VERBES ACTIFS, PASSIFS ET NEUTRES
tion successive, c'est-à-dire le passage d'un état à un autre. Les verbes inchoatifs sont tous des verbes en ir dérivés d'adjectifs et qui peuvent se péripliraser par devenir, comme faiblir, grandir, maif/rir, mollir^ mûrir, pâlir, tiédir, vieillir, qui signifient devenir faihle, grand, maigre, mou, mûr, pâle, tiède, vieux. Mais l'idée iuchoative ou le chang-ement d'état se marque surtout, comme on le verra plus loin, par des verbes objectifs employés subjectivement.
3. Les verbes objectifs expriment des actions qui sortent, pour ainsi dire, de l'être qui les produit et passent du sujet à l'objet; c'est pourquoi on les appelle verbes transitifs (du latin transire, passer d'un lieu dans un autre), tandis que les verbes subjectifs sont dits infransitifs,j)aYce qu'ilmie transmettent i^oint l'action à un objet. Mais ordinairement on n'appelle verbes transitifs que les verbes objectifs exprimant une action qui passe du sujet qui la fait à l'objet qui la reçoit ou la souffre (complément direct), comme dans : Charles déchire un livre. Le laboureur sèiue le grain. Le chien boit de Peau. Le soleil éclaire la terre. La rouille ronge le fer; et l'on assimile aux verbes subjectifs ou intransitifs proprement dits les autres verbes objectifs, beaucoup moins nombreux, exprimant une action qui, à la vérité, sort du sujet, mais qui n'est pas subie ou soufferte par l'objet, comme dans : Les excès nuisent à la santé.. Il survécut à ses enfants. Les enfants dépendent de leurs pères. Il n\i pas su profiter de ses avantages (Ac).
Parmi les verbes transitifs il faut distinguer les verbes dérivés ou composés qu'on appelle factitifs ou causatifs, et qui expriment une action faite sur l'objet, soit pour lui donner la qualité, soit pour le mettre dans l'état marqué par le mot simple.
Dans le premier cas, le verbe factitif peut se péripliraser au moyen de rendre; il est toujours formé d'un adjectif et se termine par er et plus souvent par ir : Lèvent sèche (= rend sec) le linge. Cette nouvelle /n'attriste (= me rend triste). Le soleil jaunit les moissons. Le commerce enrichit les Etats (Ac).
Dans le second cas, le verbe factitif peut se péripliraser par faire; il est toujours formé d'un verbe simple au mo3'eu des préfixes ad et en : Le travail accroît (=: fait croître) le bien être. Le temps endort la douleur. Mais le français a très peu de verbes factitifs de cette espèce, et il expiime le plus souvent l'idée causative au moyen de faire, suivi immédiatement d'un verbe intransitif ou transitif, comme dans : Le vent a fait tomber cette masure. Je les ai fait chercher partout (Ac).
Comme à chaque faire ou rendre correspond un devenir, les