‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 201 sur 427 · DÉRIVATIOX IMPROPRE · texte numérisé non relu

DÉRIVATIOX IMPROPRE

h) Des >?o;>«s masculins désig-uaut des choses concrètes ou abstraites, comme un fait, im réduit^ le passé. Admirez le fini de ce travail.

c) Plus souvent des noms féminins, qui se distinguent par la terminaison féminine e ajoutée aux participes passés, comme Vallée, la curée, la durée, la pensée, la sortie, Vissne, la découveHe, la contrainte, etc.

f?^ Des adjectifs, comme poli, fleuri, absolu, etc.

Il est arrivé souvent que la langue a reformé à plusieurs reprises ses participes suivant les principes qui ont dirigé la refonte de sa conjugaison; et ces diverses formes ont laissé des traces de leur existence dans les substantifs qui en ont été tirés. Tendere, à l'époque classique, faisait au participe, dans le latin littéraire, tensus, dans le latin populaire teKus, d'où le substantif tesa, qui est resté dans le français toise. A l'époque romane, tesus semidait trop s'éloigner du ladical de tendere, et le participe fut refait sur le modèle de venditus, de vendere. De là tenditus, qui donna un substantif tendita, conservé dans tente, comme vendita est conservé dans vente. Plus tard, le participe tent, tente, fut encore modifié d'après l'analogie des participes en u ; il devint tendu, et sous cette forme il a donné un troisième substantif: une tendue. C'est ainsi encore que fendere donne, par (issus fissa, le féminin fesse, par fenditus fendita, le fénunin fente, pour aboutir à fendu; que ponere donne successivement posila = poste (au XI« siècle, au sens de ponte}, pont jMnte, conservé dans (' wuîi ponte d'œufs », et entin pondu, etc. Cliacun de ces mots toise, tente, tendue; fesse, fente, fendu; poste, ponte, pondu, etc., nous reportant k des âges divers de l'histoire de la langue, sont autant de monuments des foi'mations successives qui se sont superposées depuis les origines jusqu'à nos jours ('). Voici la liste des participes foi-ts hors d'usage comme participes et conservés encore comme substantifs; nous plaçons entre pai'enthèses la forme moderne ou participe faible correspondant au participe fort devenu substantif : emplette (employé), meute (mue) et son composé émeute (émue), pointe (ce mot est resté comme participe dans courte-pointe) , course (courue), entorse (tordue), source (de sors, ancien participe de sourdre) et son composé ressource, trait et traite, roule (rompue) et ses composés déroule, banqueroute = banque rompue, défense (défendue) et o(fense, etc., tente (tendue) et attente, détente, entente, etc., rente (rendue), pente (pendue) et soupente, vente (vendue), perte (perdue), quête (de quérir) et conquête, requête, enquête, recette (i-eçue), dette (due), réponse (répondue), élite (élue), clmte (de choir), faut dans défaut et faute (de faillir), secousse (de succutere, secouer),, etc.

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