‹ Cours de grammaire historique de la langue françaiseChapitre 15 sur 54 · Par exempte, an trouve employées · texte numérisé non relu

Par exempte, an trouve employées

ta.

arbuata arborela lA. Gell. 17, 2), v. fr. arhro

pagna battnlia (Adom. Martyr), fr, bataille.

en très grand nombre sont sortis, par composition et surtout par dérivation, de mots simples qui se sont maintenus à côté d'eux ou qu'ils ont fait disparaître. Ajoutons encore une foule de néologismes apportés par la conquête et désignant des faits et des idées propres aux institutions nouvelles. En effet, la langue des conquérants germains, qui au ix® siècle n'était plus parlée en Gaule ^, n'avait pas disparu sans laisser des traces d'elle-même dans l'idiome des vaincus. Le français d'alors en avait été pénétré, saturé; cependant, dès l'époque capétienne, une bonne partie de cet élément étranger fut graduellement éliminée; l'élément roman triompha, quoique la langue ait conservé au moyen âge un nombre notable de mots germaniques , et qu'elle en possède encore aujourd'hui quelques centaines.

Ce lexique, miroir fidèle des mœurs et de la civilisation du temps, devait exprimer peu d'idées savantes (nous verrons qu'un des grands traits de la formation savante est de rendre précisément à la langue les termes abstraits qui lui font défaut) ; mais il devait abonder en termes désignant des choses matérielles, notant la foule de faits nouveaux apportés par la révolution politique et sociale, et les idées générales que comporte la vie usuelle. Il dut être expressif, imagé, pittoresque,

vincula hoia (Festus), v. fr. buie.

mutare cambire (Apulée), cambiare (Lex Salica), d'où

changer,

felis cattus (Palladius, etc.^, chat.

cuUna coquina (Arnobe, etc.), cuisine,

immittere lanceàre (Tertullien), lancer,

mandere masticare (Apulée, etc.), mâcher,

columbua pipio (Lampridius), pigeon,

propin^uare propiare (Paulin de Noie), approcher,

sangumolentus aanguilenlus (Scribonius LargcusV sanglant,

hirsutum villutum (Gloss. Mai Yl, 501), tfelu,

fena (joue) gabata, écuelle, fr. joue,

umerus apatula, spatule, fr. eapadle, eapallCf espaule.

1. Les Serments de Strasbourg en sont la preuve. Louis le Germanique doit parler français pour être compris des barons de Charles. Ceux-ci avaient donc oublié leur langue maternelle et étaient devenus romans.

Mistoihb iNT^BNlt bo Nuançais

habile à rendre les sentiments les plus variés d'un peuple fin et délié.

Formes grammaticales. — C'est dans cette période que les formes grammaticales subissent les iransfonnalions les plus profondes. Mais ces transformations, qui se retrouvent presque toutes dans les autres langues romanes, avaient été préparées de longue main et remontaient, au moins dans leur principe, à la langue impériale.

La déclinaison se désorganise et donne naissance à un système nouveau, qui repose sur d'autres principes, et que les flgea suivants compléteront pour l'abandonner ensuite sans retour.

Les pronoms, en partie conservés, en partie transformés, se réduisent en nombre, en même temps qu'ils se précisent dans leurs formes et leurs fonctions.

C'est surtout la conjugaison qui est le chef-d'œuvre de la création des langues nouvelles. Un système nouveau sort des débris de la conjugaison latine disloquée. Le passif disparaît en partie, le déponent complètement, le réfléchi est créé de toutes pièces; un mode nouveau, le conditionnel, sort d'une périphrase de l'infinitif avec l'imparfait-optatir latin; un système de temps passés, composés d'un auxiliaire et du participe passé, s'ajoute aux temps simples, présents et passés, du latin classique.

Le latin populaire [ici la transformation remonte sûrement à la Rome Impériale] arrive, par une analyse plus déticiUe de la pensée, à un système savant et ingénieux, souple et rafSné, qui se substitue à la belle ordonnance synthétique de la conjugaison classique.

Syniaj:c. — Les altérations syntactique profondes. L'emploi des prépositions plus étendu, et celui de la proposition subordoi nelle, qui, de bonne heure, semble avoir ri beaucoup de cas la proposition infinitive , vi les plus notables de la syntaxe nouvelle. Noi pas de la perte de ces constructions savantes que l'on admire chez les grands écrivains de Rome. La %'j'M.'a3

< sont moins i large, plus née personmplacé dans ilà les traits

de la langue écrite est la partie du langage qui subit le plus facilement la marque de l'écrivain, mais le plus souvent la syntaxe de la langue parlée et familière ignore ces savantes combinaisons ^ . C'est la syntaxe populaire de Rome qu'on retrouve essentiellement dans celle du galloroman, telle que la science peut la reconstituer.

En somme, une prononciation profondément altérée, qui donne à l'idiome l'apparence d'une langue nouvelle ; un lexique qui ne conserve du lexique classique qu'une part restreinte et abandonne le reste, en y ajoutant de son propre fonds par des créations originales ou par des emprunts à la langue des conquérants; une grammaire aussi pleinement modifiée, mais transformée d'une façon originale ; une syntaxe assez stable : tels sont les caractères de la langue qui va devenir le français.

En face du gallo-roman se place le bas latin, ce latin classique dégénéré, dans lequel écrit le petit nombre d'hommes qui ont conservé la tradition littéraire et intellectuelle. Le bas latin, avec une construction qui subit l'empreinte du gallo-roman, possède un lexique plus étendu, puisqu'à coté des mots du gallo-roman qu'il conserve le plus souvent, en les habillant d'une forme latine, il garde la plus grande partie, encore enrichie par lui, du lexique abstrait et savant du latin classique, que le peuple avait abandonné.

Le gallo-roman est parlé par 8 ou 10.000.000 d'hommes; le bas latin est écrit ou même parlé par quelques milliers.

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