Exceptions apparentes
(a) Mots paroxytons où la voyelle accentuée est en hiatus avec une atone tinale, qui, au lieu de tomber, se combine avec elle en diphtongue : Dë-um : Dèu ou Dieu en une syllabe; Hebraeum : ebrèu ou cbrièu en deux syllabes.
(b) Mots paroxytons où une consonne, séparant la voyelle accentuée de l'atone finale, est tombée dès les premiers temps, de manière que ce cas se ramène au cas précédent : vado, lat. pop. vao, d'où vô qui se trouve dans le vieux français vois (je vais); graecum : s^neu; jugum './ou; lupum : Ibu; paucum :pôu, etc. — Sur focum, jocum, locuin, lat. pop. fo-u, jo-u,lo-u, voir plus loin, p. HO, n. "1.
de la même façon celui de la contre-finale : c'est-à-dire que les atones contre-finales tombèrent régulièrement, sauf a, bref ou long, qui devint e féminin ; quand la contre-finale était précédée ou suivie d'un groupe de consonnes de prononciation difficile, elle est protégée par ce groupe et subsiste sous la forme d'un e féminin. Exemples de la chute des atones contre-finales e, i, o, u :
cerë-bellum
cer-vel^ cerveau
blasphë-mare
hlas-mer^ hldmer
bonï-tatem
hon-tet, bonté
dormï-tçrium
dor-toir
collô care
col-chiei\ coucJner^ coucher
*taxô-naria .
tals-nière^ tanière
^tremù-iare
trembler
matû-tinum
*mattln, matin
ais a reste sous la form(
3 d'un e dans ;
Ala mannia
Ale-nia^ne
canta-tçrem
chante-or [chanteiw)
sacra mentum
saire-ment, serement (plus tard serment)
*sina-patum
sene-vé
*tropa-torem
trove-or [trouveur]
Les voyelles autres que a restent à l'appui d'un groupe de consonnes dans :
pere-grinum '^pere-grin^ *pererin, pèlerin
quadri-furcum carre-four
petrô-selinum perre-sil [persil)
latrô-cinium '^ladrecin^ larrecin^ larcin^
Dans certains cas où la contre-finale était régulièrement tombée, un e féminin a pu être intercalé postérieurement pour faciliter la prononciation : ainsi sovrin de supër-anum est devenu souverain.
1. L'atone contre-finale était un e autrefois dans chignon^ a. fr. ^hegnoriy c^ae^/207i de catenionem ; àïxns pauiUon, a. fr. paueillon
L'acLent second et l'accent premier eurent donc la même action, chacun de son côté, sur l'atone qui les suivait ^
L'affaiblissement de la finale et de la contre-finale nous fait assister à la naissance d'une voyelle nouvelle, l'e féminin, qui va jouer un rôle si important dans l'histoire de la prononciation. Cette voyelle se prononçait comme nous la prononçons encore dans les monosyllabes nie, te, se, je^ te, que^ ou après un groupe de consonnes : qua-tre personnes,
La chute de la finale ou de la contre-finale entraîne une réduction et une contraction nouvelle des mots; par suite, il se forme de nouveaux groupes de consonnes que la langue va s'empresser de réduire (§ 68).