INTRODUCTION VII
promu à la Direction de TEcole à une époque de transformations graves pour l'avenir de cet établissement, et il dut faire face à des difficultés administratives qui se prolong-èrent pendant plusieurs années. Puis, il lui parut plus indispensable de consacrer les loisirs que lui laissaient ses fonctions à la propagation de principes d'Economie forestière qui lui étaient chers; et c'est ainsi qu'il publia, de 1886 à 1891, quatre volumes représentant une somme considérable de travail. Après quoi, la mort vint prématurément éteindre cette belle intelligence, et la refonte de l'œuvre de Meaume se trouva indéfiniment ajournée.
Aujourd'hui, ceux qui s'intéressent au droit forestier ne peuvent consulter, avec le Code annoté de Dalloz, que des ouvrages de jurisprudence (i). Le Répertoire de Dalloz (v^ Forêts j 1849) "'^s^ autre que le Commentaire, dégaç^é d'une partie de ses discussions théoriques, et disposé dans un ordre différent. Il faut y joindre un supplément, qui date de 1896 (v° Régime forestier). Une autre publication similaire, le Répertoire général alphabétique du droit français, édité par le Recueil général des Lois et Arrêts (Sirey) et le Journal du Palais, a fait aussi une large place aux matières forestières; il nous sera permis de rappeler que les articles de ce Répertoire relatifs aux forêts, dont l'auteur devait être A. Pu ton, nous ont été confiés à partir de 1896 (2). Mais ces travaux, quelle (jue soit leur utilité
(i) L'ouvrage de Michel et Lelong, Principes de^lérjislalion forestière, 1901, quelque remarquable qu'il soit, et quelqu'intérôt qu'il présente, ne traite avec développement que le droit civil applicable aux forAts ; la partie concernant le droit pénal n'est que brièvement résumée.
(2) Nous citerons notamment les mots : Défrichement (1896), Délit forestier (1897), Dunes (1899), Forêts (1901), Terrains en montagne (1904), Usages forestiers (1905), et enfin Usufruit, pour la partie concernant les forêts et les arbres (1905).
pratique, ne peuvent remplacer un exposé complet et méthodique delà doctrine, qui ne se trouve nulle part, depuis le Commentaire de i846.
C'est cet exposé que nous avons entrepris sous le titre de Cours de droit forestier, en nous proposant d'y comprendre l'ensemble des matières juridiques se rattachant aux Eaux et Forêts. La situation que nous occupons à Nancy depuis 18785 l'amitié dont ont bien voulu nous honorer nos maîtres, E. MeauYne et A. Puton, et grâce à laquelle nous avons pu recueillir tous les détails de leur enseignement,nous font espérer que nous ne nous trouverons pas trop inférieur à la tâche que nous voulons remplir. Si le livre de Meaume reste toujours notre modèle, nous avons cru de\'<>ir abandonner toutefois la forme du Commentaire, qui se prête difficilement à une étude didactique et qui ne permet pas le rattachement de tous les sujets divers étransj^ers au texte du Code. Toutefois, malî^ré son titre, notre ouvrage, pas plus que celui de Meaume, ne sera la reproduction exacte des leçons professées aux élèves de l'Ecole des Eaux et Forêts. Il est nécessaire en effet de tenir compte, dans l'enseignement oral, de la préparation juridique des auditeurs, qui peut exiger sur certains points des développements inutiles pour la généralité des lecteurs; de même que certaines discussions, sur des points de doctrine ou de jurisprudence, trouvent mieux leur place dans un livre que dans des leçons.
Le Commentaire de Meaume était considérablement grossi par la reproduction intégrale des jugements et arrêts les plus notables en matière forestière. Nous avons entièrement supprimé cette reproduction ; les recueils d'arrêts sont maintenant entre toutes les mains et il suffit de la désignation sommaire des éléments de la jurisprudence. (]e n*esl pas que nous n'attachions la plus irraude importance