CRITIQUE DU SYSTÈME DU DOUBLE ÉTALON
point élevé la valeur des pièces d*or. De 4849 à 4867, bien que la valeur respective de Tor ait diminué par rapport à Tangent par U découverte et l'exploitation des nouvelles mines d'or, le législateur n'a point abaissé la valeur des pièces d*or françaises. Nous assistons encore au même fait, bien que l'argent subisse depuis 4867 une dépréciation croissante qui, en juillet 4876, a fait tomber le rapport de l'or et de l'argent de 4 d'or à 49,2 d'argent, et en décembre 4878, de 4 à 49,5.
C'est ce fait qui constitue en réalité la France sous le régime monétaire du double étalon, malgré la pensée contraire du législateur de l'an XI, qui n'a eu que le tort de ne pas assez voir que les remaniements de types monétaires sont contraires à l'opinion publique et au besoin de tixité dans les habitudes et le système monétaire des peuples.
524. Le système du double étalon, c'est-à-dire de deux unilé monétaires, l'une d'argent, l'autre d'or, doit être condamné par les motifs suivants : — 4oIl veut imposer deux mesures diflérentes pour une seule et même chose à mesurer; deux valeurs distiactes, pouvant être et devenant en fait très-différentes l'une de l'antre. pour mesurer toutes les autres valeurs. — 2" La proposition oonst^tant à dire qu'un kilogramme d'or et 45 kilogrammes 4/2 d'argent font une équation stable et absolue est d'une fausseté évidente, démentie par l'histoire comme par les faits contemporains, qm prouvent que ce rapport de valeur est très-variable. En effet, en rapport fixe et invariable de la valeur, un rapport impératif, cela, de I à 45 4/2 ou tout autre, est impossible entre deux marchafidises, soumises comme toutes les autres à la loi économique de l'offre et de la demande. — 3^ U se propose un but qui n'est au pouvoir des législateurs, celui de donner aux échanges la modité plus grande de deux monnaies ; or c'est un principe économique démontré par Texpérience que la monnaie la plus faihU chasse la plus forte; la loi ayant le tort d'assurer au métal déprédt: un emploi monétaire qui surfait sa valeur réelle, le métal qui & h plus grande puissance d'échange est exporté ; la monnaie qui aie plus de valeur disparaît ainsi du marché et devient presque introavable, comme Tor avant et l'argent après 4854 : de sorte qu'il ny a jamais, en fait, dans un pays qu'une monnaie en circulation, ei le double étalon se résout successivement dans un étalon prédom^ nant mais changeant , par conséquent alternatif et contraire ai besoin de fixité du système monétaire. — 4^ C'est donc à tort qo>t