‹ Cours de droit forestierChapitre 2 sur 133 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le CoUfimentaire du Code forestier d'Edouard Meaumc, Touvrage le plus estimé et le plus complet qui ait paru sur Tensemble deuotre législation spéciale, a été publié de i843 à i846- Le jeune professeur de Droit à l'Ecole de Nancy qu'était alors Meaume avait élevé ainsi un monument qui depuis cette époque n'a pas été renouvelé. Ce Commentaire n'était pas, il est vrai, la reproduction de son cours; il devait être complété, pour des élèves qui arrivaient à l'Ecole sans avoir reçu aucune notion juridique, par des généralités de droit civil et de droit administratif, de procédure et d'instruction criminelle, qu'il fallait tout d'abord acquérir avant d'aborder l'élude des lois forestières^ D'autre part, certaines parties du Commentaire, telles que les usages, avaient reçu, par suite des nécessités du temps, un développement hors de proportion avec les besoins de l'enseignement, et devaient être, dans les leçons orales du professeur, considérablement abrégées. Ce livre n'en est pas moins resté le fondement des cours de Droit«professés à l'Ecole de Nancy, malgré les modifications successives résultant de lois qui ont changé partiellement le texte primitif du Code de 1827, et aussi malgré l'évolution de la jurisprudence

qui a fixe peu à peu la solution de questions auparavant incertaines.

En 1860, après la loi du 18 juin 1869, qui a introduit dans le Code des réformes imporjiintes, Meaume eut l'intention de publier un nouvel ouvrage, dans lequel auraient été fusionnées, avec les matières faisant Fobjet du Commentaire, les diverses introductions qui complétaient son cours ; le programme de cet ouvrage, qui devait avoir pour titre : Lois forestières annotées y a seul paru. L^activité du professeur était alors portée vers d'autres sujets, et pour trouver un livre embrassant l'ensemble de la législation forestière, il faut aller jusqu'en i884j date de publication du Code forestier annoté de Dalloz et Vergé(i).Mais ce livre, d'une utilité incontestable dans la pratique, n'avait pour but que de coordonner la jurisprudence ; quant aux études qui furent successivement publiées, le plus souvent comme thèses de doctorat sur certaines parties du droit forestier, elles ne pouvaient remplacer le Commentaire^ de sorte que la nécessité d'un grand ouvrage didactique embrassant l'ensemble de la législation forestière se faisait de plus en plus sentir.

Le successeur de Meaume à la chaire de Droit de l'Ecole de Nancy était tout désigné pour une telle entreprise. Les qualités éminentes d'Alfred Puton, son expérience de la pratique forestière jointe à uu remarquable esprit d'analyse et à un sens juridique très exercé, le rendaient capable de reprendre l'œuvre de Meaume, et faisaient de lui le représentant incontesté de la science du droit appliqué aux matières forestières. Il est très regrettable que des occupations multiples aient détourné A. Puton d'une mission qu'il eût certainement remplie avec le plus grand succès; mais il fut

(1) Le nom de Meaume se trouve ('gaiement rappelé parmi les collaborateurs, avec ceux de MM. L. Robinet et J. Janet.

Page 1