‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 14 sur 427 · LES SONS ET LES LETTIÎES · texte numérisé non relu

LES SONS ET LES LETTIÎES

flqjJtfotifjitcs, qui expriment un son composé, c'est-à-dire deux sons prononcés en un seul temps, par ex. oi dans noli'.

Les sons-consonnes se représentent en français par li^s dixneuf lettres suivantes ou par leur combinaison : h, c, <1, f, (j, //, j, J, m, IL p, q, y, s, f, r, x, y, z. '

Les signes k et w ne font pas partie de l'alphabet français, et ne se rencontrent que dans les mots d'origine étrangère.

5. On appelle sijUahe un ou plusieurs sons qui se prononcent en un seul temps ou en une seule émission de A^oix. Ainsi la est un mot d'une syllabe, formée de deux sons distincts : l, qui est une consonne, et a, qui est une voyelle.

Un mot est monosijUahe quand il n'a qu'une sjdlabe, et polysi/Uabe quand il en a plusieurs.

La syllabe s'appelle initiale, médiale ou finale, selon qu'elle se trouve au commencement, au milieu ou à la fin d'un polysyllabe.

« L'articulation, a dit un proluiid linguiste, G. île HuniboUt, ne so produit qu'au moyen du passage d'un courant d'air qui résonne. Ce courant d'air donne à la fois deux sons parlaitement distincts : l'un au lieu d'où il part, l'autre à l'ouverture par laquelle il sort. C'est ce double son qui forme la syllabe. La syllabe ne se compose pas, comme nous semblons l'indiquer par notre manière d'écrire, de la réunion de plusieurs sons divers ; c'est un son unique, inst.nitané. La séparation en consonnes et voyelles est purement artilicielle. En fait, la consonne et la voyelle forment une unité inséparable pour l'oreille, unité que notre écriture brise. La voyelle ne peut pas plus être pi'ononcée seule, comme on a coutume de l'enseigner, que la consonne. Son émission est toujours nécessairement précédée, sinon d'une consonne bien déterminée, au moins d'une aspiration, quelque légère qu'elle soit, et qui n'est qu'une consonne affaiblie. Ainsi la consonne et la voyelle ne sont que des conceptions idéales qui n'ont aucune existence dans la réalité.

« La syllabe constitue une unité de son; elle devient mot en recevant un sens, vuie signification, c'est-à-dire en devenant signe d'une idée. Pour cela la réunion de plusieurs syllabes est souvent nécessaire. Par mot on entend le signe d'une action particulière. Les mots renferment ainsi une double unité, celle du son et celle de l'idée, et ainsi constitués deviennent les véritables éléments de la parole, titre qu'on ne peut donner aux sons articulés qui n'ont pas encore reçu de signitication. »

6. On distingue dans la syllabe ou dans le mot non seulement le son, qui en est comme le corps, mais encore ce qui donne à ce corps la vie et rame, Va prosodie ou la mesure de temps (quantité) et d'accent qui accompagne le son.

IJaccent consiste dans l'intensité de la voix et la quantité dans sa durée. Les voyelles se divisent, quant à leur accent, en voyelles toniques et voyelles atones, et, quant à leur quantité, en voyelles longues et voyelles brèves.

En français la quantité est subordonnée à l'accent, qui a joué le r(31e principal dans la formation des mots de notre langue.

C INTRODUCTION § 3

L'accent tonique est ce qui donne au mot de l'unité et do l'individualité, t:e qui fait d'une réunion de syllabes un ensemble parfait et distinct. C'est l'àmo du mot, anima vocis, suivant l'heureuse expression du grammairien Diomède, c'est ce qui le vivifie et le caractérise; car, sans rien ajouter aux éléments matériels dont se compose le mot, il les domine et les anime en quelque sorte : par là, il concentre en lui toute la lorce d'expression et assure l'unité des diverses parties.

Il faut se garder de confondre l'accent avec la quantité : celle-ci indique que l'émission du son est plus ou moins prolongée, tandis que l'accent marque que la voyelle est frappée d'une tonalité plus aiguë; en d'autres termes, il exprime, non la durée, mais l'acuité du son. Il y a entre ces deux modalités de la syllabe une autre différence : « c'est que la qiutntité est absolue, tandis que l'accent est purement relatif. La quantité porte sur telle ou telle syllabe prise isolément, l'accent ne qualifie les syllabes que par rappoit à celles qui se trouvent former avec elles un mot ou une phrase. Aussi l'accent est-il susceptible de c'nanger lie place suivant les modilications apportées au mot ou à la phrase, tandis que la quantité ne varie qu'avec la nature même de la syllabe qui la porte. Ces deux modalités exercent du reste l'une sur l'autre, suivant les langages, une inlluence plus ou moins grande; et on remarque généralement que dans les langues les plus anciennes c'est la quantité qui domine et détermine l'accent, tandis que plus tard l'accent l'emporte sur la quantité.

« Le mot latin accsntus, de ad et cantus, indique que l'accent est la notation de ce qu'il y a de musical dans la prononciation, de la mélopée du langage. Il distingue en effet les syllabes sur lesquelles on doit élever la voix de celles sur lesquelles on doit l'abaisser, et procure ainsi, en faisant alterner les sons aigus et les sons graves, un cliant qui lui a valu son nom. Ce chant n'est pas marqué au même degré, tant s'en faut, dans toutes les langues; il était beaucoup plus fort dans les langues anciennes qu'il ne l'est dans les langues modernes; parmi celles-ci, et même dans le cercle plus restreint des langues néolatines, nous le trouvons plus sensible chez certains peuples que chez d'autres; et jusque dans le domaine d'un de ces iiliornes, nous lemarquons quelques dialectes ou patois qui chantent beaucoup plus que les autres ('). »

Page 1