‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 100 sur 427 · NOMS DE CHOSES § CI · texte numérisé non relu

NOMS DE CHOSES § CI

D. Noms de choses

1. En grammaire, les noms des plantes et les noms des choses naturelles ou artificielles ne forment qu'une classe de substantifs que l'on appelle /«ow^ de choses et quin^ont pas de genre naturel. Cependant, bien que les plantes et les choses ne soient ni mâles ni femelles, on a donné un genre grammatical aux mots qui les nomment : ainsi chêne^ rosier^ tonnerre^ soleil, sont du genre masculin ; violette, ivraie, neige, rouille, du genre féminin.

2. Le genre des noms commmis de choses est déterminé ou par le sens ou par la forme.

a) Dans les mots primitifs, le genre se détermine aussi bien par le sens que par la forme ; mais le sens n'indique le genre que d'un petit nombre de mots, et la détermination par la forme ne peut se faire qu'en recourant à la source de la langue, au latin.

1° D'après la forme, la plus grande partie des noms terminés par un e muet sont féminins, le e muet final, formé de la terminaison latine a, étant en français le signe caractéristique du féminin. Cf. : le bouilli et la bouillie, le lieu et la lieue, le parti et la partie, le pli et la plie, l'oubli et l'oublie; le pic et la pique, le lac et la laque ; le but et la butte ; le cap et la cape ; le cours et la course; le gaz et la gaze; le mur et la mûre; le bal et la balle, le col et la colle, le fil et la file, le sol et la sole, le vol et la vole, etc. Mais le e final ne représente pas toujours un a latin, et c'est la raison pour laquelle il y a beaucoup de substantifs terminés par e qui sont masculins et non pas féminins, comme l'antre, le chêne, l'éloge, Vincendie, le porc/ie, le siècle, le verre, etc.

2" D'après le sens, sont masculins : les noms des métaux : le fer, le platine, le cuivre; les noms des poids, mesures et monnaies du système décimal: le mitre, le litre, le stère, le franc; les noms des saisons, des mois et des jours: l'hiver, l'automne, avril, le carême, etc. ; cependant on dit la miaoût, la mi-janvier, la mi-carême, etc. — Sont féminins: les noms des fêtes : la Pentecôte, la Toussaint ; excepté Noël, carnaval; les noms des sciences : la grammaire, la chimie, la physique.

h) Le genre des noms dérivés est entièrement déterminé par la forme : tous les substantifs formés par le même suffixe sont du même genre.

3. Les substantifs-adjectifs qui désignent des ^•Aosé'S concrètes sont masculins ou féminins, selon le genre du nom sous-entendu : le fossUe (corps), un hongre (dieyal), le liquide (corps), le tragique (genre); — une capitale (ville, lettre), une canine (dent), la droite (main), une initiale {lettré) ', — le vtdnéraire (médicament), la vulnéraire (plante); — un parallèle (cercle), une p)arallèle (ligne).

Les substantifs-adjectifs qui désignent des choses abstraites' sont toujours masculins ou plutôt neutres : le beau, le comique^ h juste, le ridicule, le vert.

§ (ÎS XOMS DE PERSONNES !()!>

4. Tous les mots, combinaisons de mots et propositions employés substantivement sont masculins : le ponr et le contre, le mien et le tien, le oui, un si, le qu^en-dira-t-oti, le devant de la maison.

5. Le genre des noms propres de choses se détermine en général par la forme.

a) Les noms des parties du monde, les noms de pays et de jn-orinces, les noms de fleures et de villes, sont masculi)is quand ils ne sont pas terminés par e ou es, et féminins quand ils ont cette terminaison : VAsie, f., le Danemark, le Piémont, le Tyrol, la Lorraine, la Gaule ou les Gaules, Paris, m,, Rome, f., le Fhin, le Wéser, la Seine.

Les exceptions sont nombreuses ;

Noms de pays : le Bengale, le Hanovre, le Mexique, le Pélopanèse, le Maine.

Noms de fleuves. Sont masculins, malgré leur tei ininaison féminine : 1" les noms des lleuves de la Grèce, de l'ancienne Asie et de la mythologie : le Tigre. l'Euphrate, le Cocyte: "1'^ le Rhône, le Danube, l'Adige, l'Ebre, l'Elbe, le Tage, le Tibre, l'Orénoque, le Za^nbèze, et quelques autres. — Sont féminins, malgré leur terminaison masculine, les noms des lleuves en a : la Neva, la Plata, la Guadiana, excepté toutefois le Volga, le Niagara.

Noms de villes, l" Il n'y a pas de règle bien précise pour déterminer legeiu'e des noms propres terminés par es : Athènes, Gênes, sont féminins, mais Londres, Versailles, sont masculins. 2" Dans les noms de ville précédés de l'article délini, la terminaison ne détermine point le genre : le Caire, le Havre, la Rochelle, la Ferté. 'i° .Sont féminins, malgré leur terminaison masculine : Jérnsalem, Sion, Tyr, Ilion (Troie).

Le mua d'une ville est masculin quand il est employé comme nom collectif, au lieu des habitants de cette ville; par ex. : Tout Rome le sait, c'est-à-dire. Tout le peuple ro)nain le sait. Si, au contraire, on veut personnifier une ville, on en met ordinairement le nom au féminin: Malheureuse Tyr! iFcnohmi. c'est-à-dire. Malheureuse ville de Tyr!

S'il y a doute sur le geni'e d'un nom de ville, on doit le faire précéder du mot ville: La ville de Londres est e.etrêmement peuplée.

h) Sont ma.^culins les noms des montagnes et les noms des chaînes de montagnes emplo3'és au.si>igulier: Le Parnasse, le Jura, le Caucase; excepté la Junf/frau, la Gemmi, etc. Le genre des noms des chaînes de montagnes employés au pluriel se détermine en général par la forme : les Apennins, les Balkans, masc; les Pyrénées, les uilpes, les Cévennes, les Carpathes, les }^os(jes, fém.

E. Noms des deux genres

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