II. Voyelles accentuée
49. Voyelles accentuées. — Les voyelles accentuées eurent un sort différent, suivant qu'elles étaient libres ou entravées (§ 43).
Les voyelles libres, sous l'action du temps fort, s'allongèrent si elles étaient brèves d'origine, et devinrent, sauf deux, des diphtongues, qui aboutirent parfois à des voyelles nouvelles. Les voyelles entravées, au contraire, furent conservées par l'entrave et, en général, se maintinrent.
Le plus souvent l'entrave existait déjà en latin classique. Quelquefois elle est plus récente, étant amenée par la chute de Fatone pénultième dans les proparoxytons (tabula : tabla; s^pïdum : sap-dum). En ce cas,
de papilionem ; carillon, a. fr. caregnon, cadregnon, de quadrinionem; nourrisson, fr. nourreçon, *nodreçon, de *nutrectionem, et courroucer, a. fr. correcier, de *COrruptiare. Pour chignon, carillon et pavillon, l'i a remplacé l'e sous l'influenco des suffixes -ignon, -illon; nourreçon est devenu nourrisson par analogie avec nourrir, et correcier, courroucer par analog-ie avec courroux.
1. Voir A. Darmesteter, La protonique, non initiale, non en position, dans les Retiques scientifiques, il, p 95 sq.
Tentrave empêche raltération de la voyelle, si elle n'est pas commencée, mais ne peut lui faire obstacle si elle est déjà produite. Ainsi : merula, mèr-la donne merle -^ mais dans pedica piège et tepïdum tiède^ Te latin s'était altéré avant que la pénultième brève ne soit tombée.
50. Voyelles accentuées, entravées. — Dans la période qui nous occupe, elles se maintiennent sans changement, telles qu'elles existaient en latin.
arbôrem arbre
cantavit, cantat chantât, chanta
lardum lard
masculum masle, mâle
partem part ^
hërba
èrhe (herbe)
përdita pertica terra
perte
perche
terre
débita
dé le [dette]
episcopum missa
evésque messe ^
argïlla mille
aro-ile mil
mortem
mort
porta
porte
côrtem ôrdinem
côrt [cour) orne
1. La chute de l'atone dans les paroxytons ne fait pas obstacle au changement de a en e (§ 51, 4°) : tal(e)s, Iclsy ce qui prouve qu'elle est tombée lorsque aéjà l'a s'était altéré, tandis que dans les proparoxytons, comme fabula, l'u pénultième en tombant a produit l'entrave, et, par suite, est tombé avant l'altération de a.
2. L'é fermé devient i sous l'influence d'un i long* final atone : feci : fis ; ibi : i/ ; ïlli : il (g 197) ; prêsî : pris (Je) ; tênilî : Une, tins (Je) venï : t^ins (/>) ; vïgintï : (^int, vingt.
DU
yo
AU