Jousse, I, p. 57 et
crimes, F pour les faussaires et faux nionnayeuis, d'après la loi du 24 floréal an X ; S pour les auteurs de menaces écrites d'incendie sous condition, d'après la loi des 12-22 mai 1806 ; T P pour les condamnés aux travaux force's à perpétuité, T pour les condamnés aux travaux forcés à temps, F pour les faussaires, en vertu de l'article 20, du Code pénal de 1810). La marque n'a disparu de notre législation que par la révision du Gode pénal, le â8 avril 1832 (art. 12).
Les moyens employés pt^ndant longtemps pour reconnaître les malfaiteurs et constater l'identité, signalements ordinaires, dont les renseignements peu nombreux et vagues pouvaient s'appliquer à un grand nombre d'individus ; témoignages et attestations de personnes ayant antérieurement connu l'inculpé, simples particuliers, magistrats, gardiens et fonctionnaires de l'administration pénitentiaire ; pho(ograj)hies, etc., manquaient de [)récision et exigeaient des recherches tellement longues et difficiles, qu'on ne pouvait y recourir en pratique ou y avoir confiance ^.
Vanthro'pomélrie a. permis d'atteindre, en cette matière, une précision d'une rigueur mathématique, une simplification et une rapidité du recherches merveilleuses.
Le premier qui ait eu l'idée de V anthropométrie est Quételet, directeur de l'Observatoire et secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Helgique, qui, en 1871, publia son remarquable ouvrage intitulé * VAnthropoinélrie ou mesure des différeiites facultés de V homme, et fit de nombreuses recherches anthr<q)ométriques, dont les résultats ont été consignés dans les Bulletins de l'Académie. Mais il ne songea pas à utiliser ses découvertes pour l'identification des criminels.
L'application très ingénieuse et éminemment utile des principes scientifiques de l'anthropométrie à la recherche et à la reconstitution de l'identité des malfaiteurs est l'œuvre d'un savant français, M. Alphonse Bertillon, chef du service d'identification au Déf)ùt de la Préfecture do police, fils du D"^ Hertillon, professeur de démographie à l'Ecole d'anthropologie et un des fondateurs de cette Ecole.
Le système scientifique d'identification par le moyen des signalements anthropométriques, qui donne des résultats d'une certitude absolue et a facilité de nombreuses reconnaissances demeurées juS'jue-là impossibles, porte aujourd'hui le nom de son auteur, Bertillonnage. Proposé à l'administration dès 1879, il fut inauguré au Dépôt en décembre 1882 par M. Gamescasse, préfet de police, M. Vel-Durand, secrétaire général et le regretté M, PuibarauJ, chef
1. Cf. le récit d'une erreur de reconnaissance sur photographie di-vant un des tribunaux correctionnels de Londres dans la Rev. pénit., 1887, p. 869.
de cabînef. puis inspecteur général des services administratifs au Ministère de l'Intérieur et délégué au Bureau des recherches delà Préfecture de police. Des circulaires ministérielles du 13 novembre 1885, du 7 mars 1887, du 28 août 1888, du 25 août 1893 ', étendirent la nouvelle méthode d'identification à toutes les prisons de la France, l'appliquèrent à tous les individus incarcérés - et organisèrent la centralisation à Paris de toutes les fiches signalétiques dressées dans les diverses prisons. La pratique des procédés d'identification anthropométrique est enseignée aux gardiens et aux agents de la police des recherches à Paris ^.
M. Bertillon a exposé le fonctionnement de son système au congrès pénitcnliaire international et au congrès d'anthropologie criminelle tenus à Rome en 1885 *. Les détails d'application sont enseignés par lui dans des instructions signalétiques accompagnées d'un album descriptif et photographique, dont un exemplaire est déposé dans toutes les prisons. — Le congrès pénitentiaire international de Paris de 1895 (2^ section, l'"" question), après étude faite par une commission des diverses opérations anthropométriques au Dépôt de la Préfecture de police, a exprimé le vœu d'une prompte entente internationale relative à l'unification des procédés anthropométriques ". — Enfin un exposé des divers partis qu'on peut tirer de ces procédés a été fait au congrès d'anthropologie criminelle de Bruxelles de 1892 par M. de Ryckère, substitut du procureur du roi de Bruges *.
Le système d'identification anthropométrique de M. Berlillon est actuellement adopté par tous les Etats de l'Europe, à l'exception de la Turquie. En Italie, où un appareil spécial de mensuration, le
i. Code pénitentiaire, X, p. 268, XII, p. 27, 321, XIV, p. 358,
2. Une circulaire du 23 mars 1897, rendue à la suite d'une interpellation à la Chambre des députas pour abus de meosuration sur la perconne d'un dépul<?, excepte de la mensuration les personnes arrêtées pour motifs politiques, celles incarcf^rèes à la requête des familles, celles dont la notoriété publique est incontestable, les condamnés de simple police, pour délits de presse ou politiques. — En cas de doute, le gardien-chef doit en rél'érer au préfet, sous-préfet et procureur de la République.