DIVISION BU DEOIT DES GENS
source idéale de la connaissance de ce droit. C'est d'après tous les rapports éthiques des peuples, d'après leurs rapports religieux, moraux, intellectuels, économiques, formant un organisme vivant de culture humaine, que le droit d^s gens doit être constitué et sans cesse perfectionné. Ce point de vue éthique est le seul complet, mais il n'est compris que successivement, et la science philosophique du droit des gens suit les mêmes phases progressives que la philosophie du droit en général.
Hugo GrotîKS, le restaurateur de la philosophie du droit et du droit des gens, a exercé par son ouvrage de jure heJU ac pacis et par son principe si simple et si fécond de la sociabihté, une influence très-salutaire sur la pratique même du droit international. Une autorité plus grande encore fut acquise à la doctrine de Wolff, qui, en mettant en tête de son système philosophique du droit le perfectionnement individuel et social et en envisageant les droits dans leurs rapports intimes avec la moralité, a essentiellement contribué à réformer le droit des gens dans un sens plus humain et plus moral. L'ouvrage de Yattel : Le droit des gens^ Leyde. 1758, nouvellement édité par Pradier-Fodéré à Paris, 1863, et traduit en anglais par M. Chitty, Londres, 1834, mit les principes de Wolff sous une forme plus précise à la portée des gens du monde; il est resté jusqu'aux temps modernes le manuel de la diplomatie. L'école de Kant a eu moins de succès dans le droit des gens, à cause de ses principes abstraits et de sa conception trop étroite du droit. Les ouvrages estimés de 3Iartens et de KUlher se rattachent cependant à cette école. Dans les temps modernes, on doit mentionner: l'ouvrage de M. Heffter, professeur à Berlin: Le droit international de VEurope^ 6^ édit. allem., 1873, 3^ édit. franç., 1873, dans lequel les principes philosophiques, em.pruntés en partie au système de Hegel, ont été combinés avec le droit positif; l'ouvrage s'en tenant plus au droit positif de M. Wheaton^
Éléments du droit international^, 5® édit., 1874, suivi d'un commentaire par M. Lawrence, t. 1 à 3, 1868-73; les ouvrages de M. Boh, Phillimore, Commentaries upon international laiv^ 1854-61, et de P. Fiore, Nouveau droit international, 1869, et enfin celui de M. Bluntschli, Bas moderne Vôlherrechty 2« édit., 1872.
Le droit des gens positif découle de trois sources principales: 1^ de la science philosophique, qui, dans ce domaine, a une autorité directe; 2^ des mœurs et des coutumes, qui forment le droit des gens coutumier; en l'absence de lois générales, c'est la coutume qui règne; le droit des gens positif est presque entièrement coutumier; 3^ enfin des conventions qui ne sont qu'une source spéciale, parce qu'elles n'ont de caractère obhgatoire que pour les parties contractantes.
La politique du droit des gens, peu cultivée et communément combinée avec le droit des gens philosophique et positif, est la science qui, en s'appuyant à la fois sur les principes rationnels et sur les rapports historiques, passés et présents, indique les réformes préparées par le développement antérieur et réclamées par les besoins actuels.