‹ Cours de droit naturel :Chapitre 167 sur 229 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DU DROIT DE LA PERSOy>'E I^'DIYIDUELLE OU DE L'I!s'DIYIDU.

L'homme, en sa qualité d'être raisonnable ou de personne (t. I, p. 111), possède originairement tous les droits qui se rapportent aux diverses faces de la personnalité individuelle.

et collective et aux buts rationnels qu'elle poursuit. Cependant rhomme ne possède pas seulement les caractères communs de la personnalité rationnelle; en se manifestant dans le temps et l'espace et dans l'ordre physique, il est aussi infiniment déterminé sous tous ces rapports comme individualité finie ou comme individu, et les droits généraux de la personne sont d'un côté complétés par les droits de l'individualité et d'un autre côté dépendants, quant à leur exercice, de certaines qualités tout individuelles, déterminées par les nécessités du développement physique et intellectuel, ou par les difi'érences du sexe.

Les droits que l'homme possède à cause de son individualité ont été déjà sommairement indiqués (p. 21). Parmi ces droits les plus importants sont: le droit du domicile et de son inviolabilité, que déjà le droit romain (du temps de la république) et les anciens droits des peuples germaniques avaient entouré de respect, et auquel la constitution de l'Angleterre et des États-Unis a donné les plus fortes garanties, en vertu desquelles l'Anglais a pu dire depuis long temps: ma maison est mon royaume ou ma forteresse (my house is my hingdom ou my castle), maison, qui, selon les paroles de lord Chatam, peut être délabrée et menacer ruine, mais arrête à son seuil le pouvoir du roi d'Angleterre. Les constitutions modernes ont en partie rétabli cet ancien droit, en déterminant et en restreignant les cas dans lesquels l'autorité publique peut procéder à une visite domicihaire.

Cependant ce n'est pas seulement le lieu physique de la maison, mais aussi ce qui se passe et se dit dans le cercle de vie intime de la famille, des amis, des invités dans une maison, qui doit rester soustrait à une surveillance indécente.

La personne individuelle a le droit d'entrer en commerce individuel avec d'autres personnes, d'élargir et de restreindre le cercle de son intimité et de demander à cet effet que ce qui tient à la vie privée intime ne soit pas surveillé, inspecté, espionné par une autorité publique. De même que la décence

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