LIVRE II
165. On distingue les droits absolus des Etats et les droits relatifs : les premiers sont essentiels à l'existence de l'Etat et dérivent de sa notion même ; les seconds peuvent varier à l'infini comme nombre et comme objet parce qu'ils proviennent des relations particulières qui peuvent s'établir entre les Etats, notamment des traités qu'ils ont conclus.
Tous les droits des Etats, de quelque nature qu'ils soient, ont pour corrélatifs des devoirs auxquels s'applique une distinction correspondante. Les devoirs absolus consistent toujours dans le respect des droits de même nature des Etats ; leur caractère est donc éminemment négatif et ils se réduisent à l'abstention de tout acte attentatoire aux droits généraux des autres pays. Les devoirs relatifs peuvent comporter aussi bien l'accomplissement d'un fait positif qu'une simple abstention ; ils résultent des engagements pris par un Etat dans un traité ou des obligations venant d'un fait qui entraîne une responsabilité de cet Etat vis-à-vis d'un ou de plusieurs autres.
Nous traiterons des droits et devoirs relatifs des Etats en parlant de leurs relations d'obligations, contractuelles ou non (V. livre VI). Il ne nous reste donc à envisager que les droits absolus avec les devoirs corrélatifs consistant à les respecter.
166. Les droits absolus des Etats sont : !<> la souveraineté interne et externe ; 2° l'égalité ; 3"* le droit de conservation ou de défense ; 4° de commerce mutuel ; 5* de respect mutuel de leur personnalité; 6** de représentation.
On ajoute souvent : le droit d'être propriétaire ; mais ce n'est là qu'une conséquence de la personnalité reconnue aux Etals *|ui entraîne pour eux la faculté d'invoquer les droits des personnes juridiques, notamment le droit de propriété.
Parmi les droits absolus des Etats, il en est deux, la souveraineté et la personnalité juridique, qui constituent leurs élé-
ments mêmes et dont, pour cela, nous avons déjà signalé la nature ei la portée en donnant la notion de l'Etat (V. n** 72, 73). Il ne nous restera à les étudier qu'au point de vue du respect qui leur est dû et des devoirs qu'ils entraînent, comme au point de vue des restrictions qu'ils subissent dans les rapports internationaux.