VERBES RÉFLÉCHIS
verbes causatifs peuvent s'employer intrausitivement pour exprimer le passage d'un état à un autre, et dans ce cas l'objet du verbe causatif devient le sujet du verbe inclioatif, par ex. : Le soleil séchera i}W)i manteau = Mon manteau séchera au soleil. Cela amoindrira son revenu = Son revenu en amoindrira considérablement { Ac). Mais, pour marquer l'idée inclioative, les verbes factitifs prennent ordinairement la forme réfléchie, surtout lorsqu'ils sont composés au mo3^en des préfixes ad et en : L'esprit s'amollit dans l'oisiveté. Uenfant s'endormit.
4. Pour marquer la nature de Vuffirmation ou du rapport qui existe entre le sujet et le prédicat, le verbe prend différentes formes qu'on appelle les voix du verbe.
Il y a deux voix en français : la voix active et la voix passive, et conséquemment le verbe peut être actif ou 2Jcssif.
a) La voix active présente le sujet comme faisant l'action : U7ie guêpe a piqué Charles. La fourmis (pour fourmi, archaïsme) /épique au talon (La F. II, 12). La révolution a blanchi beaucoiip de têtes sans les mûrir (Boiste).
b) La voix passive présente le sujet comme recevant l'action et la recevant d'autrui : Charles a été piqué jjar une guêpe.
Les verbes transitifs, qu'on appelle aussi verbes actifs, peuvent seuls prendre la voix passive qui leur donne une signification intransitive.
c) On appelle ordinairement verbes neutres les verbes objectifs qui, n'aj'ant point de complément à l'accusatif (complément direct), ne peuvent être employés tour à tour à l'actif et au passif; mais ce nom se dit aussi des verbes subjectifs ou verbes intransitifs proprement dits. Ainsi tous les verbes intransitifs, qu'ils soient objectifs ou subjectifs, sont des verbes neutres : Tout cela ne convient qu'à nous (La F. XI, 8). Unlièvre en son gîte songeait (Id. II, 14).
Les Romains appelaient neutres fneuter, ni l'un ni l'autre) les verbes intransitils. parce que ces verbes n'étaient pnur eux ni actifs, ni jjassifs.
B. Verbes réfléchis.
Les verbes transitifs s'appellent réfléchis, quand ils ont pour objet réel ou seulement apparent un pronom réfléchi qui précède et qui est de même personne et de même nombre que le sujet : Je me piquai en cueillant des roses. Il se pique de bien écrire.
Certains verbes ne sont usités que dans la forme réfléchie, tels sont les verbes s' etvv>>-, -s-^ repentir, s'emparer, etc.; on les
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appelle ordinairement verbes réfléchis essentiels, pour les distinguer des autres verbes actifs ou transitifs qu'on emploie accidentellement comme verbes réfléchis et qu'on appelle, pour cette raison, verbes réfléchis accidentels, comme se fâcher, s'endormir, se laver, se blesser, se brider, etc. Mais cette distinction n'a aucun rapport à la nature même du verbe réfléchi. Or le verbe transitif qui revêt la forme réfléchie ou bien garde sa signification transitive, ou bien il la perd et exprime une idée intransitive. Quand je dis : Je me lave, le verbe laver n'a pas changé de sens, mais c'est le sujet qui fait sur lui-même l'action marquée par le verbe, et ce retour de l'action est exprimé par le pronom personnel qui est bien réellement l'objet du verbe, soit comme complément direct, soit même comme complément indirect, par ex. : Je me lave les mains. Mais quand je dis : Je m'aperçois de mon erreur, je me repens de ma isLUta, je m'ennuie, je m'endors, le pronom personnel n'est que l'objet apparent du verbe, car il est bien clair qu'il n'y a pas ici une action faite par le sujet sur lui-même, que je Vi aperçois pas, que je ne repens pas, que je Ti'envuie pas, que je n'endors pas ma propre personne; ces verbes ont donc changé de sens, ils ont cessé d'être transitifs pour devenir intransitifs, et c'est pourquoi nous les appellerons verbes réfléchis intransitifs pour les distinguer des verbes transitifs employés comme réfléchis, tels que .s^ laver, se blesser, se briller, etc. (^).
Les verbes intransitifs de signification objective peuvent aussi prendre la voix réfléchie en gardant leur signification propre, par ex. lisse nuisent ^wr leur conduite. Il faut savoir se suffire à soi-même (v. la syntaxe, ch. XIX).
Le latin rend Tidée rétléchie, tantôt par lo passif ou le dé])onent, tantôt par l'actif avec le pronom réfléchi se.
(1) Les grainmainens français ne nous apprennf'iit presque rien sur les verbes réfléchis, qu'ils appellent si improprement verbes pronominaux ; ils ignorent même la distinction que nous établissons entre les deux espèces de verbes réfléchis, les réfléchis propres ou intransitifs et les réfléchis impropres ou transitifs, distinction qui avait déjà été faite pourtant, mais d'une manière bien générale, par Restant, qui appelait les seconds t/erfte.s réfléchis par la signification, et les premiers verbes réfléchis par l'expression. Voici comment cette distinction est expliquée par l'auteur dune excellente grammaire grecque : «Quand on dit : Je me bats, je me lave, l'action est d'une nature telle qu'elle ne doit pas »?écessfl()'eme/i( avoir pour objet le sujet même qui la fait; je puis, en elïet, par ex., laver tout aussi bien un autre que moi-même. Mais il peut se faire aussi que l'action soit telle qu'il faille de toute nécessité la rap])orter au sujet ; c'est lorsffue le sujet qui fait l'action doit être nécessairement conçu comme ne faisant qu'un avec l'objet qui la subit, aucun intervalle ne les séparant dans l'espace. Quand je me bats, le coup part de moi et, pour revenir à moi, traverse nécessairement un certain espace ; cet espace, quelque court qu'il soit, suffit pour donner l'idée de la dualité et faire distinguer Xesiijel de l'objet; mais quand je me console, tout se passe en moi-même; l'action est faite et subie intérieurement ; \e sujet et l'objet sont confondus. La forme moyenne, en ce cas, exprime simplement l'idée d'une action intransitive.» (Kiihner, Gr. élémentaire de lu langue (jrecque, tr. Theil, § 195). Hecker, Org., 87, et A. Gr., L '209, a aussi nettement établi la signification intransitive des verbes réfléchis, moyens et déponents.
§ li') VERBES IMPERSONNELS 217