‹ Cours de grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 31 sur 57 · II. Voyelles accentuée · texte numérisé non relu

II. Voyelles accentuée

49. Voyelles accentuées. — Les voyelles accentuées eurent un sort différent, suivant qu'elles étaient libres ou entravées (§ 43).

Les voyelles libres, sous l'action du temps fort, s'allongèrent si elles étaient brèves d'origine, et devinrent, sauf deux, des diphtongues, qui aboutirent parfois à des voyelles nouvelles. Les voyelles entravées, au contraire, furent conservées par l'entrave et, en général, se maintinrent.

Le plus souvent l'entrave existait déjà en latin classique. Quelquefois elle est plus récente, étant amenée par la chute de Fatone pénultième dans les proparoxytons (tabula : tabla; s^pïdum : sap-dum). En ce cas,

de papilionem ; carillon, a. fr. caregnon, cadregnon, de quadrinionem; nourrisson, fr. nourreçon, *nodreçon, de *nutrectionem, et courroucer, a. fr. correcier, de *COrruptiare. Pour chignon, carillon et pavillon, l'i a remplacé l'e sous l'influenco des suffixes -ignon, -illon; nourreçon est devenu nourrisson par analogie avec nourrir, et correcier, courroucer par analog-ie avec courroux.

1. Voir A. Darmesteter, La protonique, non initiale, non en position, dans les Retiques scientifiques, il, p 95 sq.

Tentrave empêche raltération de la voyelle, si elle n'est pas commencée, mais ne peut lui faire obstacle si elle est déjà produite. Ainsi : merula, mèr-la donne merle -^ mais dans pedica piège et tepïdum tiède^ Te latin s'était altéré avant que la pénultième brève ne soit tombée.

50. Voyelles accentuées, entravées. — Dans la période qui nous occupe, elles se maintiennent sans changement, telles qu'elles existaient en latin.

arbôrem arbre

cantavit, cantat chantât, chanta

lardum lard

masculum masle, mâle

partem part ^

hërba

èrhe (herbe)

përdita pertica terra

perte

perche

terre

débita

dé le [dette]

episcopum missa

evésque messe ^

argïlla mille

aro-ile mil

mortem

mort

porta

porte

côrtem ôrdinem

côrt [cour) orne

1. La chute de l'atone dans les paroxytons ne fait pas obstacle au changement de a en e (§ 51, 4°) : tal(e)s, Iclsy ce qui prouve qu'elle est tombée lorsque aéjà l'a s'était altéré, tandis que dans les proparoxytons, comme fabula, l'u pénultième en tombant a produit l'entrave, et, par suite, est tombé avant l'altération de a.

2. L'é fermé devient i sous l'influence d'un i long* final atone : feci : fis ; ibi : i/ ; ïlli : il (g 197) ; prêsî : pris (Je) ; tênilî : Une, tins (Je) venï : t^ins (/>) ; vïgintï : (^int, vingt.

DU

yo

AU

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