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Bur les autre B.
lèvres, deux consonnes habituellement sonores, mais qui deviennent sourdes lorsqu'elles s'unissent intimement avec une consonne précédente sourde : à savoir l'u consonne et l'û consonne.
L'u consonne est ce qu'on entend d'abord dans oui. Ce serait une erreur de décomposer ce mot en la voyelle u et la voyelle i : le premier élément n'est pas une voyelle, mais une consonne, identique au w anglais, la même consonne que l'on trouve en français, déguisée par l'orthographe, dans le groupe oi ^ .
L'û consonne est ce qu'on entend d'abord dans puis, lui, etc. Ce serait encore une erreur d'y voir la combinaison de la voyelle ù et de l'i. L'û est ici, en réalité, une consonne, qui est à la voyelle û ce que l'u consonne (w) est à la voyelle u. Gomme nous représentons phonétiquement la voyelle u par la lettre u, la consonne correspondante par la lettre w, et la voyelle û par la lettre û, la consonne correspondant à l'û pourra être représentée phonétiquement par le signe w. Ainsi le mot lui sera noté phonétiquement Iwi, comme le mot loi sera écrit Iwa.
Le w et le w sont, comme nous l'avons dit, habituellement sonores et ne deviennent sourds qu'après une consonne sourde. Ainsi, dans moi, loi, doigt, notés phonétiquement mwa, Iwa, dwa, w représente une consonne sonore. Dans poids, toi, foi, notés phonétiquement pwa, twa, fwa, le même signe représente une consonne sourde. Dans buis [bwij, w est sonore, et sourd dans puits (pwij ^.
' 33. Labio-dentales. — Ici la lèvre inférieure s'applique contre l'extrémité des dents supérieures.
Fermeture complète : point de consonne française, et peut-être aucune consonne n'est-elle possible ?
Fermeture incomplète : sans vibration, f; avec vibration, V.
1. Moif toi, 8oif etc., se prononcent en effet mwaf twa, swa, etc.
2. Dans la prononciation de w et de tv, la partie postérieure de la langue se rapproche du palais mou, ce aui fait que ces consonnes sont à la fois tabio-labiales et vélaires (yoir p. 69, n. 3).
34. LiNGuo-DENTALES. — L'extrémité et une petite partie de la face supérieure de la langue touchent l'extrémité des dents supérieures.
10 Fermeture complète : sans vibration, t ; avec vibration, d. Le d, accompagné de résonnance nasale, devient n (on peut noter phonétiquement cette consonne par d*).
2^ Fermeture incomplète : sans vibration, s forte, notée dans notre orthographe par s, ss, ç, c, ti; avec vibration, s douce, notée par s, z ^.
Une autre linguo-dentale, continue et sonore, est produite par le contact de la langue contre les dents supérieures, l'air sortant de chaque côté entre la langue et les dents latérales : c'est l'I.
Enfin, une dernière linguo-dentale est l'r roulée ou alvéolaire, qui est prononcée dans certaines provinces, et est encore employée sur la scène par les acteurs et les chanteurs, qui la trouvent plus harmonieuse et plus sonore . Cette consonne est produite par le roulement de la langue, dont la pointe vient s'appuyer contre les alvéoles des dents.
L'r roulée qui est l'r des Italiens, des Anglais du Nord, des Scandinaves, a été remplacée à Paris par l'r palatale.
35. LiNGuo-PALATALES. — Ici, la langue vient toucher par sa partie postérieure , supérieure ou antérieure, diverses parties du palais, depuis le palais mou, près du voile du palais ^, jusqu'à la partie du palais dur voisine des alvéoles dentaires. Les positions de la langue sont très variées et donnent naissance à toutes sortes de con-
1. Ainsi, ce que nous écrivons mon ami et prononçons mo-naml^
se transcrirait phonétiquement bo da bi. Les gens fortement enrhumés du cerveau ne peuvent produire la résonnance nasale et prononcent en effet bo dà bi,
2. Ici la position de la langue est légèrement modifiée. La face supérieure de l'extrémité se relève contre les dents supérieures et les alvéoles dentaires, et la pointe s'appuie contre les dents inférieures.
3. De là le nom de vélaires (du latin vélum, voile), donné aux consonnes formées par l'applicatipn de la langue contre la région du palais vpisine çlu Toi|e,
sonnes, dont quelques-unes sont si voisines entre elles que l'usage les distingue difficilement.
1^ Fermeture complète. La partie supérieure de la langue touche le haut du palais, un peu en avant du côté des dents :
sans vibration des cordes vocales. . . . k devant e, i. avec vibration des cordes vocales .... g devant e, i (dans
gai, gui).
Un peu plus en arrière, vers le palais mou :
sans vibration des cordes vocales k devant a.
avec vibration des cordes vocales g devant a.
Plus en arrière encore, près du palais mou, ou du voile du palais (ici, c'est la partie postérieure de la langue qui fait le contact) :
sans vibration : k devant o, u, û, devant une consonne, ou à la fin d'une syllabe (corps, coup, cure, croire, coq).
avec vibration : g devant o, u, ù, devant une consonne, ou à la fin d'une syllabe (gorge, goût, gutte, grand, bague = bag).
Ainsi l'orthographe confond des consonnes différentes, que l'étude physiologique des sons a seule permis de reconnaître, et dont l'histoire des langues romanes a démontré l'existence, puisque les palatales latines n'ont pas changé de valeur ou sont devenues ch, j, ou ç, z, suivant qu'elles étaient suivies de o,u,ù, etc., ou d'un a, ou de e, i^
2^ Fermeture incomplète. Lorsque la langue, en touchant le palais, laisse un passage à l'air, nous avons d'abord, si le contact se fait par la pointe et une partie de la face supérieure de la langue , contre le palais dur, au dessous des alvéoles, sans vibration des cordes vocales, la chuintante forte représentée dans l'écriture par le groupe cb (dans cbemin, cbâteau). Quand les cordes
1. En revanche, l'orthographe multiplie à plaisir les notations graphiques de ces sons, auxquels elle les applique au hasard, représentant sans distinction et indifféremment ces palatales par c, k, ^, c^, i^ii, c(jii, ch, ch ; — ^, gu, gh.
5 CONSONNES FRANÇAISBS 71
vocales entrent en vibration, nous prononçons la chuintante douce représentée dans l'écriture par j, ou par g devant e, i.
Lorsque le contact a lieu avec la partie supérieure de la langue, plus en arrière contre le palais dur, nous obtenons une autre consonne, h ah i tu elle ment sonore, quelquefois sourde ', qui joue et a joué un rôle considérable dans l'histoire de notre prononciation ; c'est l'I consonne ou yod palatal, consonne analogue au } allemand, à l'i et à 1*7 consonnes de l'anglais. Cette consonne n'est pas reconnue par l'orthographe française, qui la note habituellement par la lettre i, parce qu'on y voit à tort une voyelle. Ex. : piano, bien. Dieu, pied, fier. Au commencement des mots, ou après une voyelle dans l'intérieur des mots, elle est notée par y : yacht, yole, yeux ; payer [c'est-à-dire pô-yé], moyen (c'est-à-dire moi-yen = mwà-yê). Souvent même on a oublié de la noter, comme dans : onvrier, février, hier, lier [^: ouvri-yer, févri-yer, hi-yer', li-yer) . Noua la noterons par y.
Une autre linguo-palatale, formée par le contact de la partie postérieure de la lang-ue avec l'arrière du palais dur, puis le palais mou, est l'r parisien qui a remplacé l'r alvéolaire.
36. LiSGiio-DENTo-PALATALES. — Ici lu langue touche à la fois les dents et le palais.
La fermeture est incomplète et les cordes vibrent ; on a deux consonnes différentes, l'I monillée et l'n mouillée.
1° L'I mouillée, que nous notons 1, est produite par la combinaison de l'I et du yod palatal. Pour prononcer M, la langue toucbe les alvéoles dentaires ; pour prononcer le yod palatal, elle se courbe de façon a toucher incomplètement, par le sommet de la courbure, le haut du
Ealais dur. Si l'on combine ces deux sons, de façon que i langue touche on même temps les dents et le haut du palais, on aura l'I.
Ce son est représenté dans l'orthographe par Ih en portugais et en provençal , par 11 en espagnol , par gl ou gli en italien. En français, il est représenté de quatre manières différentes : par ill devant une voyelle (bata-illon) ; par il à la fin d'un mot (trava-il) ; par 11 après un i, devant une voyelle (fi-U-e) * , et par 1 seule (péril) après un i, à la fin des mots.
L'I est en voie de disparition. Ce son complexe devient trop difficile à prononcer, parce qu'il exige de la langue des positions simultanées quelque peu contraires. Les éléments composants tendent à se disjoindre : au lieu de prononcer une 1 et un yod combinés, les uns prononcent d'abord une 1 et puis un yod et disent par exemple batal-yon; les autres, et c'est le plus grand nombre, suppriinent l'I et ne prononcent plus que le yod (bâtayon).I Cette dernière prononciation est d'un usage général à iParis et dans le Nord de la France, et elle fera bientôt loi. La véritable 1 se prononce encore au sud de la Loire et dans la Suisse romandef^
2° L'n mouillée , ou n, est~la combinaison de l'n et du yod palatal. Elle est représentée dans l'écriture par le groupe gn en français et en italien, par le groupe nh en provençal et en portugais , par n en espagnol. Cette consonne n'a pas subi les vicissitudes de l'I et est toujours vivante^.
37. De l'h aspirée. — Nous n'avons point parlé de l'h aspirée. Ce n'est pas en réalité une consonne. C'est un souffle produit par le frottement plus ou moins fort de l'air, sortant librement de la gorge, quand les cordes vocales sont éloignées et, laissant la glotte ouverte, ne vibrent pas.
• Cette b aspirée se fait entendre encore dans le parlef
1. Quelquefois même après une autre Toyelle : Sully = Suilly. Aujourd'hui, l'orthographe réagissant, on prononce généralement Sul-ly, par oubli de la tradition.
2. Cependant beaucoup de personnes, disjoignant les éléments constitutifs, prononcent d'abord n, puis y, et par exemple ne font pas de différence entre ré-gn-er et Ré-ni-er,
THEORIE DES CONâONNfiS .FRANÇAISES
de quelques provinces , ou dans la prononciation soutenue et oratoire. A Paris, dans la prononciation familière, elle n'est qu'un signe de non-liaison et de nonélision : les haricots, prononcez lé-arikô ^ .
38. Tableau des consonnes. — Tel est le système des consonnes françaises, dans l'état actuel de la langue. Nous pouvons le résumer dans le tableau suivant :
Labio-labiales
Labio-dentales.
Linguo-dentales
Linguo-palatales
Linguo-dento-palatales .
Laryngo-laryngales . . .