‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 198 sur 427 · I. Dérivation impropre (sans l'aide de suffixes · texte numérisé non relu

I. Dérivation impropre (sans l'aide de suffixes

1 . Les noms de cette catégorie peuvent être tirés directement du radical verbal ou de l'une des formes nominales du verbe, savoir : Vinfinitif, le participe présetit et \e paHicipe passé,

2. On appelle subsfa?itifs verbaux les noms formés du radical verbal pur ou avec l'adjonction d'un e muet servant à faire sonner la consonne finale (§ 56), comme aboi de aboyer^ offre de offrir. Le mot dérivé se règle sur les formes du singulier du présent, ainsi soutenir donne soutien. La grande majorité de ces substantifs dérive de verbes de la première conjug-aison : a) masculins, appel de appeler., blâme de blâmer, désir de désit-er, doute de douter, dégât du v. fr. dévaster, élève de élever, espoir de espérer, émoi du v. fr. émoi/er, gain de gagner, groin de grogner, pleur de j)l^urer, repaire du v. fr. repairer (se retirer), reproche de reproclier, rêve de rêver, signe de signer, songe de songer, tour de tourner, vol de voler, etc. ; b) féminins, conserve de conserver,, danse de danser, dépetise de dépenser, dispute de disputer, dernavide de demander, estime de estimer, joute de jouter, offense de offetiser, place de placer, pêche de pêcher, purge de purger, trace de tracer, tremije de tremper. Les noms tirés des autres conjugaisons comptent à peine : accueil de accueillir, départ de départir, maintien de maintenir, rêne de retenir^ combat de combattre, ébat de ébattre, rabat de rabattre, deud de douloir. Ces substantifs verbaux sont presque tous abstraits ; on peut en excepter quelques noms concrets qui désignent surtout des choses : groin, conserve, rarement des personnes : élève.

Il ne faut pas confondre ces noms tirés du verbe avec les noms qui ont servi au contraire à former des verbes, comme balai, qui a donné balayer (v. § 150).

3. La langue emploie rarement aujourd'hui Vinfinitif comme substantif, par ex. l'avenir, le boire, le repentir, etcMais un certain nombre d'infinitifs sont devenus de vrais substantifs, qui peuvent s'employer au pluriel, comme le devoir, le\léjeuner, le sourire, etc. Tous ces mots sont du genre masculin.

L'ancienne langue avait beaucoup plus de liberté que la moderne de prendre l'infinitif substantivement : Quej'aye le temps et loisir du faire et vous du lire (Froissard). Le n'avoir point de mal, red le jilus avoir de bien (pie Vhomme puisse es/x'rcr ( .\rontaigiie). Le beaucoup sçavoir apporte Voccasion de i>l((s (loubter (Id.). Le longtemps vivre et le peu de temps vivre est rendu tout un par la mort. (Id.) Il heurtait de

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