I. Sons purs ou oraux
m. £ PERMÉ^ — Du XVI® au xviii® siècle, é fermé accentué^ devient é ouvert toutes les fois qu'il est suivi d'une consonne persistante. Auparavant on disait : échéc, chef 4 téve, éle, père, mère, frère, amer, amére, clér, fier, etc. Peu à peu l'on se mit à prononcer comme nous le faisons aujourd'hui : échec ^ chef y fève, èle (aile), père, amer, clèr (clair), fier, etc. L'é est resté fermé quand il n'étaitsuivi d'aucune consonne ou que la consonne suivante (notamment r final) a cessé d'être prononcée (§ 121). C*est pourquoi les participes et les infinitifs de la 1"^® conjugaison et les polysyllabes en -er et en -ier ont toujours l'é fermé, tandis que les féminins en -ère et en -tére ont l'é ouvert :
berge (berger) bergère
' message (messager) messagère
printanié (printanier) printanière
oavrié (ouvrier) ouvrière^
1. E fermé accentué continue a latin, libre, accentué (§ 51, 4o et 89); ié continue le même a latin, précédé d'une consonne palatale (§54, 1", a), ou è gallo-roman, libre, accentué (g 51, 2").
2. ti*yod ou i consonne, précédant e ouvert ou fermé (ancienne
!44 mffmtmi jk l*
^ *-f m'!l T^çiiW*^ onr * 'our iiiii«n» in: esnees-. -sbl— C^f*»- l*tfe*^*çuTi»' «ofvirr«ir ^acorR: ans: hl jol maoL ^lots
irrm. an^ tel
te? 'MM. 3fniu 4K -ML
<fn * tit -fD^iÇieâw» «( tiiekns: : -nmsr ^ijesr un: A^^t^I^ï^nent. .4»5i fnjeile^ in ut nous Lraiuuist ^mEttmt-
^« ^%'>ih^ y^rmineaz le 3uic 'jn. annoncs
P^^n . 4^ iU^. p^tUn ^aleuït^ io flot:, eâc
/>» ^AfCkfn^ts^^. .*» miUXLSk i partir «itt XTf ^èffrre. Le c^att» ^fftm^mt ^(^ <n (î ^it^^vat une <^iiâfiime -Hilfanù*. «fem» des
^'Vruvjuv^ finji^^ f,h*i'iji^, trrvjuae. La ^voy^îLi CB^ d&tRtt le 1t¥f^^*!. /vn^^TWâre '«t mc^rtàiiL^ a égalsmoit n son ferrtW*^ /t<^*rit im Z t àew^jue^ Mtsaae^ Creuse^ «c-
i iX. Hwrr/>«nt Mt vZ nbnancF. — Dés fie xn* siècle,
F* U^t^ir^in 'WwnfwnK'^it â a être plœ* prononcé apcvs les
i^mfnéé joarnée
êlÊUê ^stqn^j eau
âiff^y^/ft^ i*!,, ^'"M ehstnffé en / royelle, après an groupe de con- 0^*/htf*i* pfffU*rtf^Â^,% ànu% la taitae sjllabe :
o/i^t^rUr ou-irri-er
la-hlUr ta-hU-cr
t/^ moi ///>/-, ftttirf'Mn monosyllabe, se prononce également en élt'tm é'tu'inntottn iU ifoix : hi-er
DU XVI® SIÈCLE JUSQU A NOS JOtJRS 145
Quand l'e féminin précédait la voyelle accentuée, l'orthographe s'est généralement conformée à la nouvelle prononciation. Quand il formait la dernière syllabe du mot, on a continué à l'écrire, excepté dans le substantif eau (jadis triphtongue) et à la terminaison de l'imparfait et du conditionnel, auparavant -o/e, bientôt -0/5.
En même temps, l'e féminin s'affaiblissait entre deux consonnes intérieures , le plus anciennement sans doute dans le voisinage d'une liquide ou d'une nasale.
acheter ach 'ter
savetier sav'tier
charretier chartier (La Fontaine)
larrecin larcin
serement serment
Après la consonne initiale. Te féminin a persisté jusqu'à nos jours, à moins qu'il ne fût suivi d'une des consonnes 1 ou r.
belouse blouse
beluter bluter
berouette brouette
Au XVI® siècle, l'e féminin était encore prononcé à la fin des mots après une consonne. Mais, depuis le xvii® siècle, on ne le fait plus entendre dans la conversation qu'après les groupes de consonnes qui exigent une voyelle d appui : par exemple, dans quatre^ table, peuple, souple 'j ou, à l'intérieur des mots, dans appartement, exactement, lestement, etc.
A cet égard, les habitudes locales ou individuelles varient d'ailleurs sensiblement. Dans le langage oratoireou poétique, l'e féminin ou, comme on dit, l'e muet est mieux conservé que dans la prononciation courante. En vers, il compte pour une syllabe et constitue la rime féminine. Aucun fait ne contribue plus à donner à notre poésie moderne un caractère factice et artificiel et à rendre nos vers faux à toute oreille non avertie.
Dans nombre de cas, sans qu'on puisse formuler de
règles précises, l'e féminin s'est changé à partir du XVI® siècle en é ou plus souvent en é. C'est ainsi que désir, péril, séjour, lépreux, bénin, gémir, quérir, guérir, sont devenus p^r//, séjour, lépreux, bénin, gémir, quérir, guérir.