III. Noms de nombre indéfinis
1. Les noms de nombre ituléfnis marquent un nombre ou une quantité indéierm inée.
2. Ceux qui marquent un nondjre indéterminé sont : 1" quelque, certain, vudnt, plu-^icurs, divers, différents, pour Vunité et la pluralité; 2° tout, chaque, nul et aucun, pour la totalité ou Vuniverxalité: Donnez-moi quelque lirre. J'ai acheté quelques //wes. Toute pjeine mérite salaire. Chaque pays a su pensée (La F. IX, 7).
Quelque est formé de quel, de qualeni, et de que, de quem; certain vient du latin certutn avec addition du suffixe ain; maint est d'origine germanique; plusieurs vient d'une forme latine pluriores pour plures, qui a perdu son sens de comparatif; c^ii-ers vient du latin diversus; tout de totus; chaque, autrefois
§ 8') T>r PKOXOII EX GÉXÉnAL 197
chasque. Je quisque; nul de nuUus; et aucun est formé de l'ancien aUjue, de aliquis, c'est-à-dire quelqu'un, et de vn ; il reprt'sente donc le latin aluiuem unurn.
3. Les noms de nombre ({ui expriment une quaufité indéterminée sont : beaucoup^ guère^ pen^ troj), assez. Ces mots sont, par leur origine, de véritables substantifs qui sont suivis de la préposition rie, mais ne prennent pas l'article C). Ils se disent de tout ce qui peut être mesuré, estimé ou compté : // n beaucoup d'an/eitf. li a peu d'insfntrfiox. J'ai assez de Hurs. Beaucoup de ç/ens le croient.
Beaucoup, qui a remplacé moult, est la réunion des deux mots beau et coup. et signifie une grande quantité; beau avait le sens de cjrand, et l'on dit encore .tujourdhui un beau mangeur pour un grand mangeur; le mot coup, vieux français colp, est le latin colaphus, qui signilie coup de poing, souf/let, et qui a pris le sens de coup en général. — .Issti: [ad et satisj signifiait à l'origine beaucoup et se plaçait après le sulistanfif : Je vous donnerai or et argent assez (Chanson de Roland), c'est-à-dire beaucoup d'or et d'argent. Trop est le même mol que troupe; il exprimait en premier lieu unt; grande quantité en général, puis excès de quantité ou de mesure. 11 peut s'employer substantivement : L^ trop d'expédients peut gâter une ajfaire (La F. IX, li). — Peu vient du latin paucum, et l'ancienne langue l'employait encore adjectivement : poies choses = res pauca'. Il devient substantif avec l'article délini ou indéfini : Il vit du peu qu'il a. Ayez un peu de patience (Ac). Quoi qu'en disent certains puristes, un peu peut se construire avec l'adjectif petit : un tout petit peu, une très petite quantité (Ac). — Guère signifie beaucoup dans le vieux français; aujourd'hui il n'a le sens de peu que parce qu'on ne l'emploie plus qu'avec la négation ne Il n'a guère d'argent.