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III. Palatales

70. pALAtALÉS. — Sous Ce titré nous réunissons lëâ consonnes c (k, q) et g ; le t suivi d'un e ou d'un i en

1 . Le groupe final sis aboutit à ts, noté par z : hosiis, osts : oz ; Christusj Christs: Ghriz.

hiatus ; le yod ou i consonne ; enfin h, avec les combinaisons ch, ph, th.

Le c et le g latins se prononçaient toujours durs, quelle que fût la voyelle suivante. Gicero était prononcé Kikero ; dans gelo et gigno, g avait sensiblement la même valeur que dans les mots français guère et gui. Mais ces consonnes se sont altérées de diverses manières durant la période que nous étudions.

71. C INITIAL DEVANT L, R, 0, U. — Au Commencement des mots ou après une consonne, c conserve jusqu'à nos jours la prononciation latine devant 1, r, o, û.

clamm cler (clair)

crêdere creidre, croire

corpus cors (corps)

cûneum coin

cura cure

percorsum parcours

^inclausum enclos

72. G INITIAL DEVANT E OU I. — Dans cette condition, c commença vers la fin de l'empire à prendre un son sifflant, autrement dit à s'assibiler, et finit par aboutir à la sifflante composée ts. On conserva la notation c, sauf à la fin des mots, où ts est écrit z jusqu'au xiii* siècle.

caelum ciel (Cantilène)

Cêra (pron. kéra) cire[pron,tsire,tsiel)

Circnlutn (pron. kirknlum) cercle (pron. tsercle)

cinque (pour quinque) cinq (pron. tsinq)

mercëdem (pron. merkedem) . merci (pron . mertsi)

dùlcem (pron. dulkem) dolz, douz (doux)

73. G DEVANT E ou I EN HIATUS. — Gy îssu de ce ou ci suivis d'une voyelle, devint également ts, non seulement après les consonnes, mais également après les voyelles.

lancea lance (pron. lantsé)

glacia (pour glaciem) glace (pron. glatse)

fada (pour faciem] face (pron. fatse, etc.)

pellicia (vestis) pelice (pelisse)

))racliia, bracia (§ 82) hrace (brasse)

placeat place (auj. plaise)

faciat face [fasse)

brachium, bracium (§ 82) hraz (pron . hrats ; auj . hras)

solacium solaz (soûlas)

aci*arium ac-ier (pron. ats-ier)

74. G INITIAL DEVANT A. — Le groupe initial ca se changea en tch(a, e, ie), sans doute en passant par cya et tya. La nouvelle prononciation fut notée par ch.

caput, capum chief (Caintilène) y chef

carum chier, cher

campum champ

caballum cheval

circare cerchier (plus tard chercher)

piscare peschier^ pécher

Ce changement, qui a probablement commencé au VIII® siècle % était accompli au x®. Ainsi, à cette époque, la palatale initiale simple, ou la palatale initiale formant le dernier élément d'un groupe, avait subi trois destinées différentes. Elle était restée k devant r, 1, o, û; elle était devenue sifflante (ts) devant e, i, et chuintante (ch) devant a.

75. G MÉDiAL SIMPLE. — G médial s'affaiblit, comme toutes les autres explosives.

1® Devant o et û, il s'adoucit en ig ou en g, suivant la nature de la voyelle qui le précède. Plus tard, le g simple cessera d'être prononcé.

acutum aigu

'^'acacala (de acas) aiguille

1. Il a lieu également deyant e et <*, mais seulement dans des mots nouveaux, introduits après le vir siècle par dérivation {sac, sach-et; duc, duch-essé) ou par emprunt à l'allemand (échine, de skina; eschirer, déchirer, de skerran).

114 HISTOIRE PB h\ PRONONCIATION FRANÇAISE

secorum (^^S^'') ^§^^^ sûr

Saucoima, Saeoima [Sagone] Saône

Aigre (acrem, acram), maigre (maorum), aigle (aqnila) sont traités comme acutum.

2o Suivi d'à, le G médial devient yod après a, e, i. Après les autres voyelles, il se change en g et plus tard cessera d*être prononcé.

baca haie

pacare pai-ier^ payer

nécare nei'-ier, noyer

prècat (prieie) prie

carmoa icharrugue) charrue

lactuca [laitugue) laitue

3*^ Devant e ou i, c se change en is, 11 faisant diphtongue avec la voyelle précédente.

dècem [dieis) dis (dix)

dècïma disme, dime

racemum raisin

placêre plaisir

paoem pais (paix)

vôoem vois (voix)

nûcem nois (noix)

76. G FINAL SIMPLE. — G final simple, latin ou roman, devient yod et fait diphtongue avec la voyelle précédente. Si celle-ci est i, elle se fond naturellement avec lui.

fac

fai

sic

si

amicum

ami

11, G DOUBLE OU EN GROUPE. — 1° G doublc devient oh devant a et ts devant e ou i; il se réduit à k simple devant les autres voyelles : sicca, sèche \ vacca, vache \ ^baccinum, bacin [bassin); siccum, séc; succussa, secousse,

2^ Lorsque le ç est la dernière consonne d*un groupe ,

il est traité comme initial, et, suivant les cas, reste c ou devient ts ou tch. S'il n'est pas la dernière consonne du groupe, il devient yod et se combine avec la voyelle précédente pour former une diphtongue, à moins qu'il ne précède la syllabe accentuée : en ce dernier cas, il tombe sans laisser de trace.

C = i : nôctem (nuôit) nuit

factum fait

facere, fac-re faire

dacere, duc-re duire

axem ais

laxare laissier

Côxit coist (Ëulalie)

no = in : sanctum saint

junctum joint

vincere çeintre (Eulalie)

C tombe : fluctaare floter (flotter)

ructare roter

exemplam essemple

Âlexandria Alessandre

3° Les groupes médiaux cl, tl, pl^ produisent un yod, qui vient mouiller l'I, au lieu de former une diphtongue avec la voyelle précédente.

ôcnlam, oclum ne-il, œil

vetnlam, véclum vie~il

sïtula, sécla se-ill-e

scôpulum, scoclum escue-il, écueil

78. TI EN HIATUS. — Le groupe ty, dont il n'y a d'exemples en gallo-roman qu'à l'intérieur des mots, est traité comme c devant e ou i suivis d'une consonne. Précédé d'une voyelle, il aboutit à is^.

1. Le groupe tl s'est changé en latin en cl. De même/»/ dans le seul mot scôpulum.

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