‹ Cours de droit international public (volume 2)Chapitre 1 sur 148 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Une expérience déjà assez longue de renseignement du Droit international public nous a montré que les débutants dans l'étude de cette science manquent d'un ouvrage qui leur permette d'acquérir par eux-mêmes les notions essentielles ou, tout au moins, de préciser et de compléter les notes recueillies en suivant un cours. Les traités consacrés au Droit des gens, si nombreux et souAtênt si remarquables, publiés en France et surtout à l'étranger, ou bien sont inabordables par leur développement même pour ceux qui ne sont pas déjà familiarisés avec la science, ou bien se réduisent à un exposé d'idées générales insuffisantes pour qui a besoin d'être mis au courant du développement historique et des règles actuelles du Droit international positif. Présenter les principes de notre science et les dispositions positives les plus importantes qui régissent de nos jours les rapports internationaux, tel est le but de ce Précis ainsi particulièrement destiné aux étudiants de nos Facultés de droit et aux aspirants à la carrière diplomatique ou consulaire.

Le but général de cet ouvrage en a inspiré la méthode. Nous avons tenu, en traitant d'une science qui est fondée sur l'observation historique, à confirmer les idées générales par des exemples empruntés surtout à l'époque contemporaine qui nous présente le dernier état de l'évolution des esprits et des relations internationales.

D'autre part, dans une étude juridique où la doctrine tient une si large place faute de législateur et, par conséquent, de textes, nous avons dû nous référer souvent aux écrits des publicistes ; pour ne pas surcharger le livre de notes, nous nous sommes borné à citer les principaux traités d'ensemble anciens et modernes, étrangers et français (V. n°* 20 à 35), sans y revenir pour chaque question particulière dont la place est facile à trouver dans ces ouvrages; puis, sur chaque sujet spécial, nous domions une bibliographie sommaire

qui, saiis avoir la prétention d'être complète, comprend les ouvrages les plus importants, surtout ceux qui sont plus facilement accessibles pour le public français.

Nous ne dirions pas toute notre pensée si nous n'ajoutions pas que nous nous sommes aussi préoccupé de défendre les droits de notre pays et de justifier sa conduite, les premiers trop souvent méconnus, la seconde fréquemment dénaturée par des écrivains étrangers. Comme nous l'écrivions en 1889 {Rev. intern. de renseignetnent, 1889, p. 143), nous pensons que, derniers venus dans renseignement officiel du Droit international déjà si développé en Allemagne, en Angleterre, en Italie, où l'on a fondé une vérital^le école nationale qui éclaire et soutient les actes de la diplomatie en même temps qu'elle prépare des auxiliaires précieux pour la politique extérieure, nous devons également créer une école française du Droit des gens : l'intérêt de notre Patrie peut y gagner beaucoup sans que l'impartialité scientifique y perde rien ; l'esprit de raison et de justice qui caractérise notre race nous permettant d'affirmer, avec le témoignage de plusieurs faits historiques, que la défense de nos intérêts légitimes nous laisse, plus qu'à tous autres peut-être, la notion nette du Droit avec la volonté ferme de le respecter et de le servir.

Frantz Despagnet.

1" octobre 1893.

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