Carrara, Prog. gen. §§ 317 à
dimioutioQ de l'impatabilité; fMirce qu'on doit excuser celui qui se laisse ectratner au mal par l'impétuosité d'une émotion subite, il en est autrement des pa«««ons raisonnantes; parce que l'hoQame -qui raisonne et qui calcule doit se rappeler les prohibitioos de la loi et réfléchir aux conséquences de ses propjies actions. Quant au moyen de distinguer les passions av>€uglantes des passions raisonnantes, il est facile à trouver, suivanC Garrara : il consiste dans la diversité de la cause qui tait naître ces passions. Suivant une disHinctioan déjà ancienne \ les passions inspirées par l'espoir et le désir d'un bien, amtour^ jalousie, ambition, haine, avariée, «ont toujoiaTs niisosinanlies. Les passions inspirées par la crainte d'un mal menaçant, la ool^e et la douleur à ïa sai<e d'un mal éprouvé, deviennent aveuffta7ites,k ïd condilion, du reste, d'être soudaines et Justes au moins en apparence^ c'est-à-dire dans l'opinion de ragent, Ge'.te distinction a été critiqiaée; parce que, si on «dcnet que l'iraduence atténuante des passions lient à l'empire qu'elle? exeroeot siar l'esprit ©t la volonté, il n'y a aucune raison de distinguer entre elles ; « le désir d'un bul, bon ou mauvais, peut atteindre mn tel degré qu'il deviendra prédominant et absorbera toutes les forces inlellectuelles ; l'ambition, l'avarice, l'amcur, i'amitié et bien d'autnes (iassions inspirées par le désir de not^re bien ou d« bien d'autrui peuvent exercer ua ascendant assee paissant ^wur entraîner a des actions n-obles et héroïques, ou au contraire brutales et ignotininieuses. On ne peut donc admettre l'opinion de Carrara d'après laqaelie la colère et la emmt-e seraient les seules passions ayant i'efîioacité de diminuer l'impatabilité, parce qu'elles we sont pas les seu'les aveii- <fiemtes. Chaque passion peut aveugler l'intelligence, même lorsqu'elle n'a pas sa source dans la colère on la crainle ^ ».
La doctrine qui prévaut aujourd'hui et a inspiré les législations positives, se rattache à la condition de iustice, exigée Avl reste par Carrara, ^ distingue suivant que les motifs qui ont pousse l'agent à commetlre le crime ou le dé*lit passionnel sont -moraux et -^ocimua; ou, au contraire, immioraux et «n.i«-socw.,M^c; la passion Tie peut servir d'excuse que si elle a nne eanse juste et si le bul poursuivi par l'agent n'est pas contraire aux intérêts sociaux : ainsi celai qui abuse d'une fille, si violente que puisse être sa passion, n'est point excusable, parce que cette passion est injuste et anti-sociale ; au
1. Pufendorf, De jure naturœ et gentium, liv. I, c. IV, § 7; Carmignani, Elementa juris crim., §§ 209 à 216 ; Teoria délie leggi di nicurezza sociale^ liv. II, ch. XI. § 5, t. II, p. 160 et «s.