, car son poids et sa dureté en rendent le faux monnayage plus difficile.
C'est donc pour l'unité d'étalon d'or qu'il faut se prononcer, comme l'avait fait la conférence internationale de 4867 [n'^522].
En concluant ainsi pour le système de l'unité d'étalon d'or, nous n'en répudions pas moins la dénomination de monamétalliste , sous laquelle on désignée tort les partisans de ce système, par antithèse à la dénomination de bimétallistes donnée aux partisans du double étalon. Ces termes sont inexacts, puisqu'ils tendent à faire croire qu'en réclamant l'unité d'étalon d'or on entend proscrire les deux autres métaux, argent et bronze, que nous entendons conserver au contraire à titre de monnaie d'appoint, la circulation devant faire emploi de trois métaux avec un seul pour étalon.
522. La question d'unification des monnaies est très-étroitement