‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 194 sur 427 · DE LA CONJONCTION · texte numérisé non relu

DE LA CONJONCTION

1. La conjonction est im mot invariable qui sert à joindre deux propositions et à en marquer le rapport : Il paiera ou il ira en prison ; on est conjonction.

Conjonction vient du latin conjunctionem, proprement union.

2. D'après la forme, les conjonctions se divisent en conjonctions sinqjles, comme et, ni, car, donc, mais, que, qua}id, conmie, si, et locutions conjonctives, qui sont formées de prépositions, d'adverbes et de substantifs suivis de la conjonction que, comme lorsque, avant que, jusqu'à ce que, parce que, puisque, ainsi que, de manière que, etc.

Les conjonctions simples comprennent : 1" les anciennes conjonctions latines et (et), ni (nec), ou (aut), quand (quando), coinrne (quomodoj, si (si), que (qui vient de quid et répond au latin quod et quamj; '2" les conjonctions qui dérivent de mots latins, mais qui, en français, ont changé de signilication : mais, or, déjà expliqués (§ 132;, donc (tune), car (quare), qui en vieux français avait conservé son sens originaire de pourquoi: Je ne sais ni car ni comment; 3« certaines conjonctions aujourd'hui regardées comme simples, mais qui sont en réalité composées de mots distincts : encore, partant, aussi, ainsi, toutefois, déjà expliqués (§ 132). plutôt (plus tôt, pour poliuaj, néanmoins, pour néanttnoins, c'est-à-dii-e ne pas moins (nec ens minus, pour nihilo minus), ai cependant, littéralement pendant cela : Vous vous amusez, et cependant la nuit vient (Ac).

La forme la plus ancienne de la particule que est quid dans les Serments devant une voyelle, dans Eulalie qued devant des voyelles, que devant des consonnes. Ces formes renvoient à quid, non pas à quod, qui se serait, selon toute vrai.sernljlance, continué soi^s la forme co. Ainsi le pronom interrogatif quid, qui en iKtin déjà était en train de passer à un sens relatif abstrait ffaciendum est quid vis, loquere quid velisj, a été transformé en un pronom relatif neutre, puis en une conjonction. Que est un simple mot formel, sans signification sensible, une copule de la proposition subordonnée, Ce mot a aussi été ajouté à des adverbes afin de pouvoir, avec l'aide de la proposition qu'il introduit, exprimer des cii'constances accessoires de la principale. C'est de là que proviennent des locutions nouvelles comme avant que, aussitôt que, etc. (i).

3. D'après le sens, les conjonctions se divisent en conjonctions de coordinatiouj qui lient des propositions indépendantes les unes des autres, comme et, )nais, ou, car, et conjonctions de subordination, qui lient la pi'oposition accessoire à la pi'incipale. La principale conjonction de subordination est que, qui, se joignant à d'autres mots, forme un grand nombre de locutions conjonctives, telles que avant que, sans que, etc. (Y. le cli. XXVIj.

4. Il faut distinguer les conjonctions ou, que, quand, si, quoique,

(1) Diez, Gr. III, 205.

§ 140 nE l'interjection 1*!)9

de où, adverbe de lieu, que y prouoiii inteiToo'atif ou relatif, et qiu\ adverbe de quantité, quand, adverbe de temps, et quant à, préposition, si, adverbe de quantité, et quoi que, expression conjonctive (v. cil. XXVI) : // paiera ou // ira en prison. Où aUezvous? Voici la maison oix Je demeure. — Je doîde qu'il vienne. Que difis-cous? La rose est la fleur qVLeJeprépre. — .Tirai vous voir q\xaind Je pourrai. Quand rioulrez-cousY Quant à ï<?o/, y'e me retire. — // i^iendra, s'il peut. Je ne vous croyais pas si na'if. — Quoique peu riche, il est généreux. Venez, quoi qu'// <irrire.

Page 1