‹ Cours de droit criminel et de science pénitentiaireChapitre 220 sur 550 · Rev. pénil., 1895. p · texte numérisé non relu

Rev. pénil., 1895. p

2. L'agrandissement par la photographie des impressions digitales laissoe» par les malfaiteurs sur les objets en verre qu'ils ont touchés, bouteilles, vern B à boire, vitres, glaces, etc.. a permis la découverte de ces malfaiteurs et la preuve de la culpabilité, corroborée par leurs aveux, par la comparaison avec l'agrandisâement dans les mêmes dimensions des impressions digitales recueillie^ sur la fiche anthropométrique de ces individus, (^t. Varennes. Un an de ;u8lice, 1902-03. p. ."-OS et ss. — Voir les développements nrcompagnés de {rravures explicatives dans l'ouvrage de Niceforo, la police et l'enquête judiciaire scientifiques (Paris, 1903^ ch. iv, p. 121 et ss.

3. Circulaire du 23 mars 1897 [Statist. penit., de 1897, p. 4'Î5 et 423}.

2° De sa forme (recliligne, courbe, sinueuse, ovale, oblongue, circulaire, triangulaire, brisée, en crochet, etc.) ;

3° De ses dimensions, en prenant le centimètre comme unité de mesure et en les mesurant à l'aide d'un double décimètre gradué ;

4° De sa direction (verticale, horizontale, oblique) ;

5° De sa localisation : — 1° au point de vue de la partie du corps où elle se trouve ; — 2° au point de vue de sa dislance, mesurée avec le décimètre, de certains points de repère convenus. Pour celte localisation, le sujet est placé dans la position du soldat sans armes, les bras pendant le long du corps, les petits doigts sur la couture du pantalon, la paume de la main tournée en dehors et en avant. Dans celte position, les diverses parties du corps présentent quatre faces sur lesquelles peuvent être relevées des marques particulières : anlê' rieur e, postérieure, latérale gauche on droite, et, pour les membres supérieurs, interne ou externe. Ainsi, pour le tronc, la face antérieure est le devant de la poitrine, la postérieure est la région du dos, la latérale est le flanc droit ou gauche ; pour les membres supérieurs, la face antérieure se compose du pli du coude ou saignée, de la paume de la main, du côté des doigts opposés aux ongles; la face postérieure comprend le coude, le dos de la main et des doigts, les ongles ; la face interne, la partie comprise entre l'aisselle et le petit doigt ; la face externe, la partie comprise entre l'épaule et le pouce. Il faut remarquer, à ce point de vue, pour les mains et les avant-bras, que si le sujet observé, au lieu de les laisser tomber le long du corps dans la position réglementaire, les relève et les porte en avant, les faces se retournent ; ce qui est interne paraît externe, ce qui est antérieur paraît postérieur et vice versa. — Quant aux points de repère par rapport auxquels doit être notée la position (sur, dessus, sous, milieu, au travers) et la distance mesurée avec le décimètre gradué, ils sont : — 1° pour les hras, de l'épaule au coude, l'articulation huméro-cubitale désignée sousTabrévialion de cubital; — 2° pour les avant-bras, àw cubital au poignet, le poignet; — 3" pour les doigts des mains, les jointures des diverses phalanges numérotées en commençant par celle qui tient à la main ; — 4° dans \^ face, la ligne d'implantation des cheveux, la racine du nez, le sourcil droit ou gauche considéré dans sa pointe interne ou tête, dans sa pointe externe ou queue ou dans son milieu, les paupières supérieure ou inférieure, droite ou gauche considérées dans leur angle interne ou externe; pour le nez, le dos, la base, le bout, le dessous et l'ouverture des narines; pour le menton, le bout et le dessous; le .maxillaire droit ou gauche, la pommette, la tempe:

dans l'oreille, ses diverses parties ; dans la face antérieure du cou, la saillie du larynx ou pomme d'Adam et la fourche ou fourchetle du sternum ; — 5" sur la poitri7ie, le devant des épaules et le ventre, les points de repère sont la fourche, letélon droit ou gauche, l'ombilic ou nombril, la médiane ou ligne imaginaire partageant le devant du tronc en deux parties égales el symétriques en passant par le milieu du front le profil du nez, le milieu du menton, la fourche, l'ombilic et l'entrejambe ; — G" pour le derrière du cou et la rér/ion du dos, les points de repère sont la colonne (vertébrale) faisant office de médiane et la T*" uerièôre (proéminente) faisant office de fourche.

D. — Photographie judiciaire. — Portrait parlé *.

389. — La photographie est une aide et un complément précieux du signalement anthropométrique. Elle facilite la reconnaissance de l'identité, la recherche et la découverte des malfaiteurs soupçonnés et poursuivis, soit par la comparaison d'un portrait avec un autre portrait, soit par la comparaison du portrait avec un délenu, soit par la comparaison du portrait avec une personne circulant librement et recherchée par les agents de la police et de la sûreté, soit par la comparaison du portrait avec le souvenir de divers témoins. — Aussi, à Paris et dans plusieurs grandes villes, le signalement anthropométrique est-il accompagné, sur la fiche, de la photographie du s'ijet prise de profil et de face.

M. Bertillon a, dans un livre spécial consacré à \aL photographie judiciaire, posé les principes d'après lesquels cette photographie

1. Bertillon, La photographie judiciaire, (Paris, Gautier- Villars, 1890). — Gros.*, Manuel pratique d'instruction judiciaire, traduit «le l'allemand par MM. Bourcart et Winizweiller, Paris, Marchai et Billard, 1899), I, p. 280 h 314. Reiss, chef des travaux photographiques de l'Université de Lausanae, La photographie judiciaire (Paris, Mendrtl, 1903). Reiss. le portrait parlé (Lausanne et Paris, 1905). — Niceforo, professeur à l'université nouvelle de Bruxelli^s, aj;régé à la Faculté de droit de Naples, la police el l'enquête judiciaire scientifiques (Paris, 1987) : Edmond Locard, ancien préparatt^ur au laboratoire de Médecine légale de l'Université de Lyon, Docteur en Médecine, Licencié en Droit: L'identification des récidivistes. — (Paris, Ma loine, 1909k .— Voir les merveilleux pro^'rès réalisés dans les photographies des lieux du crime, notamment par la photographie métrique, dans laquelle l'épreuve photographique porte une échelle graduée permettant de se rendre compte immédiatement des diverses dimensions, longueur, lar>;eur, hauteur, épaisseur, distance séparant les divers objets Voir Reiss, La photograpiàe judiciaire, ch. xm, p. 225 et ss. Rev. pénit. 04, p. 1243). — Niceforo, op. cit. p. 26 à o7. Voir sur le Cours de portrait parlé de M. Bertillon. liev, pénil. 1902, p. 1200.

342 PREMIÈRE PARTIE. LIVRE Vï. APPENDICE

doit être prise, pour rendre avec la précision nécessaire tous les services dont elle est susceptible :

1° La photographie doit être prise à la fois de face et de livofil :. — àe profil {profil droit), parce (jue c'est le profil aux lignes précitées qui donne l'individualité fixe de chaque figure et que la photographie de profil donne ainsi plus de garantie au point de vue de l'exactitude et de la ressemblance; — de face, pour permettre el faciliter la reconnaissance du sujet par les personnes qui l'ont vu et ne l'ont généralement examiné que de face ou de trois quarts et connaissent surtout sa ph3sionomie que la pholograplne de face reproduit mieux que celle de profil. — La photographie de profil permet de •fixer toutes les particularités du visage, fournit des indications exactes même à un grand nombre d'années d'intervalle et sert parli- <;ulièrement de guide pour les recherches de la police. — La photographie de face permet surtout aux personnes étrangères au service d'identification de reconnaître l'individu ;

2" Tous les sujets sont photographiés télé nue. Les oreilles doivent toujours être dégagées de la chevelure, pour le profil comme pour la face ;

3" Les clichés ne doivent être l'objet d'aucune espèce de relouche, •sous quelque prétexte que ce soit ; toute retouche nuit à la ressemblance ;

4" Le buste seul est photographié, à 1/7 de la grandeur naturelle. Pour les diverses comparaisons auxquelles peut ô!re soumise la photographie, on doit observer les règles suivantes :

1° Pour la comparaison d'un portrait avec un autre portrait, les réduire à la même dimension, à la même teinte par de nouvelles épreuves; si la chevelure et la barbe gênent, parce qu'elles ont été modifiées (si, par exemple, sur l'une des photographies, l'individu porte une chevelure abondante et une forte barbe, tandis qu'il est rasé et a les cheveux coupés courts sur l'autre), on se sert de papiers spécialement découpés, cachant les cheveux et la barbe et ne laissant paraître que les parties du visage qui n'ont pas changé, front, sourcils, yeux, nez, pommettes :

2" Pour la comparaiso7i du portrait avec un détenu, il est ulile d'habiller et de coiffer le détenu comme il l'est sur la photographie, et même, dans les cas difficiles, de photographier le détenu avec les mômes dimensions et dans la même position que sur le portrait, la comparaison étant plus facile entre deux photographies ;

3° Pour la coynparaison d'un portrait avec une personne circulant librement et recherchée par la police, l'agent chargé de la recherche, et muni du signalement descriptif et delà photographie

ANTHROPOMÉTRIK î)43

surtout de profil, doit posséder parfaitement le portrait dans sa mémoire, connaître et pouvoir réciter par coeur le portrait et le signalement. C'est ce qu'on appelle le portrait -parlé. Si l'agent rencontre l'individu suspect, il ne peut en effet sortir la photographie et la fiche portant les renseignements descriptif!^ de sa poche, pour faire des comparaisons ; il doit avoir tous les détails du signalement et du portrait présents à l'esprit. Il ne peut davantage examiner attentivement de face l'individu recherché, qui ne se prêterait pas à cet examen ; il doit l'étudier de profil sans que celui-ci s'en doute et connaître très exactement tous les détails du profil, de l'oreille surtout. — Les agents du service des recherches de la préfecture de police sont spécialement dressés aux exercices du portrait parlé ;

4° Pour la comparaison du portrait avec le souvenir, servant à la reconnaissance des inculpés par les témoins, elle ne doit être acceptée qu'avec beaucoup de circonspection, parce qu'elle est toujours incertaine '. — On pourra, à cet égard, se servir, tantôt de la photographie du buste, de face ou de profil, tantôt d'un portrait en pied, et utiliser les renseignements suivants sur la distance maximum de la vue distincte raj)pelés par M. Berlillon - et reproduits par M. Gross ^. — En admettant des yeux normaux et une bonne lumière, en plein jour, on reconnaît : — 1" des personnes que Ion connaît très bien, à une distance de 40 à 80 mètres, en moyenne 60 ; quand il y a des signes particuliers bien caractérisés, à 100 mètres ; dans des cas exceptionnels, jusqu'à 150 mètres; — 2° des gens qu'on connaît peu et qu'on n'a pas vus souvent, à 25 ou 30 mètres ; — 3° des gens qu'on n'a vus qu'une fois, à 15 mètres. Au clair de lune, l'homme ne peut être reconnu qu'à une dislance très faible et variable suivant l'époque de l'évolution lunaire : 2 m 'très à 6 mètres au premier quartier, suivant la catégorie de la personne à reconnaître ; 7 mètres à 10 mètres à la pleine lune ; 15 mètres à 16 mètres par la lumière la plus claire de la pleine lune. — Ce ne sont là, du reste, que des indications tout approxicnatives.

E. — Fiches.

390. — Les renseignements relatifs à chaque individu sont relevés et des photographies de profil et de face sont collées sur une fiche en carton mince.

1. Voir les détails intéressants donnés par M. Gross. l. c, ï, p. 306.

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