‹ Cours de grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 30 sur 57 · Exceptions apparentes · texte numérisé non relu

Exceptions apparentes

(a) Mots paroxytons où la voyelle accentuée est en hiatus avec une atone tinale, qui, au lieu de tomber, se combine avec elle en diphtongue : Dë-um : Dèu ou Dieu en une syllabe; Hebraeum : ebrèu ou cbrièu en deux syllabes.

(b) Mots paroxytons où une consonne, séparant la voyelle accentuée de l'atone finale, est tombée dès les premiers temps, de manière que ce cas se ramène au cas précédent : vado, lat. pop. vao, d'où vô qui se trouve dans le vieux français vois (je vais); graecum : s^neu; jugum './ou; lupum : Ibu; paucum :pôu, etc. — Sur focum, jocum, locuin, lat. pop. fo-u, jo-u,lo-u, voir plus loin, p. HO, n. "1.

de la même façon celui de la contre-finale : c'est-à-dire que les atones contre-finales tombèrent régulièrement, sauf a, bref ou long, qui devint e féminin ; quand la contre-finale était précédée ou suivie d'un groupe de consonnes de prononciation difficile, elle est protégée par ce groupe et subsiste sous la forme d'un e féminin. Exemples de la chute des atones contre-finales e, i, o, u :

cerë-bellum

cer-vel^ cerveau

blasphë-mare

hlas-mer^ hldmer

bonï-tatem

hon-tet, bonté

dormï-tçrium

dor-toir

collô care

col-chiei\ coucJner^ coucher

*taxô-naria .

tals-nière^ tanière

^tremù-iare

trembler

matû-tinum

*mattln, matin

ais a reste sous la form(

3 d'un e dans ;

Ala mannia

Ale-nia^ne

canta-tçrem

chante-or [chanteiw)

sacra mentum

saire-ment, serement (plus tard serment)

*sina-patum

sene-vé

*tropa-torem

trove-or [trouveur]

Les voyelles autres que a restent à l'appui d'un groupe de consonnes dans :

pere-grinum '^pere-grin^ *pererin, pèlerin

quadri-furcum carre-four

petrô-selinum perre-sil [persil)

latrô-cinium '^ladrecin^ larrecin^ larcin^

Dans certains cas où la contre-finale était régulièrement tombée, un e féminin a pu être intercalé postérieurement pour faciliter la prononciation : ainsi sovrin de supër-anum est devenu souverain.

1. L'atone contre-finale était un e autrefois dans chignon^ a. fr. ^hegnoriy c^ae^/207i de catenionem ; àïxns pauiUon, a. fr. paueillon

L'acLent second et l'accent premier eurent donc la même action, chacun de son côté, sur l'atone qui les suivait ^

L'affaiblissement de la finale et de la contre-finale nous fait assister à la naissance d'une voyelle nouvelle, l'e féminin, qui va jouer un rôle si important dans l'histoire de la prononciation. Cette voyelle se prononçait comme nous la prononçons encore dans les monosyllabes nie, te, se, je^ te, que^ ou après un groupe de consonnes : qua-tre personnes,

La chute de la finale ou de la contre-finale entraîne une réduction et une contraction nouvelle des mots; par suite, il se forme de nouveaux groupes de consonnes que la langue va s'empresser de réduire (§ 68).

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